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17 juin 1795 : mort du chevalier Boishardy, chef chouan - Histoire de France et Patrimoine


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Éphéméride, Calendrier

Les événements du 17 juin. Pour un jour donné, découvrez un événement ayant marqué notre Histoire. Calendrier historique


17 juin 1795 : mort du chevalier
Boishardy, chef chouan
(D’après « Biographie bretonne. Recueil de notices sur tous
les Bretons qui se sont fait un nom » (Tome 1), paru en 1852)
Publié / Mis à jour le jeudi 16 juin 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
La bravoure et le panache de cette figure emblématique de la chouannerie dans les Côtes du Nord (aujourd’hui Côtes d’Armor), lui acquirent une incontestable notoriété

Né le 13 octobre 1762 au château du Boishardy, dans la commune de Bréhand (Côtes-du-Nord aujourd’hui Côtes-d’Armor), Jérôme-Sylvestre-Amateur (et non Charles, comme indiqué par erreur dans nombre de biographies) Le Bras de Forges du Boishardy, dit Boishardy, servit d’abord comme officier dans le régiment de Royal-Marine. Ayant quitté le service au commencement sous la Révolution, en 1792, il entra dans la conspiration d’Armand-Charles Tuffin, marquis de La Rouërie (1751-1793), qui le nomma commandant des forces militaires de la coalition bretonne dans le département des Côtes-du-Nord.

Parvenu à se soustraire par la fuite à la condamnation à mort dont il fut frappé pour sa participation à cette entreprise, il se tint caché pendant un mois dans la commune de Bréhand et dans les environs, sous divers déguisements, dans le but de décider les paysans à l’insurrection. Lorsqu’il les trouva résolus à le suivre, il se rendit, le 23 mars 1793, à sept heures du matin, dans le cimetière de Bréhand, habillé en paysan et armé d’un fusil à deux coups. La Révolution, ayant besoin de soldats, avait ordonné qu’un tirage au sort de combattants fût organisé par commune. Des murs du cimetière, Boishardy harangua les paysans, mit en pièces le rôle des jeunes gens qui devaient tirer au sort, et leur fit prendre l’engagement de le suivre et de délivrer les prisonniers, s’il en était fait.

Manoir de Boishardy, où naquit le chevalier Boishardy
Manoir de Boishardy, où naquit le chevalier Boishardy

Se mettant à leur tête, il les conduisit de suite à la lande du Gras, dans la commune et à une demi-lieue du bourg de Meslin, où il ne tarda pas à être rejoint par les habitants de quatorze ou quinze communes coalisées, notamment par ceux de Saint-Aaron, Quessoy, Plaintel, Andel, Coëtmieux, Meslin, Maroué, ayant leurs maires en tête. Des cocardes de papier blanc ayant été substituées aux cocardes tricolores, les insurgés marchèrent sur Pommeret — à 8 km de Bréhand —, au nombre de quatre mille hommes armés de fusils, de faux, de fourches, de massues ou de marottes.

Après s’être portée à des actes de vengeance contre ceux des habitants de Pommeret qu’elle soupçonnait d’avoir secondé le détachement envoyé pour arrêter la municipalité de cette commune, soupçonnée elle-même d’avoir fomenté la résistance des réfractaires, la troupe de Boishardy se rendit sur la grand’route de Saint-Brieuc, où son chef et l’ex-capucin Morin arrêtèrent et pillèrent la malle-poste. Un détachement de la garde nationale de Lamballe, envoyé contre Boishardy, fut obligé, à Saint-René et à Sainte-Anne-des-Ponts-Garnier, de battre en retraite et de se replier sur Lamballe, les munitions lui ayant manqué après une heure de combat.

Ces succès exaltèrent les insurgés. Fort du prestige qu’il exerçait sur les paysans, prestige tel qu’ils l’appelaient le Sorcier, Boishardy en profita pour les tenir presque constamment sous les armes. Quoiqu’il fit des excursions jusque dans le Morbihan, les Côtes-du-Nord étaient pourtant le but principal de ses attaques. Entouré d’un grand nombre de réfractaires, qu’il exerçait lui-même au maniement des armes, et de boisseliers de la forêt de la Hunaudaye, dont il avait fait des tirailleurs insaisissables, il interceptait les routes, rançonnait les campagnes, enlevait les convois, pillait les courriers, harcelait les détachements, etc.

