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Louise Labé, la Belle Cordière. Poétesse de la Renaissance. Portrait, biographie - Histoire de France et Patrimoine


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Personnages : biographies

Vie, oeuvre, biographies de personnages ayant marqué l’Histoire de France (écrivains, hommes politiques, inventeurs, scientifiques...)


Louise Labé dite la Belle Cordière :
poétesse de la Renaissance
(1524-1566)
(D’après « Les femmes dans l’Histoire. Les Amazones », paru en 1901)
Publié / Mis à jour le mardi 9 septembre 2014, par LA RÉDACTION



 
 
 
En des temps féconds en catastrophes, cruels même pendant la paix, puisqu’ils furent marqués par la rivalité de Charles-Quint et de François Ier, particulièrement par la défaite, à Pavie, du vainqueur de Marignan et sa captivité dans le sombre château de Madrid, une femme naquit, qui fut bien la digne sujette de ce roi-chevalier fait pour la guerre, les lettres et l’amour. Et dans l’histoire de sa vie vous retrouverez les déchirements de ce siècle, dans sa personne un reflet de cette époque unique entre toutes dans les fastes de l’art qui s’appelle la Renaissance.

Comme la poésie et l’éloquence dans les Gaules, elle eut pour berceau Lyon, cette ville étrange, cette émule, dans les beaux-arts, de Marseille et même de Rome, au temps des empereurs, qui compte parmi ses enfants, à côté du plus sage, le plus abject des maîtres du monde ancien, le doux Marc-Aurèle, et « cette bête féroce d’Ausonie » qu’on nomme Caracalla. Avec les deux femmes célèbres, qui devaient être aussi les compatriotes de Louise Labé, notre héroïne, on ferait un délicieux groupe, comme celui des Grâces à la villa Borghèse, symbolisant trois époques mémorables et bien différentes, la Renaissance, le déclin du XVIIIe siècle et l’aurore du XIXe en Louise Labé, Mlle de Lespinasse et Mme Récamier.

Louise Labé
Louise Labé
Dans cette trinité, la destinée de Louise, quoique la plus ignorée, est la plus curieuse, la plus brillante même. Parmi ses aïeules, on compte Sapho et Jeanne d’Arc. Elle tient de celle-là, en légal héritage, sa lyre passionnée de poétesse lesbienne, et elle reçut de la vierge de Domrémy la mystérieuse épée qu’elle trouva derrière l’autel de sainte Catherine de Fierbois.

Serait-ce que de loin, avec le recul du temps et dans le mirage du passé, les choses et les êtres prennent d’étranges et magiques proportions ? Debout sur les ruines du Moyen Age, les silhouettes des héros de ce temps paraissent-elles agrandies ? Mais l’existence de Louise Labé déroule à nos yeux étonnés des épisodes fabuleux d’épopée amoureuse ! Quel tableau que celui de sa jeunesse ! Ce conte épique débute comme un conte de fée.

Il y avait, une fois, une jeune fille parfaite en tous points, maniant admirablement le luth d’une main qui devait balancer l’épée, excellant à chanter, à baller et sonner, se distinguant dans la broderie, « cet art de peindre avec l’esguille », sachant la langue latine « au-dessus et outre la capacité de son sexe » et écrivant assez facilement en italien et en espagnol. Cette enfant faisait le bonheur des siens et l’admiration de tout le monde. Il se donnait, à cette époque, de fréquents tournois ou plutôt des scènes guerrières dont le motif était emprunté à l’histoire romaine. Il est permis de croire que les dames ont pris maintes fois part à ces sortes de représentations, car l’usage du cheval était commun à la plupart des femmes, en ce temps où les voitures étaient rares.

Une jolie personne comme Louise Labé, aussi adroite écuyère qu’habile archer, ne devait pas craindre de montrer, dans ces réunions d’apparat, les talents qu’elle savait déployer en petit comité, d’autant plus qu’elle avait pour frère un « maistre joueur d’épée ». C’était de famille. Les vers suivants dé l’auteur des Louanges de Louise Labé font une allusion transparente à de tels exploits :

Là, sa force elle déploie,
Là, de sa lance elle ploie
Le plus hardi assaillant,
Et, brave dessus la selle,
Ne démontrait rien en elle<
Que d’un chevalier vaillant.

