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Croyances et superstitions des écrivains et artistes relatives au vendredi 13 - Histoire de France et Patrimoine


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Légendes, Superstitions

Légendes, superstitions, croyances populaires, rites singuliers, faits insolites et mystérieux, récits légendaires émaillant l’Histoire de France


Vendredi 13 : croyances et superstitions
des écrivains et artistes à son sujet
(D’après « Le Figaro. Supplément littaire », paru en 1925)
Publié / Mis à jour le jeudi 12 mai 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Plusieurs démonstrations mathématiques ont établi que toute année comporte, au minimum, un vendredi 13 et, au maximum, trois. La superstition du vendredi et du treize, dans ses rapports avec les lettres et les arts, n’est pas inintéressante : nombreux sont les écrivains, les auteurs dramatiques, les musiciens dont la vie a été, en bien ou en mal, influencée par le vendredi et le 13.

L’écrivain italien Gabriele d’Annunzio (1863-1938) en sait quelque chose. Le vendredi 13 décembre 1907, il fut victime d’un accident qui faillit lui coûter un œil. En sortant de chez lui, il prend une voiture : le chiffre 13 s’y détachait en blanc sur fond noir. Après diverses courses, le cocher lui réclame 13 lires. A son retour, il trouve 13 lettres dans son courrier. Le soir, il s’assoit à une table de 13 convives. Et lorsque, en se rendant au théâtre Argentina pour y faire répéter son œuvre nouvelle, la Nave, il se heurte douloureusement l’arcade sourcilière, il ne peut que balbutier : « C’était fatal ! »

En 1913, envoyant un de ses ouvrages à un professeur de l’Université de Bologne, il datait ainsi la dédicace : « Arcachon, le 2 janvier 1912 + 1 ». C’est le 13 août 1922 qu’il fit cette chute où il pensa mourir. Il avait chez lui, pour combattre le mauvais sort, deux hiboux. Un seul porte malheur. Avec deux, d’Annunzio pensa que les maléfices se neutraliseraient. C’est devant la cage des oiseaux que la chute eut lieu. Un sorcier de Francavilla, ville natale du poète, lui ordonna de tuer les hiboux le 26 août, à l’heure où l’accident était arrivé. Le 26 août 26, 2 fois 13.

Jules Massenet
Jules Massenet
Le compositeur Jules Massenet (1842-1912), qui avait horreur du chiffre 13, ne l’écrivait jamais. Allez feuilleter ses manuscrits à la bibliothèque de l’Opéra : vous ne trouverez pas la page 13, remplacée par la page 12 bis. Et il est mort le 13 août 1912. Additionnez ces quatre chiffres 1+9+1+2 = 13.

Le poète Jean Moréas (1856-1912) évitait soigneusement le nombre 13, et jusqu’à ses multiples. C’est ainsi qu’il refusa de laisser imprimer un de ses ouvrages dans un atelier qui portait le n° 52. Il ne montait jamais dans un fiacre dont le numéro était divisible par le « nombre de l’amour et de la mort ». Il eût aimé ce grand théâtre de New York où aucun fauteuil ne porte le numéro treize. Il eût donné raison à cet Anglais qui refusa de placer le chiffre 13 sur la porte de sa maison et à qui le conseil municipal de Barnet-Est intenta une action en 1925.

L’hôtel de la chanteuse marseillaise et artiste de music-hall Gaby Deslys (1881-1920), à Londres, portait non pas le numéro 13, mais le numéro 12-A.

Alfred de Musset, qui redoutait le vendredi autant que le treize, s’inquiète de voir son voyage avec George Sand commencer sous la menace d’un treize.

L’admirable poème en prose de l’écrivain et homme politique Maurice Barrès (1863-1923), Du Sang, de la Volupté et de la Mort, est dédié à la mémoire de l’écrivain Jules Tellier (1863-1889), « qui eut la tradition de la langue française », et qui n’avait que deux fois treize années quand il mourut. Tellier était né le 13 février 1863 au Havre, où il eut Jules Lemaître pour professeur de rhétorique. Et il commence par ces mots son Discours à la Bien-Aimée : « Je suis né, ô bien-aimée, un vendredi, treizième jour d’un mois d’hiver, dans un pays brumeux, sur les bords d’une mer septentrionale. » Et Barrès écrit en parlant des pages qu’il a laissées : « Comme s’il avait prévu que ces morceaux ne paraîtraient jamais qu’avec le liséré d’un faire-part, il leur a donné à tous la majesté de la mort. »

Le chiffre 13 plane sur l’existence de Richard Wagner, dont le nom et le prénom réunissent treize lettres. Né en 1813, il mourut le 13 février 1883, et c’est un 13, en mars 1861, qu’eut lieu à l’Opéra de Paris, au milieu d’un furieux tumulte, la première représentation du Tannhäuser, repris le 13 mai 1895. C’est en 1913 que Parsifal, sa dernière œuvre, tomba dans le domaine public, année du centenaire de sa naissance.

