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30 mai 1431 : exécution de Jeanne d'Arc - Histoire de France et Patrimoine


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30 mai 1431 : exécution de Jeanne d’Arc
Publié / Mis à jour le lundi 30 mai 2016, par LA RÉDACTION



 

Celle qui avait sauvé la France et qui expiait dans les fers ses merveilleux exploits, était née à Domremy, dans un vallon arrosé par la Meuse, entre Neufchâteau et Vaucouleurs. Son père se nommait Jacques d’Arc, et sa mère Isabelle Romée : cinq enfants, trois fils et deux filles étaient issus de leur union. Entre toutes ses compagnes, Jeanne se distinguait par sa beauté, par sa douceur, par une timidité excessive, et par une ardente piété. Sérieuse et pensive, elle fuyait les danses et les jeux, pour aller prier dans une église. Ne sachant ni lire ni écrire, elle était habile à tous les travaux de son sexe, et même à ceux des champs. Comme dans le troupeau que possédait son père, il se trouvait des chevaux, Jeanne apprit de bonne heure un exercice dont elle tira plus tard un si grand parti.

Le spectacle des guerres civiles avait frappé vivement l’âme de cette jeune fille, qui aimait sa patrie autant qu’elle craignait Dieu. Dès l’âge de treize ans, quelque chose d’extraordinaire se manifesta dans tout son être : elle eut des visions, des extases, entendit des voix. « L’âge, dit un de ses biographes, n’avait point développé dans Jeanne d’Arc les infirmités périodiques qui caractérisent la faiblesse de son sexe ; elle ne les connut jamais, et cette disposition de ses organes mérite d’être remarquée. »

Jeanne d'Arc sur le bûcher
Jeanne d’Arc sur le bûcher

Ses voix, telle est l’expression même dont elle se servait, lui ordonnèrent d’aller en France et de faire lever le siège d’Orléans. Elle résolut d’obéir. Elle se rendit à Vaucouleurs, chez le capitaine Baudricourt, que ses voix lui avaient désigné comme devant faciliter son entreprise, et qui, d’abord peu convaincu de sa mission, ne lui opposa que des obstacles. Jeanne en triompha : deux gentilshommes se chargèrent de la conduire auprès du roi. Alors l’héroïne fit couper sa longue chevelure, prit des habits d’homme, demanda et reçut, par lettre, le pardon de son père et de sa mère, pour sa désobéissance envers eux, et se mit en route.

Après un voyage de cent cinquante lieues, dans une saison rigoureuse, à travers un pays coupé par une infinité de rivières, Jeanne arriva à Fierbois, village de Touraine, et de là, se rendit à Chinon, où se trouvait la cour. Elle reconnut Charles VII, qui se cachait dans la foule, et lui déclara qu’elle venait, de la part de Dieu, prêter secours à lui et à son royaume. En écartant même de cette entrevue quelques circonstances que l’histoire ne peut admettre, il reste encore dans les discours de Jeanne, dans ses promesses, et surtout dans la simplicité sublime qui les accompagnait, assez de mystère et de grandeur pour légitimer la soudaine confiance du monarque et de ses guerriers.

Jeanne était inspirée, on n’en pouvait douter ; mais il restait une grande question à décider pour un siècle superstitieux et crédule : cette inspiration venait-elle de Dieu ou du prince des ténèbres ? Ni des examens, ni des interrogatoires multipliés, ni même une surveillance continuelle des actions de la jeune fille, fortifiée d’une enquête sur sa vie passée, n’avaient pu suffisamment détruire les incertitudes de Charles VII. Une dernière et décisive épreuve fut ordonnée. Selon les idées du temps, le démon ne pouvait contracter d’alliance avec une vierge : restait donc seulement à vérifier si Jeanne était encore telle. Les matrones assemblées confirmèrent à cet égard sa propre déclaration. Dès lors s’évanouit tout soupçon de magie et de sortilège.

Quatre mois suffirent à peine aux préparatifs de l’horrible tragédie méditée par la vengeance des Anglais. Jeanne, renfermée d’abord au château de Beaulieu, changea plusieurs fois de prison. Le duc de Bedford voulait la faire condamner comme sorcière, pour relever son parti abattu et pour infamer le roi de France. Un conflit de juridiction s’éleva entre un frère Martin, vicaire général de l’inquisition, et Cauchon, évêque de Beauvais, expulsé de son siège, qui tous deux prétendaient la soumettre à leur tribunal.

L’Université de Paris écrivit au duc de Bourgogne, pour que la Pucelle fût traduite devant un tribunal ecclésiastique , comme suspecte de magie et de sortilège. C’était servir lâchement les projets de Bedford. Mais il fallait arracher la victime des mains de Jean de Luxembourg. Avec des menaces et de l’or, on en vint à bout. Jeanne fut livrée à un détachement de troupes anglaises, qui la conduisirent à Rouen.

Là s’instruisit ce procès monstrueux, éternel monument de honte et de barbarie. Pierre Cauchon et un inquisiteur nommé Lemaire, assistés de soixante assesseurs, se constituèrent juges de l’infortunée Jeanne, qui ne se montra pas moins admirable devant ses bourreaux, que devant les ennemis de son roi. Tout ce que, d’une part, on peut tenter par la ruse, la perfidie, la bassesse ; tout ce que, de l’autre, on peut opposer de candeur, de bon sens, de haute éloquence, les juges et l’accusée le firent voir. Les réponses de Jeanne, de cette fille si simple, si ignorante, étaient toujours aussi justes, aussi précises que si, pour les préparer, elle eût eu des lumières et du temps.