Cet état de choses se prolongeant, le Comité de surveillance de Saint-Brieuc, ému des dangers d’une insurrection que l’influence bien connue de Boishardy ne pouvait que propager, chargea, le 27 octobre 1793, l’administrateur du département de se rendre à Moncontour — à 7 km de Bréhand — avec une pièce de canon, vingt-cinq canonniers de Guingamp et des volontaires de Lamballe, Hénon, Plestan et Quintin, pour s’emparer de Boishardy. Le lendemain, l’audacieux partisan, accompagné de quatre hommes seulement, désarma un des postes qui le cernaient, et se sauva pendant que l’on procédait à l’interrogatoire du maire et des officiers municipaux, soupçonnés d’entretenir avec lui des intelligences. Il se remit à parcourir les campagnes, tombant à l’improviste sur les détachements républicains ou sur les localités hostiles aux bandes dont il était le chef, et dont les attaques étaient le plus souvent fatales à ceux qui en étaient l’objet.

L’amnistie proclamée, le 17 octobre 1794, par le représentant du peuple Boursault, fit naître un moment l’espoir que les affrontements allaient cesser. Mais la trêve convenue entre les deux partis fut bientôt rompue. Soit que, de part et d’autre, on doutât de la sincérité de cette convention, soit que le système des faux chouans, introduit par les républicains, fût considéré par lui comme une violation de la trêve, Boishardy, excité d’ailleurs par Chantereau, Solilhac et Cormatin — alors retirés à Bréhand, d’où ils répandaient de tous côtés de faux assignats —, reprit les armes au commencement du mois suivant.

Sa rentrée en campagne fut marquée par quelques engagements qui se succédèrent rapidement. Les pertes qu’il fit essuyer aux républicains furent telles que le général Charlery crut devoir écrire, le 30 novembre 1794, la lettre suivante au Comité de salut public : « Il (Boishardy) a pris une singulière tactique : il fait parcourir les campagnes par des détachements de 33 à 50 hommes, qui harcèlent nos postes et attaquent nos convois de la manière la plus fatale. Il est devenu impossible de tenir coutre un ennemi qui tombe sur nous comme la grêle, disparaît avec la rapidité de la foudre, et se range en bataille où et quand il lui plaît. »

Jérôme-Sylvestre-Amateur Le Bras de Forges du Boishardy. D'après une gravure de Jean-Édouard Dargent dit Yan' Dargent
Jérôme-Sylvestre-Amateur Le Bras de Forges du Boishardy
D’après une gravure de Jean-Édouard Dargent dit Yan’ Dargent

La Convention et Hoche jugèrent qu’il fallait en finir avec un si redoutable adversaire. On voulut d’abord tenter la voie des négociations. Le représentant Bollet se mit directement en rapport avec lui, et le général Humbert, qui commandait à Moncontour, fut chargé de lui porter des paroles de paix. Humbert, brave et adroit, avait conservé quelques-unes des habitudes de finesse de son ancien état de maquignon. Il entra en pourparlers avec Boishardy, lui fit part des dispositions conciliantes de la République, lui communiqua le décret d’amnistie, ainsi que les proclamations qui le confirmaient, et lui demanda une entrevue officielle. Elle eut lieu, le 12 décembre 1794, dans la lande de Gaussons. Boishardy s’y rendit avec 50 hommes. En apercevant Humbert, qui arrive seul et sans escorte, le chouan s’élance vers lui, et, lui prenant les mains avec effusion : « Ce témoignage de confiance, lui dit il, me touche vivement ; je vous en remercie. Je renvoie ma troupe et suis prêt à vous suivre pour traiter de la paix. »

Malgré cet élan chevaleresque, l’intrigant Cormatin étant venu se jeter à la traverse des négociations, les propositions d’Humbert ne furent accueillies que le 3 janvier 1795, jour où une suspension d’armes fut conclue entre les deux chefs, et ratifiée par Cormatin. Aussitôt Boishardy s’empressa d’envoyer trois de ses officiers dans les communes insurgées, pour les engager à déposer les armes ; mais, comme ses émissaires exécutaient mal ses ordres, ils furent arrêtés et transférés à Saint-Brieuc. Cette arrestation causa dans leur parti une fermentation que Boishardy ne put maîtriser.

