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Coucou de Paris, voiture hippomobile capricieuse circulant autrefois. Transport à cheval - Histoire de France et Patrimoine


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Anecdotes insolites

Petite Histoire de France et anecdotes, brèves et faits divers insolites, événements remarquables et curieux, événements anecdotiques


Coucou de Paris : voiture hippomobile
« capricieuse » circulant autrefois
(D’après « Musée universel », paru en 1872)
Publié / Mis à jour le lundi 20 juin 2016, par LA RÉDACTION


 
 
 
Les jeunes générations actuelles ne connaissent sous le nom de coucous que les horloges jadis fabriquées dans la Forêt Noire. Mais se souvient-on que cette appellation désignait jadis les cabriolets aux capricieux cochers contenant de six à douze voyageurs, attelés d’un cheval, rarement de deux chevaux, et qui faisaient le service des environs de Paris, notamment de Saint-Cloud, Saint-Denis, Vincennes, Sceaux, et des localités intermédiaires ?

A la fin du XIXe siècle déjà, aucun véhicule alors en usage à Paris n’aurait su donner l’idée des coucous. La caisse en était généralement mi-partie de jaune et de noir, avec une bande habituellement rouge, sur laquelle étaient écrits ces trois mots : Voiture à volonté.

A volonté de qui ? Public et cocher ne s’accordaient pas, chacun prétendant que c’était à la sienne. Celui-là avait hâte de partir ; celui-ci tenait à ne se mettre en route que complet. Or, ce complet était tort élastique, beaucoup plus assurément que les parois de la voiture. Le nombre légal, inscrit sur la voiture, était de six places, plus deux voyageurs assis à côté du cocher, et que l’on appelait lapins, on ira jamais bien su pourquoi.

Dans les jours ordinaires, le cocher partait volontiers avec six voyageurs en tout, comptant bien recruter des lapins sur la route. Mais les dimanches et jours de fête, il entassait huit, dix voyageurs dans l’intérieur, en mettait trois, parfois quatre sur sa banquette, s’asseyant, lui, sur le brancard.

Il fallait du temps pour ce recrutement ; aussi les premiers voyageurs montés s’impatientaient-ils et criaient-ils après le cocher qui, sans s’émouvoir, répondait qu’il attendait deux voyageurs, qu’il les voyait venir là-bas. Cependant, le cheval, quel cheval ! broyait philosophiquement son foin, en bête bien apprise et sachant le temps que devaient mettre à venir les voyageurs annoncés par son maître.

Route de Saint-Cloud. Dessin de Carle Vernet (1820)
Route de Saint-Cloud. Dessin de Carle Vernet (1820)

Il arrivait parfois que les voyageurs de la voiture, à bout de patience, se décidaient à descendre. Mais alors, le cocher s’y opposait : ces voyageurs étaient à lui, ils n’avaient le droit ni de prendre une autre voiture, ni de s’en aller à pied. Il y avait des gens que ces arguments persuadaient et qui reprenaient leur place avec résignation. Il y en avait aussi de plus rétifs qui tenaient à user de leur liberté ; il leur fallait parfois la reconquérir à coups de poing, les sergents de ville n’étant pas encore inventés.

Il n’était pas sans exemple que l’on partît et même qu’on arrivât, après quelques heures d’une marche calme et majestueuse. Jamais le pacifique cheval ne prenait le mors aux dents et ne s’emportait ; mais parfois, il tombait de lassitude. Les voyageurs aidaient à le relever, et les plus ingambes ou les plus pressés achevaient la route à pied pour alléger le fardeau de la pauvre bête et aussi-pour arriver plus vite.

Le triomphe des cochers, c’était le retour, quand le public s’était porté en foule à une fête des environs, par une belle matinée, et que, le soir venu, la pluie se mettait à tomber, une de ces pluies qui durent des heures. Alors, le cocher élevait ses tarifs de minute en minute, et, quelquefois, c’étaient les voyageurs eux-mêmes qui mettaient l’enchère : il fallait revenir à tout prix.

Les principales stations de coucous étaient au Cours-la-Reine, pour Saint-Cloud et même Versailles et Saint-Germain ; à la porte Saint-Denis pour Saint-Denis ; à la Bastille pour Vincennes ; à la rue de l’Est et précédemment rue d’Enfer, pour Palaiseau, Sceaux et environs.

Il se faisait, à cette dernière station, une agréable et spirituelle plaisanterie. Un cocher, ayant besoin de compléter sa cargaison, ne manquait pas de crier : « Encore un pour Sceaux ! » Et il se trouvait quelque voyageur qui montait en riant beaucoup de cette gauloiserie.

Les chemins de fer ont tué les coucous de Paris. Le dernier persista quelques mois au Cours-la-Reine ; il s’intitulait : le coucou obstiné. Force lui a été de faire comme les autres, de céder.




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