Or, voici qu’un jour les frissonnants étendards du roi de France passent dans les rues de Lyon, sous la fenêtre de sa chambrette de vierge, pour se rendre devant Perpignan, où se tient l’ennemi. Elle a le cœur héroïque, et comme si, elle aussi, elle entendait des voix, elle laisse « les molz habiz de femme » et s’enrôle sous les bannières de France. A dix-sept ans, la voilà chevauchant par les vaux du Roussillon.

Elle porte la lance avec une grâce fière et maîtrise habilement un superbe destrier au milieu des troupes du dauphin, comme autrefois Jeanne la Pucelle, sur la route d’Orléans, tenant en main son étendard de satin blanc semé de lys d’or. Et devant cette ville hérissée de canons, « pareille à un porc-épic qui, de tous côtés, étant courroucé, montre ses pointes », dit Guillaume du Bellay, sa valeur fait des prodiges.

Puis ayant la senestre,
L’espée ceinte, à la destre,
La dague, enrichie d’or,
Et s’en allant toute armée,
Elle semblait par l’armée
Un Achille ou un Hector.

Les chevaliers français, émerveillés de son intrépidité, la surnomment le capitaine Loys. Tous veulent mourir à ses côtés, rivaux en héroïsme. C’est une indescriptible effervescence, Les biographes de Louise sont d’accord là-dessus.

Qui dira combien de passions elle a allumées, passions violentes et muettes ? Car on pourrait appliquer à Louise Labé ces paroles des Posthomériques, où Quintus de Smyrne dit d’Hélène : « Tout autour les troupes étaient éblouies, en voyant l’éclat et les merveilles de cette beauté sans défaut, et personne n’osa l’attaquer de traits méchants, ni en arrière, ni en face ; mais ils la regardaient comme une divinité, avec délices, comme l’objet désiré. »

Oui, cette femme, dont Eschyle eût dit, comme en parlant d’Iphigénie, qu’elle était belle comme l’Art, a tant de prestige sur les âmes fougueuses, de ces guerriers qu’elle les dompte, les maîtrise et rend leur passion respectueuse. C’est une adoration silencieuse, comme au pied des autels, qui incline lès fronts devant-cette vierge guerrière. Et la voix terrible du canon gronde autour d’eux.

Louise Labé reste invulnérable, telle la chaste Artémis. Cependant on raconte que, pareillement au troubadour disant des canzones sous les fenêtres des manoirs, un jeune chevalier venait chanter chaque jour près de sa tente. Si cela est vrai, Mars fut vaincu sans que Vénus triomphât. Le capitaine Loys quitta l’armée pour fuir ce chant d’amour, et l’histoire nous tait le nom de ce mortel, de « l’homme de guerre » plus heureux ou plus malheureux que les autres.

Pour singulière que soit cette équipée « semi-guerrière, semi-amoureuse » d’une jeune fille quittant le toit paternel et allant vivre la vie des camps, trois mois durant, nul ne s’avisa de l’en blâmer. Non seulement les chevaliers, ses compagnons d’armes, l’entourèrent de respect, mais les bourgeois de Lyon, ses contemporains, applaudirent à cette aventure.

Toutes les lyres chantèrent le courage, la beauté et la vertu de cette chevaleresque compatriote. Ne trouvant d’exemples dignes d’elle que dans les temps héroïques, les poètes la comparèrent, comme nous l’avons vu, ou à Achille ou à Hector. Tel célébra l’or de ses cheveux, « sa tresse dorée », comme elle dit elle-même ; tel autre, le rose qui colorait le lis de son teint ; celui-ci, la douce gravité de son front, celui-là, sa bouche coraline et les soleils de ses yeux, qui serraient mainte âme en prison ; tous, cette grande beauté qui les tenait en son pouvoir. Les poètes exagéraient. Ce qui est certain, c’est que Louise Labé fut une jolie blonde, aux yeux caressants, à la bouche fine, au front intelligent et dont le corps, en vieillissant, devint potelé sans perdre sa souplesse.

C’est avant tout une artiste et une prodigieuse artiste que Louise Labé. D’une nature excessive, elle ne fait rien qu’avec avidité, selon son expression. Ses goûts sont des passions. La musique, la chasse, la guerre absorbent sa jeunesse ; de retour à Lyon, elle se donne toute à la poésie.

