Panier de
commande
Histoire de France, Patrimoine, Tourisme, Gastronomie, Librairie

AJOUTER

Favoris

Fil RSS

Facebook

Google +

Twitter

Blog

Videos
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

« Hâtons-nous de raconter les délicieuses histoires du
peuple avant qu'il ne les ait oubliées » (C. Nodier, 1840)


 
Histoire France, Patrimoine, Gastronomie, Tourisme

Vieux métiers, métier ancien : histoire perruquiers, perruquier - Histoire de France et Patrimoine


Vous êtes ici : Accueil > Métiers anciens / oubliés > Perruquiers

Métiers anciens / oubliés

Histoire des métiers, origine des corporations, statuts, règlements, us et coutumes. Métiers oubliés, raréfiés ou disparus de nos ancêtres.


Perruquiers
(D’après « Le Magasin pittoresque », paru en 1862)
Publié le jeudi 14 janvier 2010, par LA RÉDACTION


 
 
 
 
Le perruquier pouvait se croire, sous Louis XV, d’une importance considérable. C’était son art qui semblait assigner à chaque personnage son rang dans le monde ; on se distinguait les uns des autres par la perruque : noblesse, tiers état, clergé, autant de degrés hiérarchiques de la société, autant de perruques diverses.

Là ne se bornaient pas les attributions du perruquier : il était en rnême temps barbier, baigneur, étuviste. En un mot, il était le factotum de la toilette, le serviteur des grâces et de la beauté, par privilège du roi.

« La beauté que nous avons assignée à nos cheveux, dit un perruquier du dix-huitième siècle, est une beauté rare ; peu de personnes, surtout les hommes, se trouvent les avoir avec toutes les qualités nécessaires, dont voici les conditions, qui sont d’être raisonnablement épais et forts, d’une belle couleur châtain, plus ou moins foncée, ou d’un beau blond argenté, d’une longueur moyenne, descendant jusqu’à la moitié du dos. Il faut encore que, sans être crêpés, ils frisent naturellement, ou du moins qu’ils tiennent longtemps garnis. Les cheveux, en général, sont sujets à bien des accidents et des défauts qu’il fallait supporter ou du moins pallier avant que la perruque eût été imaginée.

« Plusieurs se trouvaient en avoir très peu ; il y a des maladies qui les font tomber ; ils se dégarnissent quelquefois sans aucune maladie apparente, de manière que non seulement les personnes âgées mais celles qui ne le sont pas encore, deviennent chauves avant le temps. Il fallait donc se résoudre à porter des calottes, coiffures tristes et plates, surtout quand aucuns cheveux ne l’accompagnent. Ce fut pour remédier à ce désagrément qu’on imagina au commencement du règne de Louis XIII d’attacher à la calotte des cheveux postiches qui parussent être les véritables.

« On parvint ensuite à lacer les cheveux dans un toilé étroit de tisserand, comme aussi dans un tissu de frangé qu’on nomme Le point de Milan. On cousait par rangées ces entrelacements sur la calotte même, rendue plus mince et plus légère ; pour cet effet, on se servait d’un canepin (l’épiderme de la peau de mouton), sur lequel on attachait une chevelure qui accompagnait le visage et tombait sur le cou : c’était alors ce qu’on appelle une perruque. » (Art du perruquier)

On faisait d’abord les perruques à tresses sur trois soies et cousues sur rubans ; puis on parvint à imiter complètement une chevelure naturelle. Cette découverte parut « si bonne et si secourable » qu’en 1656 le grand roi créa quarante-huit charges de barbiers perruquiers suivant la cour ; deux cents charges étaient établies en faveur du public. Un autre édit en ajouta deux cents autres en 1673.

Intérieur d'une boutique de perruquier sous Louis XV,<br>d'après une estampe du temps. Dessin de Dargent
Intérieur d’une boutique de perruquier sous Louis XV,
d’après une estampe du temps. Dessin de Dargent.

