Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Dons

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)



Langue du blason, contemporaine de la formation du français - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Coutumes, Traditions > Langue du blason, contemporaine de (...)

Coutumes, Traditions

Origine, histoire des coutumes, traditions populaires et régionales, fêtes locales, jeux d’antan, moeurs, art de vivre de nos ancêtres


Langue du blason, contemporaine
de la formation du français
(D’après « Ma revue : hebdomadaire illustré pour la famille », paru en 1907)
Publié / Mis à jour le lundi 28 mars 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Sans doute la connaissance de la langue du blason est de nos jours moins utile pratiquement que la connaissance d’une langue étrangère. Si on ne l’enseigne point aux examens d’entrée de nos grandes écoles, elle conserve un réel intérêt historique, car contemporaine de la formation de notre langue elle-même, la langue du blason ayant conservé un certain nombre d’expressions vigoureuses et pittoresques.

Les littérateurs ont très souvent emprunté à la langue du blason des vocables. Le poète José-Maria de Heredia (1842-1905) a fait tout un sonnet qui utilise et met en valeur les expressions héraldiques. Il importe donc d’en connaître le sens. C’est d’ailleurs une excursion dans le passé qui ne manque ni d’attrait, ni d’imprévu.

Indiquons d’abord sommairement quelle est l’origine primitive de ces blasons, de ces écus, de ces armoiries qui servaient, en quelque sorte, de signe distinctif aux familles nobles. Voici un siècle, les armoiries se gravaient encore sur les cartes de visite ou se peignaient sur la portière des voitures de maîtres. Elles s’inscrivaient également sur les portefeuilles, sur les porte-cartes, où elles figuraient en métal précieux sur les cuirs de luxe, souples et fins.

Blason de la famille de La Trémoïlle
Blason de la famille de La Trémoïlle :
d’or au chevron de gueules accompagné de trois aiglettes d’azur,
becquées et membrées du second

Mais leur usage originel était plus belliqueux. Aux débuts de notre histoire, les combats de grandes masses étaient inconnus. On ne connaissait guère que le corps à corps et l’opposition de petites unités. Dans ces luttes, où les seules armes employées étaient la lance et l’épée, les mêlées n’étaient pas seulement fréquentes, mais étaient la règle. Comment les soldats auraient-ils reconnu leur chef, sous son épaisse armure, sans un signe distinctif, bien clair, bien caractéristique ? Tel était au début le rôle et l’utilité des armoiries.

Le mot blason vient du verbe allemand blasen, qui veut dire souffler et aussi sonner du cor. Dans les combats singuliers et les tournois, un héraut d’armes avait pour mission, avant que les combattants n’entrassent en lice, de sonner du cor et de proclamer à haute voix les armoiries, le blason de chacun des chevaliers qui se présentaient au tournoi.

Les couleurs du blason sont au nombre de sept : le bleu, le rouge, le vert, le noir, le violet, le jaune et le blanc. Les cinq premières de ces couleurs sont désignées sous le nom d’émaux et portent en langage héraldique les noms suivants : azur, gueules, sinople, sable, pourpre. Les deux dernières sont dites métaux et se nomment or et argent. A ces sept couleurs, il faut joindre deux autres tons, dits fourrures et qui sont l’hermine et le vair.

La pièce essentielle des armoiries est l’écu, en forme de bouclier. Mais il existe aussi des pièces accessoires, qui servent à distinguer les différents degrés de dignité et marquer les différences, les particularités de famille à famille. La première et la plus importante de ces pièces accessoires est le timbre, qui sert uniquement à désigner le rang, le titre. Donnons comme exemple la tiare papale, le chapeau des cardinaux, les croix, les couronnes, les casques.

Les tenants sont des images latérales qui semblent supporter, soutenir, tenir l’écu. Ce sont des figures humaines ou symboliques. Elles sont quelquefois remplacées par des animaux ou des êtres chimériques. Dans ce cas, on les appelle des supports.

La devise est une inscription formée d’un ou de plusieurs mots, formant un texte ou une maxime. Elle est inscrite au-dessous de l’écu sur une banderole, qui prend plus souvent le nom de listel.

