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30 octobre 1910 : mort d'Henri Dunant, fondateur de la Croix-Rouge - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

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30 octobre 1910 : mort d’Henri Dunant,
fondateur de la Croix-Rouge
(D’après « Bulletin de l’Académie du Var » paru en 2009
et « Les Annales politiques et littéraires » paru en 1910)
Publié / Mis à jour le vendredi 28 octobre 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
C’est en 1862 qu’Henri Dunant publia sa brochure célèbre, Un souvenir de Solférino, laquelle eut immédiatement un retentissement énorme, quoiqu’elle n’eût été destinée primitivement qu’à un cercle restreint d’amis. On la traduisit en hollandais, en italien, en allemand, en suédois, en russe ; mais ce ne fut qu’après bien des difficultés que les principes qui y étaient posés et qui devaient servir de base à la constitution de la Société de la Croix-Rouge triomphèrent

Le 24 juin 1859, sur les deux villages de Solférino et de San Martino, l’armée franco-piémontaise de Napoléon III et Victor-Emmanuel II de Savoie avait affronté l’armée autrichienne de François-Joseph toute la journée. Cette dernière fut écrasée. Quelques jours plus tard, elle demanda un armistice qui fut signé dans la petite ville de Villafranca. Durant cette journée des milliers d’hommes étaient tombés, les blessés gisant pour la plupart avec les morts.

Des témoins racontèrent la présence d’un homme parcourant le champ de bataille de long en large, décrivant un jeune homme tout de blanc vêtu que les villageois surnommèrent « l’homme blanc » ; un homme qui tenta d’approcher, grâce aux recommandations qu’il avait, l’empereur Napoléon III, pour régler un problème relatif à ses affaires en Algérie.

Durant la bataille, les témoins ne purent que constater l’inefficacité des services de santé, le manque d’équipements, de médicaments, de pansements. Seul devant le désarroi général, notre « homme en blanc » tenta d’organiser, à sa manière, des secours sur l’arrière des combats. Afin de soigner les blessés des deux camps, évacués dans des ambulances provisoires du champ de bataille, où ils recevaient les premiers secours, il arriva à convaincre les habitants, surtout les villageoises, en employant une phrase simple : « ils sont tous des frères dans le malheur ».

Timbre émis en 1978 pour le cent-cinquantenaire de la naissance d'Henri Dunant
Timbre émis en 1978 pour le cent-cinquantenaire de la naissance d’Henri Dunant

Les blessés franco-piémontais étaient soignés en priorité, les Autrichiens devant attendre, souvent en dehors de l’hôpital. Ce dernier était installé à « Castiglione del Stierviere », dans une église. Durant plusieurs jours, tout le monde alla soigner les blessés des deux camps. Il fallait fournir des pansements, des médicaments pour suppléer au manque de matériel, mais aussi réconforter les mourants, diriger les infirmières et infirmiers improvisés. Le soir du 24 juin, notre homme rencontra Napoléon III, finalement pour lui demander de faire libérer le personnel de santé. Les médecins, les chirurgiens autrichiens étaient prisonniers et, de ce fait, ne pouvaient s’occuper des blessés autrichiens laissés sur place. Sa ferveur et sa fougue impressionnèrent l’empereur Napoléon III, qui accepta sa demande.

Les témoins de cette bataille se demandèrent quel était donc ce jeune homme plein d’audace et de charité. Il se nommait Henri Dunant, était suisse, né à Genève le 8 mai 1828 dans une famille calviniste très croyante. Très tôt le jeune Henri reçut une éducation chrétienne ; les valeurs de charité, d’aide à son prochain tinrent une grande place. Par la suite, Henri Dunant milita dans différents mouvements caritatifs. Adolescent, il fit des études au collège Calvin de Genève, mais là, il ne développa pas de talents, et sera finalement renvoyé pour ses très mauvais résultats, le directeur allant même jusqu’à lui dire que « dans la vie il ne fera rien, qu’il restera un raté ». L’avenir, pourtant, démontra le contraire.

