Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Dons

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)



Les facettes méconnues du célèbre général Cambronne - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Personnages : biographies > Facettes méconnues (Les) du célèbre (...)

Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Facettes méconnues (Les)
du célèbre général Cambronne
(D’après « Le Livre et l’image : revue documentaire
illustrée mensuelle », paru en 1894)
Publié / Mis à jour le vendredi 23 octobre 2015, par LA RÉDACTION



 
 
 
Le général Cambronne aura eu une singulière fortune, popularisé par un mot qu’il n’a peut-être pas dit, mais qui a fait oublier ses glorieux états de service, dont le dernier fut de tomber, couvert de blessures, sur ce même champ de bataille de Waterloo qui devait attacher une légende immortelle à son nom

La célèbre réponse aux Anglais est devenue tellement inséparable du héros et de sa personne, que deux gamins, arrêtés, un jour, devant la statue du maréchal Ney, sur la place de l’Observatoire, et ne voyant que le sabre en l’air et la bouche largement ouverte, en conclurent que c’était Cambronne, criant ce que les gens polis se contentent de désigner par... le mot de Cambronne. Et voilà l’histoire arrangée.

D’autres, plus sérieux, veulent que Cambronne ait trouvé la fameuse phrase qui est aussi bien dans l’esprit que dans le style du temps. Elle n’est pas, dans tous les cas, plus extraordinaire que celle de Napoléon : « Soldats, du haut de ces pyramides... », ou que la lettre dans laquelle, se rendant à bord du Bellérophon, l’Empereur évoque le souvenir de Thémistocle. Il ne faut pas trop rire de ces choses ; et, quoi qu’ait répondu Cambronne, il n’en reste pas moins une vaillante figure méritant d’être restituée, dans son intégrité, à l’histoire.

Cambronne à Waterloo
Cambronne à Waterloo

C’est ce que fit en 1894, dans un livre très fouillé, Léon Brunschvicg, avocat nantais, ancien rédacteur du Phare de la Loire. Comme le lui écrit, dans une lettre-préface, un autre Nantais, Paul Chauvet : « Cambronne n’appartient pas seulement à notre région, il appartient à la France. » Brunschvicg ne négligea rien pour le lui rendre. Il dressa l’arbre généalogique du général, dont le père était né à Saint-Quentin ; la mère, Françoise-Adélaïde Druon, à Noyon. Deux communes de l’Oise portent le nom de Cambronne, ce qui atteste bien, sinon le berceau, du moins l’origine picarde.

Le mariage avait eu lieu à Noyon, le 31 janvier 1769. Le père, Pierre-Charles, mourut à Nantes, le 6 octobre 1784, âgé de 45 ans seulement. Qu’est-ce qui l’y avait attiré ? Probablement son commerce de marchand de bois du Nord. Il eut huit enfants : Pierre-Jacques-Étienne, le futur général, né à Nantes le 26 décembre 1770, était le second ; un autre, le sixième, Constant-Louis-François, né le 15 août 1778, fut tué à Austerlitz à l’âge de 28 ans ; il était sous-lieutenant au 46e de ligne, dans la compagnie même où avait servi La Tour d’Auvergne.

Ce qui nous amène tout de suite à dire que celui qui illustra la famille, servant dans la même demi-brigade, refusa toujours de prendre la succession et le titre de premier grenadier de France, qu’on voulait lui faire porter. Il s’en défendit comme un beau diable, et enjoignit même, vers la fin de sa vie, à un biographe de La Tour d’Auvergne, qui lui lisait son manuscrit, encore inédit, où il lui donnait cette belle qualification, d’effacer cela de son papier. « Mon cher monsieur, lui dit-il, cela n’est pas exact, et je désire que ce passage soit supprimé de votre écrit. »

Était-ce pure modestie ? se demande Léon Brunschvicg. Cambronne en était bien capable. Il fit preuve, en effet, de cette réserve pendant toute sa carrière, et elle est inscrite à son actif, autant que sa vivacité qui domine en toute circonstance. Napoléon disait de lui : « Voilà un vrai et noble soldat. Que ne ferait-on pas avec de tels hommes ! » Mais comme on a toujours les défauts de ses qualités, Pons de l’Hérault, qui avait eu l’occasion de l’apprécier à l’île d’Elbe, a porté sur lui ce jugement qui démêle bien ce phénomène observé déjà de natures primesautières, soumises, quand elles ont adopté un maître de prédilection : « Le général est d’un caractère extrêmement violent, et il y avait à craindre que quelque contrariété n’excitât son emportement naturel ; mais telle est la force de son dévouement à l’Empereur qu’il était devenu d’une douceur extraordinaire, et ce n’est pas un des traits les moins remarquables de l’influence de S. M. le Roi de l’île d’Elbe. »

Le général Cambronne
Le général Cambronne

Celui-ci, d’ailleurs, eut un jour à réprimer l’excès de zèle de son trop fidèle serviteur, qui voyait des espions partout. Comme il avait la surveillance de la police de l’île, il reçut mal des officiers napolitains qui n’avaient d’autre envie que de saluer le souverain, prisonnier de la Sainte-Alliance, et les fit rembarquer de suite. Napoléon blâma la vivacité du général et voulut réparer son peu de courtoisie en l’envoyant à bord du vaisseau. Mais il n’était plus temps, et il fut impossible de rejoindre les visiteurs.

Ce qui n’empêchait pas Napoléon de rendre justice à Cambronne après Waterloo. En apprenant la blessure dont peut-être ses propres commandements avaient été cause, il s’écria : « Ah ! le brave ! il avait bien dit que la garde mourait et ne se rendait pas ! » Ce n’est pas précisément le mot à la mode dont la Porte-Saint-Martin fait recette, mais les deux peuvent avoir été entendus à la fois. Dans la clameur des combats, tout n’est pas réglé par un maître de ballets.