L’académicien et éphémère président de la République Paul Deschanel (1855-1922) est né un 13, s’est marié un vendredi et un 13, et c’est un 13 que la Chambre a fait de lui un candidat à l’Élysée. Et il y a 13 lettres dans ces deux mots : Paul Deschanel.

Si nous ne bornions cette étude aux gens de lettres et aux artistes, nous pourrions montrer quelle place tyrannique peut tenir le chiffre 13 dans l’existence d’un Woodrow Wilson — président des États-Unis de 1913 à 1921 — ou d’un Léon XIII — pape de 1878 à 1903. Cela tient du prodige.

Théophile Gautier
Théophile Gautier
L’influence du 13 sur la vie du romancier et auteur dramatique belge naturalisé français en 1900 Henry Kistemaeckers fils, dont le patronyme compte 13 lettres, n’est pas moins étrange. Il naquit un 13 octobre (1872), passa sa licence ès-lettres un 13, fit recevoir un 13, par Sarah Bernhardt, Martha, une de ses premières pièces, dont la répétition générale eut lieu un 13. C’est un 13 octobre que fut donnée, à l’Athénée, la première de la Blessure, reprise un 13 au Théâtre du Parc, à Bruxelles. La répétition générale de l’Instinct eut lieu un 13, et c’est un 13 encore que fut donnée la première de la Rivale, un 13 toujours que Jules Claretie reçut l’Embuscade... Naturellement, quand Henry Kistemaeckers fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, c’était un 13.

Edmond Rostand (1868-1918) — treize lettres — occupait à l’Académie le fauteuil 13 et en était le treizième titulaire.

Le chiffre 13 a porté bonheur à Henri Béraud, couronné par l’Académie Goncourt le 13 décembre 1922, alors auteur de treize ouvrages, demeurant au 67 (6 + 7 = 13) de la rue Rochechouart et possédant, comme numéro de téléphone, 54-93.

L’écrivain et caricaturiste Ernest Lajeunesse-Caën (1874-1917) a noté qu’à la mort d’Oscar Wilde « treize personnes se découvrirent, en un dortoir de banlieue, devant un cercueil marqué d’un numéro treize. »

Un soir que Théophile Gautier dînait avec Sainte-Beuve, Dumas et quelques amis, les convives se trouvaient treize à table. Gautier voulait s’en aller. On fit dresser une petite table pour lui seul. Mais il y avait toujours treize convives à table. Sainte-Beuve tourna la difficulté en invitant le jeune fils du restaurateur.

Même aventure se produisit au dîner de la Macédoine, qui se donnait au Café Anglais et qui avait été fondé par le peintre Charles Durant dit Carolus-Duran (1837-1917) et le poète et premier lauréat du prix Nobel de littérature en 1901 René Prudhomme dit Sully Prudhomme (1839-1907). Un jour, comme on était treize, Carolus-Duran et Sully Prudhomme manifestèrent une grande gêne. Parmi les convives, le poète et homme politique Paul Déroulède déclara qu’il se chargerait de trouver un quatorzième et revint avec un brave cocher de fiacre dont un chasseur du restaurant garda le cheval.

Puisque nous parlons du Café Anglais, n’omettons pas de signaler qu’il était établi à la fois au numéro 13 du boulevard des Italiens et au numéro 13 de la rue Marivaux, qu’il ferma ses portes le 31 (13 retourné) mars de l’année 1913, et que c’est le dernier jour de la treizième semaine de ladite année que les démolisseurs attaquèrent l’immeuble qui abritait ce temple de la gastronomie.

Connaissez-vous la fin tragique du chanteur Léon-Philippe Pot dit Harry Fragson, né à Londres en 1869 et mort à Paris le 30 décembre 1913 ? Un almanach-réclame, adressé à toutes les personnalités parisiennes au moment même où le chanteur populaire mourait, et qui publiait 365 caricatures de gens en vue, donnait, à la date du vendredi 13 février 1914, une charge de l’artiste par Georges Villa.

La chanteuse et actrice Jeanne Bourgeois, connue sous le nom de Mistinguett (1875-1956), était persuadée que le chiffre 13 représentait pour elle un précieux talisman. Elle portait toujours une breloque d’or qui atteste sa croyance dans la vertu de ce nombre. En 1918, elle se trouvait à Londres. Une bombe tombe sur son hôtel. Tout est subverti dans sa chambre : elle venait à peine de la quitter. En repassant la Manche, son bateau échappa à deux torpillages.

Quelqu’un qui aurait tort de se plaindre du chiffre 13 c’est l’artiste lyrique Fernande Segret, qui fut la treizième et dernière fiancée de Landru, la seule qui n’ait point disparu.

Pythagore, qui a laissé une philosophie mystique des nombres, ne croit pas, conclurons-nous, à l’influence néfaste du nombre 13, car il est composé de deux chiffres heureux, un, l’Unité, le chiffre divin, le commencement de toutes choses, et trois, le chiffre sacré, qui symbolise la naissance, la vie et la mort, trois, « formule des mondes créés, écrit Balzac dans Louis Lambert, signe spirituel de la création, comme il est le signe matériel de la circonférence ».




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