Jamais elle ne tomba dans la contradiction la plus légère. Loin de nier les prédictions qu’elle avait faites, elle en ajouta de nouvelles. Chose remarquable ! elle dit à ses juges qu’avant sept ans, les Anglais abandonneraient un plus grand gage, qu’ils n’avaient fait devant Orléans ; et cette prophétie, constatée par la grosse authentique du procès, s’accomplit à la lettre. Interrogée sur ce que ses saintes lui avaient dit relativement à l’issue de son procès, elle répondit : Mes voix me disent que je seray délivrée par grant victoire, et après me disent mes voix : Pran tout en gré ; ne chaille (soucie) de ton martyre ; tu t’en venras (viendras) enfin au royaume de Dieu ; et ce me disent mes voix, c’est à savoir sans faillir. Et appelle ce (cela) martyre pour la peine et adversité que seuffre en la prison : et ne sçay si plus grand seuffriray, mais m’en acte (rapporte) à notre Seigneur.

Vainement on entourait Jeanne de trahison et d’artifices ; le procès n’avançait pas. On prit le parti de réduire à douze chefs le résultat des interrogatoires, et l’on écrivit à l’Université de Paris pour prononcer sur des questions générales posées sans aucune spécification d’accusée, de juges, ni de procès. L’Université rendit une sentence conforme au vœu du tribunal de Rouen. Le 24 mai 1431, deux échafauds ayant été dressés sur la place du cimetière de Saint-Ouen, l’un pour l’évêque de Beauvais, le vice-inquisiteur, le cardinal d’Angleterre, l’évêque de Noyon, l’évêque de Boulogne et trente-trois assesseurs, l’autre pour Jeanne et Guillaume Erard.

Chargé de la prêcher, ce dernier prononça un discours rempli des invectives les plus grossières contre Charles VII et ses sujets restés fidèles ; après quoi, on lut à Jeanne une cédule d’abjuration, et on la somma d’abjurer. Jeanne déclara d’abord qu’elle n’entendait pas ce mot, et ensuite qu’elle s’en rapportait à l’Eglise universelle. Enfin, ébranlée par la menace d’être brûlée, si elle ne signait immédiatement l’acte qu’on lui présentait, elle se résigna, et souscrivit la cédule, qui contenait simplement promesse de ne plus porter les armes, de laisser croître ses cheveux, et de quitter l’habit d’homme. A cette pièce, lue publiquement, on en substitua une autre dans laquelle Jeanne s’avouait coupable de tous les crimes.

Cependant la sentence prononcée par l’évêque de Beauvais, et qui condamnait Jeanne, en réparation de ses fautes, à passer le reste de ses jours au pain de douleur et à l’eau d’angoisse, irrita violemment les Anglais, qui en voulaient à sa vie. L’un de ses juges leur dit : N’ayez cure, nous la retrouverons bien. Il tint parole : une nuit, pendant que Jeanne dormait, on lui enleva les habits de femme qu’elle avait repris, et on mit à la place des vêtements d’homme, dont elle fut obligée de se couvrir. Alors des témoins apostés prennent acte de cette prétendue transgression ; le lendemain le tribunal délibère, pour la forme, et prononce la sentence qui condamne Jeanne d’Arc « comme relapse, excommuniée, rejetée du sein de l’Eglise, et jugée digne par ses forfaits d’être abandonnée à la justice séculière. »

Dès le matin du jour fatal (30 mai), le bûcher s’élève sur la place du Vieux-Marché ; Jeanne y est conduite dans un chariot qu’entourent des soldats anglais, armés de haches, de glaives et de lances. On lui lit sa sentence, et quand des soldats la saisissent, elle s’écrie en invoquant le Seigneur : Ah ! Rouen ! Rouen ! seras-tu ma dernière demeure ? On place sur sa tête la mitre de l’inquisition, avec ces mots écrits : « Hérétique, relapse, apostate, idolastre. » En face du bûcher figure un tableau chargé de qualifications non moins fausses et non moins odieuses.

Prête à monter sur le bûcher, Jeanne demande instamment un crucifix : un Anglais rompt un bâton, le croise ; Jeanne le reçoit, le baise, et le place dans son sein. On l’attache à une colonne en plâtre, construite exprès, et l’on allume le feu. Pour ne laisser aucun doute sur la mort de la victime, on avait élevé le bûcher à une hauteur extraordinaire, ce qui rendit le supplice plus lent et plus douloureux. Tant que Jeanne conserva un souffle de vie, on entendit le nom de Jésus sortir du sein des flammes. Après sa mort, le cardinal de Winchester ordonna qu’on rassemblât ses cendres, et qu’on les jetât dans la Seine.

Charles VII, qui ne tenta aucun effort pour délivrer Jeanne, voulut, cinq ans après, que son procès fût révisé et sa mémoire réhabilitée. La gloire de Jeanne n’en avait pas besoin ; et Charles VII se trompa, s’il crut ainsi sauver la sienne. Les juges qui avaient condamné la Pucelle devinrent un objet d’horreur pour les Français et pour les Anglais eux-mêmes. Louis XI pensa que son père n’avait pas assez fait en cassant leur sentence ; il fit instruire leur procès. La plupart d’entre eux étaient morts ; mais il en restait deux, qui subirent la peine du talion.

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