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« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
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Pape Pie Ier (140-155) - Histoire de France et Patrimoine


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Papes

Notices biographiques des papes. Les événements marquants de l’histoire des souverains pontifes. Portraits des occupants du saint-siège.


Pie Ier
(né en ? – mort vers 155)
Élu pape vers 140
(« Histoire des souverains pontifes romains » (Tome 1)
par A. de Montor paru en 1846,
« Résumé de l’histoire des papes » par A. Bouvet de Cressé, paru en 1826
et « Le Vatican ou Portraits historiques des papes » paru en 1825)
Publié / Mis à jour le mercredi 10 août 2016, par LA RÉDACTION



 

Saint Pie Ier naquit à Aquilée, en Italie. A l’exemple de saint Hygin, il condamna les partisans de Cerdon, soutenus par un nouvel hérétique Marcion. « Marcion, dit Fleury, suivant la doctrine de son maître Cerdon, établit deux principes, l’un bon, l’autre mauvais. Il prétendait s’appuyer sur ces paroles de l’Évangile : L’arbre qui fait de mauvais fruits n’est pas bon, et l’arbre qui fait de bons fruits n’est pas mauvais. Il se servait aussi de la parabole qui conseille de ne pas coudre de drap neuf avec le vieux, et ne pas mettre le vin nouveau dans de vieilles outres.

« (...) Il rejetait l’Ancien Testament comme ayant été donné par le mauvais principe, et il avait composé un livre nommé les Antithèses, ou contrariétés de la loi et de l’Evangile. Les sectateurs de cet insensé s’abstenaient de la chair des animaux, et n’usaient que d’eau dans le sacrifice ; et ils poussaient la haine de la chair, jusqu’à s’exposer d’eux-mêmes à la mort, sous prétexte de martyre. Cette hérésie eut un grand nombre de sectateurs : elle s’étendit loin, et dura plusieurs siècles. » La condamnation prononcée par Pie Ier vint fortifier le succès de l’excommunication lancée par saint Hygin.

Pie eut aussi à combattre l’hérésie de Valentin, dont on ne savait pas bien l’origine. Citons Fleury : « D’abord Valentin avait prêché la foi catholique en Égypte, où l’on dit qu’il était né, et ensuite à Rome même. Ce fut en l’île de Chypre qu’il se pervertit. Il avait de l’esprit et de l’éloquence ; ce qui lui avait fait espérer l’épiscopat : mais un autre lui fut préféré, et de dépit il se mit à combattre la doctrine de l’Église. Il avait étudié les livres des Grecs, et particulièrement la philosophie platonicienne. Ainsi, mêlant la doctrine des idées, et les mystères des nombres, avec la théologie d’Hésiode et l’Évangile de saint Jean, qui était le seul qu’il recevait, il bâtit un système de religion approchant de celui de Basilide et des gnostiques, dont ses disciples prenaient aussi le nom ; car c’était le titre général de tous ceux qui se prétendaient plus éclairés que le commun.

Pape Pie Ier (140-155)
Pape Pie Ier (140-155)

« La maladie de tous ces hérétiques, poursuit Fleury, était de trouver trop simple la doctrine de l’Église catholique, et de vouloir relever plus haut le Dieu qu’ils reconnaissaient pour souverain. Ils confondaient les idées corporelles avec les idées spirituelles ; prenaient en un sens réel et grossier les termes métaphoriques ; faisaient, de tous les noms, des personnes à qui ils attribuaient l’un ou l’autre sexe, et leur donnaient les corps comme humains, quoiqu’ils les supposassent plus spirituelles que les anges ; aussi, ils prétendaient prouver toutes leurs visions par des explications forcées des saintes Écritures.