La sincérité de ses dispositions nous est attestée par une lettre confidentielle du chef de bataillon Le Paige, commandant la force armée à Moncontour, lettre adressée, le 24 nivôse an III (13 janvier 1795), au représentant Boursault. On y lit les passages suivants :

« Sentant l’importance d’assurer le repos des campagnes par tous les moyens possibles, j’ai été chercher un citoyen qui avait procuré aux généraux des entrevues avec Boishardy. Chargé de mon billet à une heure après midi, il est venu chez moi à six heures et demie, avec un officier de Boishardy, qui m’a conduit à une ferme à un quart de lieue de cette ville. J’y ai trouvé Boishardy, qui a fait retirer son monde (il y avait huit personnes), pour rester avec moi, mon adjudant et un de ses officiers. Il m’a paru fort affecté, et même tristement, de la détention de trois de ses officiers, qui sont en prison à Port-Brieuc, ainsi que des événements qui en ont été la suite. Il m’a assuré que ses officiers allaient, par ses ordres, annoncer la trêve. Je lui ai parlé de l’affaire de Ploeuc [dans la nuit du 10 au 11 janvier] ; il m’a protesté qu’il n’en avait pas eu connaissance ; qu’il avait employé tous les moyens qui étaient en son pouvoir pour faire connaître qu’on était en accommodement ; que je ne devais pas douter des obstacles qu’il devait trouver parmi plusieurs de son parti, comme parmi les malveillants du nôtre. Il m’a prié de lui donner connaissance des désordres, pour les faire punir sur-le-champ. Il m’a dit, en outre, que l’arrestation de ses officiers causait une grande fermentation ; que plusieurs chefs s’étaient plaints de sa manière de traiter, et que, notamment hier, plusieurs lui avaient dit qu’ils demanderaient un autre chef de division, s’il continuait de marquer tant de désir d’accommodement. Il résulte de tout ceci que Boishardy m’a paru, ainsi que plusieurs de ses chefs, désirer un accommodement ; mais qu’il est contrarié par plusieurs, etc. »

Boishardy disait vrai ; malgré son désir personnel de faire respecter la trêve, il fut débordé, et lorsque, deux jours après, quatre ou cinq cents des siens se portèrent sur Jugon — à une vingtaine de kilomètres de Bréhand —, impuissant à les contenir, il se crut obligé à ne se point séparer d’eux. Jugon fut surpris à l’improviste à neuf heures du matin, l’arbre de la liberté coupé, les archives enlevées et tous les habitants désarmés. Le but probable de cette attaque était le pillage d’une voiture venant de Paris et chargée de 400 000 francs destinés au port de Lorient. Un retard occasionné par la difficulté de se procurer des chevaux de réquisition avait empêché le détachement qui l’escortait d’arriver à Jugon avant neuf heures.

Le chef de l’escorte, informé, à deux lieues en avant de Jugon, que les chouans étaient dans cette ville, fit rétrograder la voiture et parvint à la conduire intacte à Dinan. Il n’en fut pas de même de quatre tonneaux d’effets militaires expédiés de Saint-Malo à la 17e demi-brigade, cantonnée à Saint-Brieuc. Deux voitures de transports militaires, qui s’en retournaient à Lamballe, étaient arrivées la veille à Jugon, et n’en étaient pas encore parties lors de l’arrivée des chouans, qui s’en emparèrent, coupèrent les habits et se revêtirent des vestes, culottes, chapeaux, guêtres, souliers, etc. C’est cette affaire que Crétineau-Joly, dans son Histoire de la Vendée militaire (tome 3), indique comme s’étant passée dans le courant du mois de décembre 1794. Or Raffrai, commissaire des guerres, écrivant à Dinan son rapport le 15 janvier 1795, porte que cette affaire a eu lieu le matin du même jour. Quant aux attaques de Guémené et du Faouët, dont parle ensuite Crétineau-Joly, et qui eurent lieu, non en décembre, mais aussi dans le courant de janvier, rien, dans les rapports, ne donne la certitude qu’elles furent dirigées par Boishardy.