La mode nouvelle fit sortir beaucoup d’argent de France ; il fallait se procurer des cheveux à l’étranger, la production indigène ne suffisant plus. Colbert s’émut de ces exportations de numéraire ; il voulut abolir l’effet dans sa cause et remplacer les perruques par des bonnets, dont on essaya même des modèles devant le roi. Les perruquiers se hâtèrent d’adresser au roi leurs doléances et représentations respectueuses : « L’argent sorti de France pour l’importation des matières premières y rentrait et au delà par l’exportation des produits manufacturés ; la ville de Paris fournissait de perruques l’Espagne, l’Italie, l’Angleterre, l’Allemagne et autres États. »

Colbert abandonne le projet des bonnets, et les perruquiers grandirent en prospérité vers la fin du dix-huitième siècle, ils étaient au nombre de huit cent cinquante, avaient un prévôt, des gardes, des syndics, et charge héréditaire. « Ils ont droit et leur est attribué le commerce des cheveux en gros et en détail, comme aussi leur est permis de faire et vendre poudres, pommade, opiat pour les dents ; en un mot, tout ce qui peut servir à la propreté de la tête et du visage. »

Le rasoir étant instrument de chirurgie, le chirurgien avait aussi le droit de faire la barbe ; mais sa boutique devait être peinte en rouge ou en noir, couleur de sang ou de deuil, sur laquelle se détachaient les bassins de cuivre jaune qui servaient d’enseigne ; le perruquier avait à sa porte des bassins blancs, en étain ; la fantaisie seule choisissait la couleur de sa boutique. Et comme lui-même était moins grave, moins pesant que le barbier chirurgien !

Comme il nous paraît, dans les estampes, apprécier tous les privilèges de son art : faire les cheveux aux dames, les étager de manière à leur donner un aspect agréable, combler les lacunes et les cacher sous des nuages de poudre ; fabriquer tours, toupets, chevelures entières pour messieurs les gentilshommes, gens de cour, d’église, de justice ou d’épée ; bref, débarrasser chacun des soins journaliers du corps !

Entrez dans cette boutique où travaillent les tresseuses, où l’on monte les coiffures préférées par les merveilleux, où l’on frise en crêpe, où l’on frise en boucles, où l’on répète les nouvelles que l’on sait, où l’on invente celles qu’on ne sait pas ; faites-vous mettre suivant votre condition, votre âge et la mode du jour, les cheveux en bourse en cadenette, en catogan, à la grecque, perruque à la Fontange, à la brigadière, en bonnet, nouée à l’oreille, d’abbé, de palais, à marteaux, à simple nœud, à queue de rubans, etc.

Examinez cette collection d’outils : fers à friser (pince à longues branches à mâchoires plates en dedans), fers à toupet (à branche ronde entrant dans une creuse), cardes de toute sorte pour les cheveux, champignons à perruques, coquemard à faire chauffer l’eau, bouilloire, bouteille de fer-blanc pour porter l’eau chaude en ville, cornet à œil de verre et masque à poudrer, melons (étuis à perruque), zeste (bourse à tuyau pour poudrer), etc., etc.

Regardez, écoutez, n’oubliez pas que cet artiste en cheveux est en même temps votre barbier, votre baigneur, qu’il descend peut-être du grand Binette (celui qui disait : Je dépouille la tête des sujets pour en couvrir celle du souverain) ; que peut-être vous vous trouvez dans la boutique de maître André, fabricant de perruques et de vers tragiques à la manière de ceux-ci :

En tel état que j’aille, à pied comme en carrosse,
Il m’en souviendra du - premier jour de mes noces.

Quant aux perruquiers en vieux, ils ne rasaient point : ils n’étaient pas de barberie ; au lieu de bassins, ils avaient pour enseigne un marmot, espèce de vieille tête de bois avec une très vieille perruque. Ils pouvaient faire du neuf, mais à condition de mêler du crin aux vrais cheveux et de mettre au fond de la coiffe cette inscription : perruque mêlée. C’étaient les perruquiers des pauvres gens.