« Valentin, raffinant sur ceux qui l’avaient précédé, déduisait une longue généalogie de plusieurs Eones ou Aiones, car il les nommait ainsi, abusant d’un nom qui se trouve souvent dans l’Écriture, et ne signifie que les siècles ; mais il en faisait des personnes. Le premier et le plus parfait était dans une profondeur invisible et inexplicable, et il le nommait Proon, préexistant. Il y avait encore plusieurs autres noms ; mais plus ordinairement on parlait de Bythos, c’est-à-dire profondeur. Il était demeuré plusieurs siècles inconnu, en silence et en repos, ayant avec lui seulement Ennoïa, c’est-à-dire la pensée, que Valentin nommait aussi Charis, grâce, ou Sigé, silence ».

Fleury continue de détailler les diverses absurdités d’un tel système, et il ajoute : « Telle était la fable entière de la théologie des Valentiniens ; je l’ai rapportée un peu au long, parce que plusieurs hérésies fameuses en ont, depuis, conservé et renouvelé les principales parties : et puis j’ai cru qu’il était bon de montrer une fois jusqu’où les plus beaux esprits se sont égarés, quand ils ont suivi leurs pensées dans l’explication de l’Écriture : méprisant la règle infaillible de la tradition apostolique et de l’autorité de l’Église. Au reste, il n’était pas facile de réfuter les Valentiniens, parce qu’il n’était presque pas possible de pénétrer le secret de leur doctrine. Un profond silence la couvrait aux profanes, c’est-à-dire à tous ceux qui n’étaient pas de la secte. Si quelqu’un y voulait entrer, il y avait bien des portes à passer, et bien des rideaux à tirer, avant que d’arriver à ce sanctuaire Valentin vint à Rome du temps du pape Hygin, et y demeura sous Pie et sous Anicet, et jusqu’au temps d’Éleuthère, son successeur. »

C’est à propos du règne de saint Pie Ier qu’il convient de parler de saint Justin, qui rendit tant de services à l’Église en défendant les chrétiens persécutés. Nous laissons parler Fleury : « Saint Justin composa une apologie pour les chrétiens l’an de Jésus-Christ 150, et y mit hardiment ce titre : A l’empereur Titus Élien Adrien Antonin, pieux, auguste, César, et à son fils Vérissime, philosophe, et à Lucius, philosophe, fils de César selon la nature, et de l’empereur par adoption, amateurs de la science, et au sénat sacré, et à tout le peuple romain, Justin, fils de Priscus Bacchius, natif de Flavia ou Naples de Palestine, l’un de ces persécutés, présente cette requête.

« La raison nous enseigne que ceux qui sont véritablement pieux et philosophes n’estiment et n’aiment que la vérité, sans s’arrêter aux. opinions des anciens, si elles sont mauvaises. On vous nomme partout pieux et philosophes ; on dit que vous gardez la justice et que vous aimez la doctrine. L’effet montre ce qui en est. Car nous ne prétendons pas vous flatter par cet écrit, mais vous demander justice suivant la plus exacte raison, et vous prier de n’écouter ni les préjugés, ni la complaisance pour les superstitions, ni la passion, ni les faux bruits semés depuis longtemps, pour rendre des jugements qui vous nuiraient à vous-mêmes. Pour nous, nous sommes persuadés que personne ne peut nous faire de mal tant que l’on ne pourra nous convaincre d’être des malfaiteurs ; vous pouvez nous faire mourir, mais vous ne pouvez nous nuire ; et, afin que l’on ne croie pas que ce discours est téméraire, nous prions que l’on informe exactement des crimes que l’on nous objecte. S’ils sont prouvés, qu’on nous punisse comme ils méritent et même plus rigoureusement !

