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Canon du XVe siècle précurseur du mortier - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Canon (Un) du XVe siècle utilisé lors
du siège de Constantinople
précurseur du mortier ?
(D’après « L’artillerie raisonnée » paru en 1761,
« Manuel des dates en forme de dictionnaire » paru en 1839
et « Le Magasin pittoresque » paru en 1872)
Publié / Mis à jour le mercredi 21 juin 2017, par LA RÉDACTION


 
 
 
Qui se douterait que le mortier, dont l’usage est attesté en 1634 au cours du siège de la citadelle de La Mothe (Haute-Marne) et qui consiste en une bouche à feu fort courte pour lancer des bombes, jeter des carcasses pleines de pierres ou de matières inflammables, eut pour premier inventeur le sultan des Turcs Mehmed II, qui l’employa pour la première fois au siège de Constantinople, en 1453 ?

La bombe utilisée dans un mortier est un gros boulet creux, que l’on remplit de poudre et qu’on chasse par le moyen du mortier. Elle produit deux effets : celui de ruiner les édifices les plus solides par son poids, et celui de causer beaucoup de dégâts par ses éclats ; car lorsque la poudre dont elle est chargée prend feu, son effort rompt ou crève la bombe, et en fait sauter les éclats à la ronde.

L’usage des mortiers est fort ancien ; Blondel le croit du temps des plus vieux canons, mais il pense qu’alors les mortiers ne servaient qu’à jeter des pierres et des boulets rouges, ces derniers n’étant autre chose que des boulets rougis sur un gril de fer prévu à cet effet avant d’être portés dans le canon avec des tenailles ou des espèces de cuillères de fer.

Mortier de fonte moderne, créé vers 1613, attribué à Jean Théodore de Bry (1561-1623)
Mortier de fonte moderne, créé vers 1613, attribué à
Jean Théodore de Bry (1561-1623). © Musée de l’Armée, Paris

Selon l’historien Famiano Strada (1572-1649), les premières bombes furent jetées, en 1588, au siège de Wachtendonck, ville du duché de Gueldre (ancien duché du Saint-Empire romain germanique). Elles avaient été inventées peu de temps auparavant par un habitant de Venlo, ville du voisinage, qui voulant faire voir les effets de cette invention du duc de Clèves, brûla, contre son intention, les deux tiers de cette ville, les bombes ayant mis le feu aux édifices, de manière qu’on ne put trouver le moyen de l’éteindre promptement.

Quoi qu’il en soit, c’est seulement au premier siège de la Motte, en 1634, qu’on en voit l’usage dans nos armées. Voici un récapitulatif des dates relatives à l’emploi des armes à feu en France dans les premiers siècles suivant leur avènement : en 1340, la ville du Quesnoy se défend avec des canons et des bombardes ; en 1372, quelques vaisseaux français sont armés de canons ; en 1382, on se sert de bouches à feu, et d’armes à feu portatives à la bataille de Roosebeke opposant les Flamands au roi Charles VI ; en 1388, emploi de canons et de bombardes devant La Rochelle ; en 1428, Orléans fait usage de fusées dans sa défense ; en 1452, l’ingénieur Bureau jette des fusées dans Harfleur ; en 1478, on coule en France douze pièces de bronze qu’on appelle les douze pairs, le fondeur J. Mocque étant tué par l’explosion d’une de ces pièces ; en 1494, Charles VIII a une nombreuse artillerie de bronze, un dixième de son infanterie a des arquebuses.

En 1501, Louis XII a un vaisseau qui porte 200 bouches à feu ; en 1510, on commence à se servir de l’arquebuse, lançant une balle forte d’une once ; en 1528, Marseille possède une pièce du calibre de 106 livres ; en 1525, les mousquets causent un grand ravage à la bataille de Pavie ; en 1543, les tirailleurs français à cheval ont des pétrinals dont le canon a deux pieds et demi de long ; en 1544, emploi d’une pièce en fer, pesant 6831 kg, forgée à Saint-Dizier ; en 1565, une pièce parvient, à Montfaucon, à tirer deux cents coups en neuf heures ; en 1579, invention du pétard par les Huguenots ; en 1582, on coule des pièces de vingt-quatre à Toulouse ; en 1590, le pistolet est adopté pour la cavalerie ; en 1598, publication des modèles d’artifices de feu de Boillot.

