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Balzac et la chanson populaire française - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Balzac : promoteur de la chanson
populaire française
(D’après « Revue des traditions populaires », paru en 1895)
Publié / Mis à jour le dimanche 4 octobre 2015, par LA RÉDACTION



 
 
 
On trouve de toute chose dans les romans de Balzac. Comme son compatriote Rabelais, il sait tout, parle de tout, nous instruit sur tout. Il est sans doute le premier en France qui ait cité dans des romans des chansons populaires.

Longtemps avant Gérard de Nerval qui, dans les Filles du feu et la Bohême galante a donné un véritable recueil, aujourd’hui bien connu, des chansons traditionnelles de l’Ile-de-France, avant George Sand qui a transcrit dans ses romans rustiques les chansons populaires du Berry, avant Henri Murger qui, par les Vacances de Camille, a fait connaître au public lettré la chanson : « Je me suis engagé — pour l’amour d’une brune », l’auteur d’Eugénie Grandet a inséré dans plusieurs de ses récits des chansons qui, depuis lors, ont été souvent retrouvées et recueillies dans les provinces.

Voici d’abord la Chanson de la mariée, l’une des chansons les plus répandues qu’il y ait en France. Elle se trouve au début de la touchante nouvelle intitulée Pierrette. C’est un jeune paysan breton qui la chante sous la fenêtre de sa fiancée, loin du pays, pensant se faire mieux reconnaître par ce chant familier :

« Il chanta sur le ton traînant particulier aux gens de l’Ouest cette romance bretonne publiée par Bruguière, un compositeur à qui nous devons de charmantes mélodies. En Bretagne, les jeunes gens des villages viennent dire ce chant aux mariés le jour de leurs noces :

Nous venons vous souhaiter bonjour en mariage,
A m’sieur votre époux
Aussi ben comme à vous.

On vient de vous lier, madame’la mariée
Avec un lien d’or
Qui n’délie qu’à la mort.

Vous n’irez plus au bal, à nos jeux d’assemblée,
Vous gard’rez la maison
Tandis que nous irons.

Avez-vous bien compris comm’il vous fallait être
Fidèle à vot’époux ?
Faut l’aimer comme vous.

Recevez ce bouquet que ma main vous présente.
Hélas ! vos vains honneurs
Pass’ront comme ces fleurs.

« Cette musique nationale, poursuit Balzac, aussi délicieuse que celle adaptée par Chateaubriand à Ma sœur, te souvient-il encore, chantée au milieu d’une petite ville de la Brie champenoise, devait être pour une Bretonne le sujet d’impérieux souvenirs, tant elle peint fidèlement les mœurs, la bonhomie, les sites de ce vieux et noble pays. Il y règne je ne sais quelle mélancolie causée par l’aspect de la vie réelle, qui touche profondément. Ce pouvoir de réveiller un monde de choses graves, douces et tristes, par un rythme familier et souvent gai n’est-il pas le caractère de ces chants populaires qui sont les superstitions de la musique, si l’on veut accepter le mot superstition comme signifiant tout ce qui reste après la ruine des peuples et surnage à leurs révolutions. »

Précisons que l’on chercherait vainement le morceau cité par Balzac parmi les compositions de Bruguière : on n’y trouve en effet ni la Chanson de la mariée ni aucune chanson populaire, mais seulement des romances dans le goût de 1830, parmi lesquelles figurent quelques paysanneries qui n’ont d’ailleurs aucun rapport avec la véritable inspiration rustique, et dont la musique ne paraît pas mériter les éloges décernés par Balzac.

La deuxième citation, qui va suivre, est tirée d’une des scènes les plus tragiques des Chouans. Notons que ce roman est daté de 1827, ce qui donne une antériorité incontestable à Balzac comme collecteur de chansons populaires :

« Les deux chouans franchirent l’échalier en sifflant l’air de la ballade du capitaine. Pille-Miche entonna d’une voix enrouée, au bout du champ, ces strophes prises au hasard dans cette naïve chanson, dont les rustiques cadences furent emportées par le vent.

A la première ville,
Son amant l’habille
Tout en satin blanc.

A la seconde ville,
Son amant l’habille
En or, en argent.

Elle était si belle
Qu’on lui tendait les voiles
Dans tout le régiment.

« Cette mélodie devint insensiblement confuse à mesure que les deux chouans s’éloignaient ; mais le silence de la campagne était si profond, que plusieurs notes parvinrent à l’oreille de Barbette, qui revenait alors au logis en tenant son petit gars à la main. Une paysanne n’entend jamais froidement ce chant, si populaire dans l’ouest de la France ; aussi Barbette commença-t-elle involontairement les premières strophes de la ballade :

Allons, partons belle,
Partons pour la guerre,
Partons il est temps.

Brave capitaine,
Que ça ne te fasse pas de peine
Ma fille n’est pas pour toi.

Tu ne l’auras sur terre,
Tu ne l’auras sur mer,
Si ce n’est par trahison.

Le père prend sa fille
Qui la déshabille
Et la jette à l’eau.

Capitaine plus sage
Se jette à la nage
La ramène à bord.

Allons, partons belle,
Partons pour la guerre,
Parlons il est temps.

A la première ville, etc. »

Observons en passant que cette chanson est populaire non seulement, comme le dit Balzac, dans l’ouest de la France, mais dans la France tout entière : on peut ainsi en recueillir, avec les variantes accoutumées, des versions en Berry et en Bresse, et Gérard de Nerval, Max Buchon et M. de Puymaigre, en ont trouvé d’autres dans le Valois, la Franche-Comté et la Lorraine.

Enfin, dans les Paysans, dont l’action se passe en Bourgogne, nous trouvons encore un fragment d’un noël bourguignon, dont le caractère est plutôt celui d’une chanson à boire que d’une chanson religieuse, car il y est fait allusion en ces termes au miracle des Noces de Cana :

Ein bel androi de sai vie
Ça quasi toule ein jour
Ai changé l’ea de la Bréchie
Au vin de Mador.

TRADUCTION : « Un bel endroit de sa vie — fut qu’à table un jour — il changea l’eau du pot — en vin de Madère ».

Ce couplet (appartenant à un noël de La Monnoye) est chanté, dans une réunion au cabaret, par un vieux paysan ivrogne qui cumule, avec des métiers divers, celui de ménétrier : « Il savait jouer de la clarinette et tenait compagnie à l’un de ses amis, le ménétrier de Soulanges, dans les noces des villages, ou les jours de grand bal au Tivoli de Soulanges. » Son compagnon est désigné comme « violon très distingué de l’ancien régiment de Bourgogne ».

Ces détails sur les ménétriers bourguignons du commencement du XIXe siècle, sur leurs instruments et la pratique de leur art, sont intéressants au point de vue des mœurs populaires et peuvent être considérés comme aussi authentiques que le sont les poésies mêmes des chansons, retrouvées fidèlement, et longtemps après, dans la mémoire des paysans.




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