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Police en sous-effectif : fléau dénoncé voici un siècle - Histoire de France et Patrimoine


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L’Histoire éclaire l’Actu

L’actualité au prisme de l’Histoire, ou quand l’Histoire éclaire l’actualité. Regard historique sur les événements faisant l’actu


Police en sous-effectif :
fléau dénoncé voici un siècle
(D’après « Recueil de la vraie police », paru en 1898)
Publié / Mis à jour le mardi 28 juin 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
À la toute fin du XIXe siècle, le Recueil de la vraie police s’intéresse à la question de l’insuffisance numérique du personnel en la matière, et livre à ses lecteurs le fruit d’une enquête sur la police de Versailles, affirmant qu’il en est ainsi dans la plupart des villes de France

Selon le journal, l’insuffisance numérique du personnel chargé de la police est manifeste, et la réalité, après enquête sur le terrain, dépasse ses prévisions les plus pessimistes. Le rédacteur nous explique que Versailles est alors une ville de 55 000 habitants — la ville compte de nos jours environ 85 000 habitants — ; l’effectif de sa garnison peut être évalué à 10 000 hommes.

Elle reçoit, en outre, le dimanche, environ 20 000 visiteurs ; et ce chiffre est bien supérieur les jours de Grandes Eaux — événement se déroulant encore de nos jours dans le parc du château de Versailles : en journée, les jardins musicaux égayent les fontaines, et en soirée les Grandes Eaux offrent un spectacle mêlant feux d’artifice et effets aquatiques.

Coupée par de très larges, de royales avenues, elle a une étendue réellement considérable par rapport à sa population, explique le chroniqueur. Ville riche, calme, presque déserte sur certains points, elle offre un champ d’action très commode particulièrement aux voleurs.

Enfin, par sa proximité de Paris, elle attire, dans ses murs, une foule de malfaiteurs et de filles publiques qui cherchent à se soustraire, un instant, à la surveillance des agents de la préfecture de police. Pour la même raison, l’arrestation des auteurs de crimes et de délits doit y être difficile, car ceux-ci trouvent, presque aussitôt, dans la grande foule anonyme de la capitale, un rapide et excellent refuge.

Il faudrait donc, à Versailles, un personnel très nombreux et très bien organisé, ayant les moyens d’exercer une très active surveillance, de faire une sérieuse police préventive, de façon à obvier ainsi aux graves inconvénients engendrés par le voisinage de Paris, écrit le journaliste du Recueil de la Vraie police.

Et de poursuivre : en général, on peut admettre que la proportion d’un agent par 1 000 habitants suffît pour obtenir un personnel capable d’assurer un bon service. Mais, étant données les conditions particulières dans lesquelles se trouve Versailles, on pensera certainement que, pour elle, celte proportion est trop faible. Néanmoins admettons ceci comme un minimum.

Versailles devrait donc avoir au moins 55 agents — et l’on remarquera que, dans ce chiffre, nous ne tenons pas compte de la garnison, importante cependant, et qui, dans toutes les villes, donne un sensible surcroît de travail à la police.

Nous arrivions, rapporte le chroniqueur, avec la conviction d’en trouver environ 60, sans que, d’ailleurs, la justification de l’insuffisance que nous avions affirmée nous parût difficile. Ah ! nous aurions eu bien tort de nous mettre martel en tête ! Soixante ! Quel chiffre invraisemblable ! Ce n’est même pas 50, même pas 40, qu’il fallait penser, s’indigne notre journaliste.

Et de nous livrer le décompte : en dehors des 5 secrétaires, qu’on ne peut raisonnablement compter comme faisant un service actif, le personnel se compose en effet de :

— 1 inspecteur principal
— 2 inspecteurs
— 4 brigadiers
— 24 agents en tenue
— 4 agents de la sûreté
— 1 agent des moeurs

Soit 36 agents de tous grades. De 8 heures du matin à 10 heures du soir, quatre agents en tenue, par arrondissement, — et les arrondissements ont jusqu’à 2 kilomètres d’étendue — font seuls le service de la voie publique. De 10 heures du soir à 4 heures du matin, il n’en reste que deux par arrondissement. Enfin de 5 heures du matin à 8 heures on n’en trouve plus qu’un.

Eh bien ! s’exclame le chroniqueur, nous le demandons à tout homme de bonne foi, n’est-ce pas dérisoire ? Le conseil municipal de Versailles ne peut cependant pas invoquer la maigreur des ressources budgétaires, lui, qui dépense à l’heure présente un million à la construction d’une royale mairie. N’aurait-il pu trouver quelques mille francs pour augmenter d’une vingtaine d’unités le personnel de la police.

L’agent débute à Versailles à 1 200 francs, 20 agents déplus auraient imposé au budget une charge nouvelle de 24 000 francs. Qu’est cela pour une ville riche ? s’interroge le journaliste. M. le maire de Versailles vient, cependant, de faire personnellement une expérience assez désagréable de l’insuffisance de la police. Faudra-t-il donc que d’autres voleurs s’introduisent chez lui, pour le décider à prendre l’initiative de l’augmentation du nombre des agents ?

En tous les cas, conclut notre chroniqueur, il appartient à l’administration supérieure de porter remède à un pareil état de choses, si la municipalité de Versailles ne s’y décide pas. Elle a des armes pour cela ; l’article 103 de la loi du 5 avril 1884 lui en fournit de suffisantes. Qu’elle en use donc.

Pour information, l’article 103 de la loi du 5 avril 1884 était ainsi libellé :

« Dans les villes ayant plus de 40 000 habitants, l’organisation du personnel chargé du service de la police est réglée, sur l’avis du conseil municipal, par décret du Président de la République.

« Si un conseil n’allouait pas les fonds exigés pour la dépense, ou n’allouait qu’une somme insuffisante, l’allocation nécessaire serait inscrite au budget par décret du Président de la République, le Conseil d’État entendu.

« Dans toutes les communes, les inspecteurs de police, les brigadiers et sous-brigadiers et les agents de police nommés par le maire doivent être agréés par le sous-préfet ou par le préfet. Ils peuvent être suspendus par le maire, mais le préfet seul peut les révoquer. »




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