« J’avais compris, raconta-t-il plus tard, par la vue de l’affreuse détresse bien involontairement surprise à Solférino, la nécessité d’organiser les secours d’avance avec le concours des populations, mais, surtout, avec la collaboration même des chefs militaires. L’idée d’une enseigne, d’un labarum transportable, planté devant les ambulances de tous les belligérants, me poursuivait. C’était la neutralisation du blessé. »

Son père fut obligé de le mettre en apprentissage. Comme nous sommes à Genève, en Suisse, c’est chez des banquiers que le jeune Henri travailla. Dans ce nouveau métier, il s’ennuya rapidement. Les œuvres philanthropiques l’intéressaient beaucoup plus, mais hélas, ne rapportaient pas, coûtant le plus souvent du temps mais aussi beaucoup d’argent. Pour sa formation, pour gagner sa vie, la banque l’envoya en Algérie. Là, il acheta, il vendit des terrains aux colons. Les affaires, pour lui et pour ses patrons, prospérèrent rapidement. Dans la région de Sétif au mont Djemila, Dunant fit installer des moulins pour moudre le blé. C’est du reste ce qui l’amena jusqu’à Solférino.

Le premier endroit où Henri Dunant exposa son idée fut le salon de la comtesse Justine Verri : « C’est là, dit-il lui-même, que j’ai énoncé, pour la première fois, l’idée d’une permanence des Comités de secours, dans toutes les nations, et celle d’un internationalisme de la charité, avec adoption d’un signé sacré admis et reconnu de tous, une sorte de labarum, un étendard. ou bien un écusson en bois ou en métal avec armoiries pacifiques, qu’on fixerait au sommet d’un petit mât et qu’on pourrait clouer ou attacher contre un arbre, un mur, une maison, un portail d’église ou planter en plein champ... Cet emblème serait identique chez tous les peuples.

« Telle a été la première pensée, née a Solférino et à Castiglione, de ce qui est devenu le drapeau blanc à croix rouge adopté par la première conférence de Genève, le 24 octobre 1863, à la deuxième séance du quatrième jour, raconta-t-il encore. Le soir où j’exposai mes idées dans les salons de la comtesse Verri-Borromée, en présence de plusieurs dames de son monde, il s’en trouva une qui s’intéressa tout particulièrement à mon projet : c’était la comtesse Julia Taverna, tante du général. Elle essaya de gagner la presse, qui se montra hostile. Cette idée, partout, était alors traitée d’utopie. »

En 1860, Henri Dunant publia Un souvenir de Solférino. La presse italienne ne comprit pas ; la presse anglaise resta cruellement indifférente. Seul, Paris s’émut, et sa société mondaine, qui, alors, donnait le ton à l’Europe, décida des adhésions illustres qui, par la suite, se multiplièrent. Dunant avait un zèle d’apôtre : il se prodiguait sans compter ; rien ne le rebutait ; il était le messager de l’idée humanitaire, son courtier inlassable, son avocat éloquent. Il parlait, il agissait, il groupait. Cette oeuvre était devenue toute sa vie. Après quatre ans de cette activité, l’ « utopie » apparaissait réalisable. Une première conférence se tint à Genève en octobre 1863, qui établit un cahier des charges.

L’année suivante vit la signature d’une convention que pas moins de douze Etats ratifièrent. Elle prit, lors de cette signature, le nom de « Convention de Genève ». La société reçut un drapeau, l’inverse du drapeau suisse : « une croix rouge sur fond blanc ». Les services de santé des armées des États membres servirent tous sous cette bannière. En 1865, Napoléon III remit la croix de la Légion d’honneur à Henri Dunant en remerciement de son action en faveur des blessés. En outre, pour ses services rendus, les entreprises qu’il possède en Algérie furent sous la protection française. Au niveau du comité, le président Gustave Moynier arriva à évincer Henri Dunant pour prendre sa place, les deux hommes devenant définitivement des ennemis.