Mortier de 12 pouces datant de la fin du XVIIIe siècle
Mortier de 12 pouces datant de la fin du XVIIIe siècle. © Musée de l’Armée, Paris

En 1620, invention de l’obusier par Renaud-Ville ; en 1620, adoption du demi-canon espagnol, du calibre de 24 ; en 1621, on donne des mousquets à la cavalerie ; en 1627, au siège de La Rochelle, on tire avec succès des grenades cylindriques ; en 1629, expériences faites avec des couleuvrines de diverses longueurs ; en 1634, l’ingénieur Matthas fait connaître l’usage du mortier ; en 1635, on donne des fusils à pierre à la cavalerie ; en 1646, fondation de la fabrique d’armes de Tulle ; en 1646, Turenne a soixante bouches à feu : il n’en avant que vingt-deux auparavant ; en 1659, on emploie des gargousses en papier ; en 1671, création d’un régiment de fusiliers, tous armés de fusils à baïonnettes ; en 1679, création de l’école d’artillerie de Douai ; en 1683, on connaît les grains de lumière à vis mis à froid ; en 1686, introduction du mortier d’épreuve ; en 1688, Vauban invente le tir à ricochet, et se sert pour la première fois du tir à boulet rouge ; dans la même année, création de la manufacture d’armes de Charleville ; en 1690, adoption de la cartouche d’infanterie ; en 1692, fusil-mousquet de Vauban.

Nous extrayons un passage très curieux d’une Vie de Mehmed II — septième sultan de l’Empire ottoman — publiée au XIXe siècle d’après un manuscrit grec de la Bibliothèque du Seraï, à Constantinople. L’auteur est un certain Cristobule, d’Imbros, sur lequel nous ne possédons que des données très incomplètes, fournies par le manuscrit lui-même.

Pour bien comprendre le récit qui va suivre, il convient de remarquer : 1° que les Turcs occupaient la colline sur laquelle est bâti actuellement le faubourg de Péra ; 2° qu’entre eux et la Corne d’Or, où était mouillée la flotte grecque, s’étendait la ville de Galata, occupée par les Génois, et dont les hautes murailles, formant une enceinte continue flanquée de tours, masquaient en grande partie la vue du port et interceptaient te tir de leur artillerie.

« Le sultan, voyant l’insuccès de ses attaques, eut recours à un nouvel engin de guerre. Il appela les ingénieurs de son armée, et leur demanda s’il ne serait pas possible d’atteindre et de couler bas les vaisseaux grecs mouillés à l’entrée du port, au moyen de grosses pierres lancées par des pièces d’artillerie. Ceux-ci répondirent que la chose était impraticable, par suite de l’obstacle que présentaient les murs de Galata, placés entre eux et la Corne d Or.

« C’est alors que le sultan Mehmed émit l’idée d’une forme de bouche à feu tout à fait nouvelle, en expliquant aux ingénieurs comment il serait possible, au moyen de quelques changements dans la construction et dans la forme, d’obtenir un engin qui, pointé en l’air d’une certaine façon, lancerait à une certaine hauteur un boulet de pierre, lequel, retombant ensuite perpendiculairement sur les navires grecs, les écraserait par son poids et les engloutirait dans l’abîme.

Siège de Constantinople en 1453
Siège de Constantinople en 1453 (Enluminure extraite d’un manuscrit publié vers 1470-1480)

« Les ingénieurs, après avoir fait leurs calculs, trouvèrent qu’en effet la chose était possible, et fabriquèrent un nouveau canon d’après l’esquisse que le sultan avait tracée. Ensuite, après avoir reconnu le terrain, ils amenèrent leur pièce un peu au-dessus de la ville de Galata, sur une petite colline vis-à-vis des vaisseaux ; puis, l’ayant mise en position, ils y mirent le feu, et la pierre, lancée à une grande hauteur en l’air, vint retomber dans la mer à une faible distance des vaisseaux, mais sans les atteindre.

« Alors ils chargèrent leur pièce de nouveau, après avoir rectifié la position, et cette fois la pierre, après s’être élevée à une hauteur encore plus grande, retomba avec un bruit terrible au milieu d’un des navires, qui fut entamé par la violence du choc et coulé instantanément, tandis qu’une partie des matelots étaient écrasés, et une autre partie noyés dans les flots. Un petit nombre échappèrent à la mort en gagnant à la nage les bâtiments qui étaient proches. Cet événement causa un trouble et une terreur indicibles dans la ville ».

Si ce canon d’un nouveau genre, imaginé par Mehmed qui en fit un si terrible usage contre les malheureux Grecs, n’est pas le mortier, il en est du moins le précurseur. D’où le Conquérant avait-il pris son invention ? Il est vraisemblable qu’elle lui fut suggérée secrètement par quelque savant ou quelque aventurier grec ou italien attaché à son service, et dont le nom sera resté inconnu.




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