La partie supérieure de l’écu se nomme chef ; la partie basse : pointe ; le côté : dextre à droite, senestre à gauche. Quand l’écu ne présente qu’une seule couleur, on dit qu’il est simple, plain ou plein. Quand il est orné de plusieurs émaux, on dit qu’il est composé ou divisé. Les lignes qui divisent l’écu, selon le contour des couleurs, s’appellent partitions. On dit alors que l’écu est coupé, parti, écartelé, tranché, taillé, ou gironné, selon la direction des lignes qui le divisent.

Blason de la famille Failly
Blason de la famille Failly :
d’argent au houx de trois feuilles arraché de gueules, accompagné de
deux merlettes de sable affrontées en pointe

Ces divisions de l’écu ont donné naissance à des figures conventionnelles, qu’on appelle pièces. Les plus fréquentes sont les besants, figure arrondie, colorée d’un des deux tons métalliques (or et argent de la gamme héraldique). Les tourteaux ont la même forme, mais empruntent leur teinte à l’une des cinq couleurs émaux, dont nous avons parlé plus haut.

Enfin, il faut citer les pièces dites meubles d’armoiries, animaux, étoiles, croissants, qui se subdivisent en figures naturelles, artificielles ou chimériques. Voici quelques exemples de figures naturelles : le soleil, le croissant, le léopard ; de figures artificielles : la roue, l’ancre, le pont ; de figures chimériques : le dragon, la sirène, le chérubin.

Quelques exemples donneront une idée du pittoresque et de la précision de la langue héraldique. Lorsque le lion est dressé sur ses pattes, on dit qu’il est rampant ; lorsqu’il est représenté marchant, on dit qu’il est passant ; couchant, lorsqu’il est étendu sur le ventre. Le lion naissant montre seulement la moitié supérieure de son corps. Contourné, il regarde la partie gauche de l’écu ; quand il sort d’une pièce, il est issant. On indique la couronne qu’il porte en disant qu’il est couronné de... Quand ses griffes et sa langue sont d’un émail différent, on dit qu’il est armé de... ou bien lampassé de... Sans queue, il est diffamé. Sans griffe ni langue, il est morné. Deux lions qui se regardent sont dits affrontés ; quand ils se tournent le dos, on dit qu’ils sont adossés.

Ces indications très simples, très élémentaires ne permettent évidemment pas de lire couramment la langue du blason. Mais elles suffisent à la déchiffrer, à la comprendre dans ses éléments essentiels. Elle fait partie de ces langages spéciaux, dont Théophile Gautier disait qu’ils sont, avec les langages techniques, la meilleure école pour bien écrire le français.




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 
 

 

 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 Vertes-Velles (Les) : étranges créatures recueillant l'âme noire du sorcier de Noirmoutier
 
 Choix d'un prénom jadis et avènement des registres le consignant
 
 Hydromel et hypocras : les heures de gloire de boissons ancestrales
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Des anciennes boutiques aux grands magasins : naissance d'un commerce nouveau
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Être né coiffé
 
 Aux grands maux les grands remèdes
 
MANIFESTATIONS
 Du moulin à café au lave-linge : quand Peugeot faisait dans les arts ménagers
 
 Tour-Forteresse de Monthoiron : l'empreinte de Léonard de Vinci dans la Vienne
 
 
 
 

 

 


Les plus récents
 
 Éloge des contes de fées, miroirs de l'âme humaine
 
 Politesse et courtoisie avant la Révolution : règles et codes de civilité en usage
 
 Joutes et tournois
 
 Fêtes, processions et réjouissances pittoresques d'autrefois dans les provinces de France
 
 
Et puis aussi...
 
 Hôtellerie et restauration jadis : de l'auberge du Moyen Age au grand restaurant du XIXe siècle
 
 Etrennes (Le temps des) et tentative de suppression par l'Assemblée nationale constituante en 1789
 
 Nouvel An (Cartes de vœux du)
 
 Caricaturistes (Les) du Moyen Age ornent les manuscrits de miniatures caustiques
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 280 ARTICLES

 

 
 
Pinterest FrPittoresque
 

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2016 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Librairie : contes et légendes Librairie : coutumes et traditions Librairie : vie d'antan
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

YouTube

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines

Contacts, Publicité, Services