Ce qui est plus positif, c’est que, s’étant porté, vers la fin de janvier, sur la lisière du district de Loudéac, il attaqua, avec environ 4200 hommes, dans la nuit du 31 de ce mois, les forges des Salles, y détruisit un atelier de fabrication de salpêtre, fit raser tous les patriotes qui lui tombèrent sous la main, surtout les ouvriers des forges, pilla la maison du maire, qui trouva heureusement son salut dans la fuite, et s’empara de toutes les armes qu’il put trouver, dont quarante fusils aux forges, deux pièces de canon d’une livre et un baril de poudre.

Vint un mois plus tard (4 mars 1795), l’affaire de la Ville-Mario, où les républicains firent avorter un débarquement de munitions et de renforts expédiés d’Angleterre. Boishardy fut soupçonné d’y avoir pris part, soit en commandant lui-même les insurgés, soit seulement en fomentant l’insurrection et en prenant les mesures propres à faciliter le débarquement des émigrés. Malgré ces infractions nombreuses à la trêve du 3 janvier, Hoche, résolu à faire réussir à tout prix son projet de pacification, se rendit, le 20 mars, avec le général Danycan, à Moncontour, où il eut une entrevue avec Boishardy, Chantereau et Cormatin, entrevue où fut ratifié le traité de la Jaunais. Le 31 du même mois, Boishardy assista aux conférences de la Mabilais et adhéra au traité qui en fut la suite.

Ce traité s’observant mal de part et d’autre, les hostilités recommencèrent promptement. Hoche, convaincu que l’heure de la pacification n’avait pas encore sonné, résolut de poursuivre à outrance ceux des chefs de chouans qui y mettaient le plus d’obstacles. On recommença donc des deux côtés une guerre d’extermination. Le général Lemoine, qui commandait le camp formé par Hoche sur la lande de Meslin, eut ordre de cerner Boishardy et de lui courir sus. Quoique obligé de fuir devant des forces supérieures, il est à croire que l’intrépide partisan eût réussi à déjouer les efforts du général Lemoine, si la trahison n’était venue en aide à ce dernier.

Un de ces personnages dont les partis acceptent les services dans les temps de révolution, mais que l’histoire marque du sceau de l’infamie, offrit de livrer Boishardy. Ce misérable, nommé Charles, était un faux-chouan ou espion que le chef royaliste avait recueilli et attaché à sa personne. Exploitant la trahison sous toutes ses formes, il eut plus tard des relations avec le cuisinier qui fut soupçonné d’avoir empoisonné Hoche, au moyen de poison introduit dans des carottes.

Ce n’était pas chose facile que de s’emparer de Boishardy, qui, chaque nuit, changeait de retraite. Il couchait, tantôt dans une grotte que l’on montre encore près du château de Boishardy, tantôt dans les champs, où il attachait un hamac aux arbres. Dans la nuit du 16 au 17 juin 1795, ce hamac était suspendu aux genets en fleurs d’un courtil ou jardin situé près de la Villegourio, où Boishardy, avant de partir pour Quiberon, avait donné rendez-vous à une demoiselle aussi spirituelle que jolie, sa fiancée suivant les uns, sa maîtresse suivant d’autres. Elle était au rendez-vous. Dans le courtil couchaient en outre l’aide de camp de Boishardy, Richard, son secrétaire, Le Borgne, son valet de chambre, et deux de ses soldats.

Vers trois heures du matin, Le Borgne, qui faisait sentinelle, vint avertir Boishardy qu’il apercevait de la troupe sur la route qui mène de Lamballe à Moncontour. Boishardy lui-même voit la troupe, mais ne soupçonnant pas qu’il est trahi, il la prend pour un détachement qui se rend de l’une à l’autre de ces villes. Les mouvements des soldats ne lui laissant plus de doute qu’il va être cerné, il conseille à sa compagne de ne pas s’éloigner, dans l’espoir qu’elle ne sera pas découverte, ou qu’il ne lui sera pas fait de mal, puis il s’élance hors du courtil avec ses cinq hommes.

