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Des traces du géant Gargantua avant Rabelais - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

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Gargantua : des traces du géant
20 ans avant la naissance de Rabelais
(D’après « Revue des traditions populaires », paru en 1906)
Publié / Mis à jour le lundi 19 octobre 2015, par LA RÉDACTION

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Si Gargantua, grand héros populaire de France, est à ce point vivant dans la tradition que, même de nos jours, il prend dans les appellations populaires la place de géants anonymes ou moins connus, sait-on que la paternité du sobriquet de ce personnage ne saurait être attribuée à Rabelais, cependant que l’on doit reconnaître au célèbre écrivain le talent de lui avoir conféré l’immortalité ?

Quelques-uns, seulement, des géants légendaires, échappent à la dépossession : Roland dans le pays basque, Hok Bras et Rannou en Basse-Bretagne, et même dans ce pays, la popularité du fils de Grandgousier s’est fort accrue depuis le milieu du XIXe siècle.

« Le nom de Gargantua est connu de tout le monde : les nourrices l’apprennent aux petits enfants ; les hommes s’en souviennent et le répètent parce qu’il représente pour eux une idée de puissance et de grandeur extraordinaires. Gargantua est un type particulier qui a plusieurs analogues, mais auquel rien ne ressemble complètement, ni le cyclope antique, ni le géant pourfendeur, ni l’ogre du Moyen Age... »

Gargantua
Gargantua

Ainsi parlait l’historien et paléographe Félix Bourquelot (1815-1868) en 1844, au début d’un mémoire destiné à établir que Rabelais n’avait pas créé le type de Gargantua. Depuis lors, on a beaucoup écrit sur ce sujet : il suffit de citer le volume intitulé Gargantua dans les traditions populaires, publié en 1883 par l’ethnologue breton Paul Sébillot (1843-1918), où chacun peut se convaincre qu’aucun personnage légendaire ne jouit dans notre pays d’une popularité aussi étendue que Gargantua. Sébillot partage la manière de voir de Bourquelot et revendique pour le folklore les aventures dont Gargantua est le héros.

Le folkloriste Henri Gaidoz (1842-1932), qui fonda les Revue celtique (1871) et Mélusine (1877), et qui dans ce genre d’études nous donna tant d’aperçus ingénieux, avait déjà apporté à l’appui des idées de Bourquelot des raisons philosophiques complaisantes : d’après lui le nom même de Gargantua s’expliquerait par le celtique et signifierait « le Dévorant » ; Gargantua serait probablement l’Hercule gaulois à qui on offrait des sacrifices humains, et cet Hercule lui-même devrait peut-être être interprété comme un mythe solaire. Le mémoire de Gaidoz fut lu en 1868 à la Société de linguistique de Paris, dont le secrétaire était Michel Bréal, propagateur en France des doctrines mythologiques de Max Müller.

Toutefois des philologues prudents, Frédéric Baudry (1818-1885) et Gaston Paris (1839-1903), firent des réserves. Tout en étant portés à admettre que le type était antérieur à Rabelais, ils insistaient sur un fait assez difficile à concilier avec ce système, à savoir que personne n’avait jamais rencontré le nom même de Gargantua dans un texte antérieur à l’œuvre de Rabelais ou indépendant de cette œuvre, et ils semblaient disposés à faire honneur à Rabelais de la création de ce nom énigmatique.

Gaston Paris n’ignorait pas que, dans l’épître en vers qui sert de préface à la Légende joyeuse de maistre Pierre Faifeu, de Charles Bourdigné, on lit ce vers : « Gargantua qui a chepveulx de plastre. » Mais sans protester contre la date de 1526 attribuée à l’œuvre de Bourdigné, il pensait que cette allusion se rapportait à quelque édition perdue des Chroniques de Gargantua, dont la plus ancienne édition datée est de 1532. Or, l’historien de la littérature Abel Lefranc (1853-1952) fit voir dans son cours du Collège de France que la Légende de Pierre Faifeu n’est pas antérieure à 1532, ce qui ne pouvait que fortifier l’attitude expectante prise par Gaston Paris. Sébillot lui-même écrivit : « Il serait téméraire d’affirmer que ce nom est antérieur à Rabelais. »

Cela n’est plus téméraire aujourd’hui, depuis les travaux d’un certain Alfred Leroux (1855-1921), archiviste de la Haute-Vienne, ancien élève de l’École des Chartes. Il révéla que le 4 février 1471 — c’est-à-dire plus de vingt ans avant la naissance de Rabelais, qu’on place vers 1495, ou selon d’autres sources vers 1485 — Gargantua lui-même, un Gargantua en chair et en os, fit son entrée à cheval dans la petite ville de Saint-Léonard, s’en alla droit au palais ou salle de l’évêque de Limoges, seigneur de la ville, et y prit son gîte pour deux jours aux frais de Monseigneur.

François Rabelais
François Rabelais

Le receveur épiscopal, Jean Georges, curé de Mérignat (Creuse), a consigné cet événement si mémorable pour nous dans son livre de comptes et il atteste qu’il a déboursé pour la dépense de l’homme et du cheval la somme modique de cinq sols tournois. On lit le nom de Gargantuas (c’est ainsi qu’il est écrit) dans ce vénérable grimoire que les archives de la Haute-Vienne prêtèrent pour quelques jours à la bibliothèque de la Sorbonne et que la Société des études rabelaisiennes prit soin de photographier suite aux travaux de Leroux.

Est-il besoin de dire que le Gargantuas de Saint-Léonard ne doit être considéré que comme un sobriquet ? Le vrai nom et la personnalité de celui à qui la malice populaire appliqua ce sobriquet nous échappent complètement. Mais le sobriquet suffit pour établir péremptoirement que Rabelais n’a ni créé ni baptisé Gargantua, et pour donner définitivement raison à nos folkloristes. La mémoire de Rabelais n’en souffrira pas : s’il n’est ni le père ni le parrain de Gargantua, il a beaucoup fait pour la gloire du bon géant populaire qui lui a complaisamment prêté ses robustes épaules.

Il est à désirer que quelque nouveau document nous renseigne sur les gestes de ce personnage, qui, dans le document cité, sont assez obscurs. Peut-être aussi trouvera-t-on, antérieurement à l’époque où Rabelais leur conféra l’immortalité, le nom de Gargamelle — qui n’a pas pénétré dans la tradition populaire — et celui de Grandgousier, qui sous la forme Grand Giusé (Grand Gésier) figure dans un conte gascon assez fruste (Gargantua dans les traditions populaires), et qu’on pouvait entendre en Haute-Bretagne sous celle de Grandgosier, terme appliqué à des gens de grand appétit.

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