« Si on ne trouve en nous rien à reprendre, la droite raison ne veut pas que vous maltraitiez des innocents, à cause d’un faux bruit ; ou plutôt que vous vous fassiez tort à vous-même, en punissant par passion et non par justice. La forme légitime des jugements est que les sujets rendent un compte fidèle de leur vie et de leurs discours, et que les princes jugent, non par violence et par tyrannie, mais suivant la piété et la sagesse. C’est donc à nous à exposer, à la vue de tout le monde, notre vie et notre doctrine, de peur que nous n’ayons sujet de nous imputer les crimes que l’on commet contre nous par ignorance ; c’est à vous à nous montrer que vous êtes de bons juges : car, si, après cette instruction, vous n’agissez pas justement, vous n’aurez pas d’excuse devant Dieu. »

Selon Fleury, saint Justin, dans cette première apologie, explique la doctrine des chrétiens, disant qu’ils adorent, premièrement le Dieu éternel, auteur de tout, puis en second lieu son fils Jésus-Christ, qui a été crucifié sous Ponce-Pilate ; et au troisième rang, ils honorent l’Esprit prophétique. Saint Justin continue. Jésus-Christ est la souveraine raison qui change entièrement ses sectateurs. Les discours de Jésus-Christ étaient la parole de Dieu, courts et précis. Ils nous ont persuadés. Les chrétiens sont les seuls que l’on persécute, tandis que l’on souffre toutes les autres religions. Quelques-uns adorent des arbres et des fleurs, des rats, des chats, des crocodiles, et la plupart des bêtes encore tous n’adorent pas les mêmes choses ; le culte est différent suivant les dieux, en sorte qu’ils sont tous impies, les uns à l’égard des autres. « Cependant le seul reproche que vous nous faites, c’est que nous n’adorons pas les mêmes dieux que vous, et que nous n’offrons aux morts ni libations, ni couronnes, ni sacrifices. Cependant, vous savez bien que les autres ne conviennent pas de ce qu’ils doivent tenir pour dieux, ou pour bêtes, ou pour victimes », écrit Fleury.

Toujours selon Fleury, il se plaint de ce que l’on n’a pas attaqué les imposteurs qui, depuis l’ Ascension de Jésus-Christ, ont voulu passer pour dieux, comme Simon le Samaritain, du bourg de Gitton, qui, du temps de l’empereur Claude, ayant fait plusieurs opérations magiques, a été reconnu pour dieu à Rome. Ménandre, disciple de Simon, a séduit beaucoup de monde à Antioche. Marcion enseigne encore à présent qu’il faut reconnaître un autre dieu plus grand que le Créateur. Saint Justin explique ensuite tout ce qui se passe dans les assemblées des chrétiens, et finit par mettre sous les yeux des princes la copie de la lettre d’Adrien à Minutius Fundanus.

On attribue à saint Pie un décret qui aurait ordonné de célébrer, le dimanche, après le 14 de la lune de mars, la fête de Pâques ; mais cette célébration avait déjà été ordonnée par les apôtres. Le même pontife voulut que les hérétiques qui, de l’hérésie des Juifs, se convertiraient à la foi catholique, fussent reçus et baptisés.

Sur les instances de sainte Praxède, fille du sénateur saint Pudens, il érigea dans le palais de cette chrétienne, dans le même palais où avait logé saint Pierre, le titre de pasteur, et il y fonda une église connue encore aujourd’hui sous le nom de Sainte Vierge Pudentiane, sœur de sainte Praxède.

En cinq ordinations, saint Pie créa douze évêques, dix-huit prêtres, onze, et, suivant d’autres, vingt et un diacres. Jamais Pie Ier ne donna à l’Église des lois de discipline générale et, si on attribue quatre lettres à ce pape, toutes quatre sont regardées aujourd’hui comme apocryphes. La véritable histoire ecclésiastique, d’ailleurs, nous enseigne que non seulement Pie Ier, le seul saint de son nom, n’exerçait aucune autorité sur la discipline particulière des autres églises, mais encore, qu’il se regardait comme sans pouvoir pour lever les censures imposées aux sujets d’un autre évêque, et, quoiqu’ils ne pussent pas s’accorder, la charité n’en fut point altérée.




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