La vie de Cambronne est un modèle de vertu, de courage et de patriotisme. Elle mérite de figurer dans les bibliothèques scolaires, populaires et militaires. Elle est pleine d’enseignements. Sans doute, comme le dit Brunschvicg, né à toute autre époque, Cambronne eût été amené à auner du drap dans quelque boutique de la rue de la Poissonnerie, à Nantes, ou à s’engager comme commis marchand sur le quai de la Fosse. Sa bonne étoile décida de sa vocation militaire au début de la plus formidable épopée qui eût jamais bouleversé le monde. Les états de service de Cambronne sont là pour donner du cœur à ceux qui ne craignent pas les assauts.

En commençant le 27 juillet 1792 par l’enrôlement volontaire du grenadier au 1er bataillon de Mayenne et Loire, le rideau tombe le 18 juin 1815 à la suprême bataille ; mais, dans l’intervalle, par combien de coups de feu et de coups de mitraille ce nouveau Cid gagne-t-il ses éperons ! « Son corps était couturé de cicatrices », a dit le général Mellinet, qui s’était baigné tout enfant avec lui dans la Loire.

Statue du général Cambronne par Debay (Nantes)
Statue du général Cambronne par Debay (Nantes)

On sait la fin. Il fut une des causes célèbres de la Restauration. Berryer père plaida éloquemment pour lui devant les conseils de guerre et fut plus heureux que pour Ney. Il est vrai qu’il n’y avait pas les mêmes charges contre lui. Cambronne, rentré en grâce, se maria, se rallia et redevint commandant de corps à Lille en 1820. Il ne se crut pas délié de son serment envers la branche aînée par l’avènement de la branche cadette, et resta désormais étranger à toute manifestation politique. Il ne s’en était jamais mêlé, à proprement parler, même au débarquement de Cannes, où il ne se considérait que comme une sorte de fourrier d’un souverain étranger, qu’il avait suivi dans sa principauté de l’île d’Elbe. La conscience du soldat était en repos. Louis-Philippe fit graver son nom sur la partie nord de l’Arc de triomphe de l’Etoile.

Monselet disait avoir gardé de lui le souvenir d’un homme fort laid. Sa physionomie témoigne pourtant moins de la laideur que de l’énergie et d’une bienveillante et sarcastique finesse. Les yeux grands, expressifs, la bouche large, le nez fort, reflètent admirablement le caractère énergique du héros de Waterloo. A peine mort (29 janvier 1842), la ville de Nantes lui éleva une statue sur un emplacement qui porte son nom, se trouvant au milieu de la cité bretonne. Une grille dont les angles sont surmontés d’aigles entoure le piédestal. Cambronne étreint sur sa poitrine un drapeau déchiré, criblé de balles. Il résiste toujours quoique blessé et paraît vouloir se réserver pour linceul le précieux emblème. Telle est l’attitude que lui a donnée le sculpteur Debay.

En savoir plus ?
Cambronne a-t-il dit « Merde » aux Anglais ? > Cliquez ici


Pour consulter la vidéo
CLIQUEZ sur la vignette




Histoire de France :
l'indispensable pour devenir incollable

2000 ans d'Histoire de France en 150 pages
Présentation / Commande : CLIQUEZ ICI
 
 
 

 

 

 

 

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec notre
encyclopédie consacrée à l'Histoire de France

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 



 
 

 

 Des anciennes boutiques aux grands magasins : naissance d'un commerce nouveau
 
 Mutilation de l'Histoire de France : détruire le passé pour glorifier le monde nouveau
 
 Hydromel et hypocras : les heures de gloire de boissons ancestrales
 
 Choix d'un prénom jadis et avènement des registres le consignant
 
 Vertes-Velles (Les) : étranges créatures recueillant l'âme noire du sorcier de Noirmoutier
 
 L'ENCYCLOPÉDIE du temps jadis
    > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Faire une cote mal taillée
 
 Jurer une chose sur l'étiquette du sac
 
MANIFESTATIONS
 Exposition Quoi de neuf au Moyen Age ? à la Cité des sciences et de l'industrie du 11 octobre 2016 au 6 août 2017
 
 Exposition Espèces d'Ours ! À la découverte des ours au Jardin des Plantes du 12 octobre 2016 au 19 juin 2017
 
 
 
 

 

 


Les plus récents
 
 Tours (Grégoire de) : précieux chroniqueur du temps des Mérovingiens
 
 Auguste Romieu ou le mystificateur mystifié
 
 Laennec (René-Théophile-Hyacinthe) inventeur du stéthoscope
 
 D'Artagnan (Qui fut le véritable) inspirant Alexandre Dumas pour ses Trois Mousquetaires ?
 
 
Et puis aussi...
 
 Courte-Botte (Robert)
 
 Thérésa Milanollo (1827-1904) ou le succès fulgurant d'une des premières violonistes de carrière
 
 Colère contre un projet de monument en l'honneur de Charles Baudelaire et conseils avisés d'Alfred de Vigny
 
 Lakanal (Joseph)
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 141 ARTICLES

 

 
 
Pinterest FrPittoresque
 

 

Vous pouvez opter pour un montant libre
Votre don nous est précieux : EN SAVOIR +

 

 

     

 

Retrouvez toute L'HISTOIRE DE FRANCE avec l'Encyclopédie du temps jadis

 
Copyright © 1999-2016 LA FRANCE PITTORESQUE
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Librairie : contes et légendes Librairie : coutumes et traditions Librairie : vie d'antan
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Encyclopédie

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

YouTube

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines

Contacts, Publicité, Services