 

 


  Pas de commentaires

 Réagir à cet article

 

Soutenir l'association La France pittoresque, c'est prendre part à
la conservation et la transmission de la TRADITION, de notre IDENTITÉ,
de notre HISTOIRE, de notre PATRIMOINE,
des US ET COUTUMES de nos aïeux, du SAVOIR-FAIRE à la française
 
 
Ne bénéficiant d’aucune subvention ni d’aucune aide privée ou publique,
La France pittoresque compte exclusivement sur la générosité et la confiance de ses
lecteurs lui offrant de préserver son indépendance et sa liberté éditoriale
 
Le paiement peut également s’effectuer par chèque à l’ordre de :
La France pittoresque, 14 avenue de l'Opéra, 75001 PARIS
(association loi 1901 à but non lucratif fondée en 1997)

 

Prolongez votre voyage dans le temps avec
notre magazine d'Histoire de France...

Choisissez un numéro et découvrez les extraits en ligne !

 

 
 

 

 « L'État m'a tuée » ou la France en souffrance
 
 Ménagerie politique (La) : l'ancien président Jules Grévy comparé à un macaque en 1890
 
 Premier billet de banque (Le) moderne naît en Nouvelle-France
 
 Hôtellerie et restauration jadis : de l'auberge du Moyen Age au grand restaurant du XIXe siècle
 
 Fleurette : premier amour du futur Henri IV âgé de 12 ans
 
 MAGAZINE N°44 > Cliquez ici
 
BON À SAVOIR
 Le roi de la fève
 
 Se mettre en quatre
 
MANIFESTATIONS
 
 
 


Louis XVII : roi martyr emprisonné au Temple
Itinéraire d’un enfant que la République a voulu corrompre puis a délibérément tué
Histoire de France (Bainville)
CHAPITRE 1 : Pendant 500 ans la Gaule partage la vie de Rome
Permaculture : agriculture respectant la Nature
Débarrassée d’un modèle industriel intrinsèquement nuisible à l’Homme
Temps de travail au Moyen Age
Nos ancêtres n’étaient pas les brutes de travail qu’on imagine : ils avaient 190 jours de congés par an
+ de vidéos "Histoire France"+ de vidéos "Patrimoine"

 


Les plus récents
 
 Peaux de lapin pour colle et chapeaux : un commerce jadis florissant
 
 Coiffeur, un métier où l'on risque parfois sa tête
 
 Fripiers, chinchers, brocanteurs de Rouen
 
 Avocat : par les honneurs alléché, le prétendant à la profession pourrait bien déchanter
 
 
Et puis aussi...
 
 Epiciers d'autrefois
 
 Chaudronniers et ferblantiers
 
 Porteurs d'eau
 
 Alchimistes
 
 
Plus d'articles...
 
 Voir les 59 ARTICLES

 

 

 


 
Pinterest FrPittoresque

 


 

 

 

     

 
 
Copyright © 1999-2014 E-PROD
Tous droits réservés. Reproduction interdite. N° ISSN 1768-3270. N° CNIL 824 842. N° Siret 481 246619 00011. Code APE 913E

La France pittoresque et Guide de la France d'hier et d'aujourd'hui sont des marques déposées.
Site déposé à l'INPI, la SGDL et l'APP (infos légales)
 
Audité par Xiti et Hit-Parade | Optimisé pour Internet Explorer et Firefox
 
Recommandé notamment parMAISON DU TOURISME FRANÇAIS dès 2003Maison de la FranceALLIANCE FRANÇAISEAlliance Française
 
Mentionné notamment parSIGNETS DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCESignets de la Bibliothèque Nationale de FranceMINISTÈRE DE LA CULTUREMinistère de la Culture
 
 
 
Librairie : contes et légendes Librairie : coutumes et traditions Librairie : vie d'antan
 
LA FRANCE PITTORESQUE : 1 - Guide en ligne des richesses de la France d'hier et d'aujourd'hui depuis 1999 : Histoire de France, patrimoine historique et culturel,
gîtes et chambres d'hôtes, tourisme, gastronomie. 2 - Magazine d'histoire 36 pages couleur depuis 2001, une véritable encyclopédie de la vie d'autrefois


Magazine

Blog

Facebook

Google +

Twitter

Pinterest

Tumblr

Second Life

YouTube

Paris pittoresque

Prénoms

Citations latines