Mort de Boishardy. Gravure de Jean-Édouard Dargent dit Yan' Dargent
Mort de Boishardy. Gravure de Jean-Édouard Dargent dit Yan’ Dargent

Bientôt ils sont hors de tout danger ; mais Boishardy, inquiet du sort de son amie, se glisse de fossé en fossé jusqu’auprès du courtil. Un soldat qui l’aperçoit lui tire un coup de fusil qui l’atteint dans les reins. Boishardy tombe, se relève, court encore quelque temps, et au moment où il veut franchir un fossé, il est frappé mortellement de trois nouveaux coups de fusil.

On lui coupa la tête qui, le même jour, fut portée au bout d’une pique dans tout Moncontour, et exposée à la porte d’un membre du comité de surveillance qui, ce jour-là, avait du monde. On la promena ensuite dans les rues de Lamballe, où les soldats firent des stations sous les fenêtres d’une sœur de Boishardy et d’une trentaine de citoyens qu’ils voulaient effrayer. En s’en retournant de Lamballe à Saint-Brieuc, les soldats, craignant que la vue de cette tête sanglante ne les fît attaquer par les chouans, la jetèrent dans l’étang de Launay, près de Lamballe. Elle en fut retirée plus tard quand on écoula l’étang, et Lemintier, propriétaire de la terre de Launay, la fit inhumer dans la chapelle de son château.

Le corps de Boishardy avait été jeté dans une douve marécageuse, d’où il fut retiré peu de jours après et porté au cimetière de Bréhand par les soins d’un médecin, son intime ami, auquel, dans la prévision qu’il trouverait la mort à Quiberon, ou à la suite de cette expédition, il avait remis quelques jours auparavant sa flûte et une bague en le priant de les conserver comme un souvenir. Son cœur fut longtemps conservé par son ami qui, plus tard, le remit à sa famille.

« Telle fut dit Émile Souvestre dans la Revue des deux mondes en 1840, la fin de cet homme, qui aurait dû naître au temps du Cid et succomber dans quelque noble guerre contre l’étranger. Hoche, quelque satisfait qu’il fût d’être délivré d’un si redoutable adversaire, fut tellement indigné au récit des actes de stupide férocité qui suivirent la mort de Boishardy, qu’il écrivit à l’adjudant-général Crublier de faire arrêter et punir tous ceux qui avaient pris part à ce crime contre l’honneur. Langage étrange et nouveau sans doute, après les massacres de la Vendée, ajoute Souvestre, mais qui annonçait que le règne des folies sanglantes était passé, et que si la Révolution était une tempête, ce n’était plus du moins une tempête dans un égout. » Cette réflexion, vraie en ce qui concerne Hoche, ne saurait néanmoins être généralisée, quand on songe à la longue tuerie à froid qui, six semaines plus tard, succéda au désastre de Quiberon du 21 juillet 1795 — l’expédition de Quiberon consistait en un débarquement des émigrés à Quiberon visant à prêter main-forte à la Chouannerie et à l’armée catholique et royale en Vendée, en vue de soulever tout l’Ouest de la France et de mettre fin à la Révolution.

D’une taille moyenne, mais svelte et bien prise, d’une figure régulière à laquelle ses cheveux blonds donnaient un aspect de douceur que ne démentait pas son caractère, Boishardy joignait à ces avantages une franchise et une simplicité de manières qui lui avaient gagné le cœur de ses partisans. Naturellement humain, il tempéra bien souvent les excès malheureusement inséparables de la guerre qu’il faisait.

Parmi les traits de générosité et de courtoisie qu’on cite de lui, nous nous bornerons aux suivants. L’acquéreur de ses biens étant un jour tombé en son pouvoir, il le renvoya sans lui faire aucun mal. Une autre fois lors de la prise de Jugon, le 15 janvier 1795, sa bande ayant arrêté un convoi de bœufs destiné au port de Brest, il remit un sauf-conduit aux soldats qui l’escortaient, en leur disant : « Passez, messieurs, passez sans crainte ; la République est pauvre, elle a plus besoin de ces bœufs que les chouans. »




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