Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Dons

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)



Le chien : commissionnaire astucieux sous la Révolution - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Anecdotes insolites > Chien (Le) : commissionnaire astucieux

Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Chien (Le) : commissionnaire
astucieux sous la Révolution
(D’après « Les animaux célèbres », paru en 1837)
Publié / Mis à jour le lundi 22 février 2016, par LA RÉDACTION



 
 
 
Du chien nommé Laqueue se faufilant en toute impunité parmi la foule de citoyens affamés patientant parfois des heures durant pour obtenir viande et pain en cette période de disette, à celui qui allait et venait dans l’indifférence des geôliers au sein d’une prison d’État pour délivrer quelque message à son maître incarcéré, arrêtons-nous le temps de quelques lignes sur ces habiles commissionnaires à quatre pattes se jouant des sombres conditions de vie révolutionnaires

Sous l’empire de la Convention (1792-1795), à l’époque de la plus grande disette publique, les particuliers ne pouvaient obtenir un peu de subsistance qu’en se rendant de très grand matin à la porte des boulangers et des bouchers chargés de la distribution ; là, quelque temps qu’il fît il fallait attendre au milieu de la rue son tour pour recevoir sa portion exiguë, et tel qui faisait queue depuis trois heures du matin, n’était pas sûr d’être servi à onze heures, et souvent des malheureux s’en retournaient les mains vides, les membres brisés par la foule, tout morfondus de la neige ou de la pluie et l’estomac creux.

Parmi ces gens assaillis de mille besoins, qui attendaient, se poussant, s’écartant, s’écrasant l’un sur l’autre sans la moindre pitié, se trouvait un misérable rentier, vieux, faible et malade. Les plus forts l’écartaient toujours, et il serait mort d’inanition si son chien n’eut été sa providence. Il lui attachait au cou un petit sac noir, y mettait dedans la carte à la viande et la carte au pain, puis le laissait aller, se reposant sur lui du soin de lui rapporter ses provisions.

La foule des affamés faisait queue à la porte des boulangers et des bouchers, comme de nos jours à la porte des théâtres, et ne permettait à personne de sauter son rang. Mais notre fidèle commissionnaire, à qui ses manœuvres avaient fait donner le nom de Laqueue, n’était pas embarrassé d’éluder la consigne : il se glissait aisément entre les jambes des hommes et des femmes, atteignait ainsi la boutique, puis allait gratter les vêtements du distributeur affairé, se dresser sur ses deux pattes jusqu’à ce qu’il fut parvenu à captiver son attention. Alors il n’était pas difficile de deviner clairement l’objet de son message.

La probité, l’indigence extrême et peu méritée du pauvre rentier, maître de ce chien, étaient connues des marchands qui favorisaient un peu ce petit manège. On s’empressait donc de mettre dans le petit sac noir, la demi-livre de viande, portion assignée à chaque individu pour cinq jours, tandis que le commissaire coupait de son côté le feuilleton de la carte, puis on congédiait Laqueue, assez ordinairement avec la gratification d’un os pour ronger à son retour près de son maître.

Le chien repassait adroitement par le même chemin, et pouvait rapporter bien vite sa petite provision. Il repartait immédiatement après, faire la même expédition, pour avoir le quarteron de pain et l’eau de riz que le maître partageait généreusement avec son ami dévoué. Car le pauvre Laqueue était à la fois son pourvoyeur et son garde-malade.

On sait que sous Ta terreur, le palais du Luxembourg avait été transformé en prison d’État, où étaient entassés les suspects et les émigrés arrêtés. La garde de la prison s’y faisait avec une rigueur extrême, et tromper les geôliers était chose fort difficile. Le ministère d’un chien fut le moyen qu’on employa avec le plus de succès pour tromper un certain intraitable.

Ce fidèle animal s’introduisait chaque jour dans l’intérieur de la prison, pénétrait jusqu’à la chambre de son maître, l’accablait de caresses, restait fort longtemps avec lui, et semblait prendre part à son malheur. Ces démonstrations d’amitié furent un jour plus expressives et plus multipliées que jamais, tellement qu’elles devenaient importunes au maître. Au point qu’il finit par en concevoir de l’inquiétude. Plus il s’obstinait à vouloir se débarrasser de son chien et le renvoyer, plus son chien l’accablait de caresses, et alors il sautait sur lui, pleurait, aboyait, baissait ou élevait la tête, comme s’il eut voulu lui montrer son collier.

Le maître le croyant blessé examine son cou, et ne trouvant aucune apparence de blessure, veut absolument le mettre à la porte ; mais le chien insiste toujours et finit par se faire ôter son collier. Ce collier est examiné avec attention et finit par laisser découvrir un petit billet adroitement caché sous la doublure. Le billet était de la femme du malheureux prisonnier qui s’empressa d’y répondre par le même courrier, et chaque jour le fidèle commissionnaire était l’agent de la même correspondance.

On s’étonna bientôt de le voir sortir et entrer tous les jours à la même heure. Sa défiance donna surtout des soupçons, car lorsqu’il était porteur d’un message, il ne se laissait toucher ni même approcher par aucun des guichetiers. On découvrit enfin le stratagème, et depuis ce temps il fut défendu de laisser pénétrer les chiens dans les prisons de Paris.




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 
 

 

 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 

 

 Des anciennes boutiques aux grands magasins : naissance d'un commerce nouveau
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Vertes-Velles (Les) : étranges créatures recueillant l'âme noire du sorcier de Noirmoutier
 
 Hydromel et hypocras : les heures de gloire de boissons ancestrales
 
 Choix d'un prénom jadis et avènement des registres le consignant
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Tendre comme la rosée
 
 Summum jus, summa injuria
 
MANIFESTATIONS
 Exposition : Austrasie, le royaume mérovingien oublié (Saint-Dizier)
 
 Exposition : Les Hugo, une lignée d’artistes
 
 
 
 

 

 


Les plus récents
 
 Jardin d'Acclimatation (Quand le) devient le Jardin d'Alimentation pendant le siège de Paris
 
 Duel comique à l'épée au XIXe siècle entre un propriétaire et un avocat
 
 Médecins (Les) : inspirateurs de Molière
 
 Place des Vosges (La) de Paris échappe au début du XXe siècle à des transformations controversées
 
 
Et puis aussi...
 
 Trésor (Un) de 2200 pièces du XVe siècle découvert en 1863 à Questembert
 
 Balzac : promoteur de la chanson populaire française
 
 Mois de septembre : moment délicieux de l'année ?
 
 Presse moderne et pornographie : racolage éditorial commercialement rentable ?
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 315 ARTICLES

 

 
 
Pinterest FrPittoresque
 

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2016 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Librairie : contes et légendes Librairie : coutumes et traditions Librairie : vie d'antan
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

YouTube

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines

Contacts, Publicité, Services