Après les honneurs, les années de malheur se succédèrent. Les affaires d’Henri Dunant en Algérie périclitèrent rapidement. Il consacrait en effet tout son temps à la « Société de secours aux blessés militaires ». Pour les actionnaires, notamment ceux des moulins à blé, ce fut la grogne, Dunant ayant promis des dividendes fabuleux, plus de 10 % de rendement par an, cependant que l’argent n’était pas au rendez-vous. Aussi, pressé par ces derniers, Dunant dut, afin d’éviter la faillite, fournir des explications. La solution envisagée, celle de falsifier les comptes, fut un échec, le stratagème étant bientôt dévoilé. Ce fut la faillite totale, la honte pour Dunant, qui n’était décidément pas un financier. Les actionnaires le firent comparaître devant la Cour de justice civile de Genève, et le jugement lui fut défavorable, la cour le condamnant à payer une dette d’un million de francs suisses, somme démesurée qu’il ne put jamais rembourser.

Henri Dunant
Henri Dunant

La tension fut encore attisée par son ennemi Moynier, qui profita de la situation en faisant rayer à jamais du comité le nom d’Henri Dunant. Les siens allèrent même jusqu’à le rejeter et le firent chasser de Genève. Henri Dunant se réfugia en France, à Paris : depuis dix ans il était en effet devenu citoyen français de Culoz.

Durant de nombreuses années le sort s’acharna sur lui. Son action durant la guerre de 1870, notamment durant le siège de Paris fut complètement passée sous silence. Ce purgatoire dura quinze longues années, avant que la providence vînt à son secours sous la forme d’une femme amoureuse, mystérieuse, Léonie Kastner, qui l’aida financièrement mais surtout moralement, Dunant étant très dépressif.

L’année 1892 vit sa réhabilitation, plusieurs villes de Suisse souhaitant le faire citoyen d’honneur. Son choix se porta sur une petite ville de cure, Heiden, au bord du lac de Constance, dans le canton de l’Alpenzell. Là, il s’installa à l’hôpital du canton où, très malade, il finit ses jours. Pendant dix-huit ans, sa vie ressembla à celle d’un ermite, ces années étant pourtant, de son propre aveu, d’une grande richesse. Depuis son ermitage, il rappela au monde qu’Henri Dunant était le vrai fondateur de la Croix-Rouge. Des médecins russes l’honorèrent par une rente annuelle, selon les propositions et les recommandations du tsar.

À soixante-cinq ans, Dunant se lança une fois de plus dans une nouvelle croisade, partant en guerre contre les injustices sociales, la misère, fustigeant les effets de cette révolution industrielle qui avait broyé sur son passage les travailleurs, dénonçant violemment le travail épuisant dans les mines pour des salaires de misère, celui des enfants de douze ans, notamment en Angleterre. Le sort des juifs pourchassés, victimes des premiers « pogroms » le préoccupa. Le statut des femmes, le droit de vote pour ces dernières devint un de ses objectifs : il alla jusqu’à imaginer une nouvelle société d’entraide pour les femmes, avec pour drapeau le même que le sien « mais avec une croix verte ». Dunant prépara une convention qui, comme celle de Genève, devait agir pour les minorités, le paupérisme. Elle ne vit pas le jour, du moins pas dans le sens initié par Dunant. L’idée de Dunant fut éphémère, et la création d’une section de la « Croix Verte » à Bruxelles dura très peu de temps.

Son idée de convention pour les prisonniers de guerre refit surface quelques années plus tard, aboutissant à la signature de différentes conventions internationales. En 1901, il se vit décerner le premier prix « Nobel de la Paix ». Mais là encore, on lui vola sa victoire ; à la demande de Gustave Moynier et de divers membres du CICR, le prix fut attribué à deux récipiendaires : Henri Dunant et Frédéric Passy (l’apôtre du pacifisme). Il vécut encore neuf années, toujours à l’hôpital, dépressif, avant de mourir dans la nuit du 30 octobre 1910.




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