Son début fut cette œuvre exquise, ce mythe ingénieux dont La Fontaine a tiré sa délicieuse fable La Folie et l’Amour. « La plus belle fable des Grecs est celle de Psyché, dit Voltaire, la plus plaisante, celle de la matrone d’Ephèse, la plus jolie parmi les modernes, celle de la Folie, qui, ayant crevé les yeux à l’Amour, est condamnée à lui servir de guide. L’honneur de cette création appartient à Louise Labé. »

De cette époque datent aussi quelques sonnets, qui devaient plus tard alarmer les pudeurs d’âmes austères dans un siècle licencieux où les « honnêtes dames » faisaient de l’Heptaméron leur livre de chevet. Connaissant Louise si passionnée et si sincère, on ne peut s’étonner qu’elle ait dépeint l’amour avec cette exaltation qui la caractérise et avec les couleurs chaudes et brillantes dont son imagination ardente revêtait toutes choses.

Si de mes bras le tenant accolé,
Comme du lierre est l’arbre encercelé
La mort venait de mon âme envieuse.
(...)
Bien je mourrais, plus que vivante heureuse.

A qui s’adressaient ces vers, qui donnent la sensation d’une étreinte passionnée, si ce n’est à ce jeune chevalier travesti en trouvère devant Perpignan assiégé et qui s’en fut guerroyer par delà les monts en Italie, où il trouva la mort sans savoir qu’il était aimé ? Oh ! cette mort, quelle crise dans la vie de Louise Labé ! La jeune fille couvre d’un voile noir son bouclier d’amazone et à jamais renonce à la guerre. Dès lors le capitaine Loys n’existe plus, et Louise Labé devient la Belle Cordière, la femme d’Ennemond Perrin, riche négociant en cordages.

Incipit novus ordo. Cette nouvelle phase de sa vie, bien différente de la première, n’éveille plus les souvenirs de drames pleins de batailles et de tumulte, en ces temps légendaires où la troupe guerrière de la reine Hippolyte passait à travers l’Asie, l’arc à la main, et se jetait sur l’Attique. Elle évoque une douce image, l’image d’un passé lointain aussi, mais imprégné d’une poésie calme et forte, avec des acteurs modernes, comme Mme de Scudéry, Mme de Tencin ou Mme Geoffrin et leurs familiers ; on songe à Platon contant à ses disciples l’un de ses mythes favoris dans le jardin d’Académus, près de l’autel des Muses ou à l’ombre des platanes sous le regard des Grâces, dont les statues se dressent au tournant des allées.

Car cette femme de goût avait un plaisant jardin, disent les chroniques du temps, une vraie merveille, que les admirateurs comparaient à tous les miracles de la nature. Et souvent, appuyée au bras de Clémence de Bourges, elle s’y promenait, causant littérature en compagnie de Catherine de Vaugelas, Louise Sarrazin, Claudine Péronne, Jeanne Creste, Jeanne Gaillarde, Jacqueline de Stuart, Sibylle Scève, toute cette pléiade de femmes vives et spirituelles dont elle était l’étoile la plus brillante, pléiade formée au bruit des vers de Marot, par ce vent de poésie qui, à l’aube du XVIe siècle, soufflait sur toutes les âmes.

Pareille à Diane, entourée du chœur de ses nymphes, errant sous les vastes chênes, elle domine le cortège et se distingue par la noblesse de son attitude et la sérénité de sa beauté. Elle est devenue riche. Sa maison s’est ouverte à l’élite intellectuelle, et tous, gens de lettres, de sciences et du monde, viennent dans cette hospitalière demeure de la rue Confort, comme on fera plus tard à l’hôtel de Rambouillet, parfaire la politesse de leurs manières, affiner l’exquisité de leur langage ; on y prenait « d’exquises confitures » ; on y faisait aussi de la musique.

La Belle Cordière a développé les brillantes dispositions de Louise Labé. Non seulement elle parle avec charme et sait souligner d’une fine remarque les vers de Pétrarque, son poète favori, elle sait aussi accompagner du luth et danser la pavane « d’un petit geste non aultre que céleste ».

Mais le soupçon commence à l’effleurer : rancunes de femmes. Elle avait osé, dans une dédicace à Clémence de Bourges, prier les vertueuses dames lyonnaises « d’élever un peu leurs esprits par-dessus leurs quenouilles et fuseaux ». Et quelques-unes, ayant trouvé le conseil impertinent, ne le pardonnaient pas à la Belle Cordière. La violence de ses détracteurs leur ôte toute créance. S’il était besoin de la disculper, on citerait, entre tant d’autres, ces lignes de Paladin : « Louise avait la face plus angélique qu’humaine ; mais ce n’était rien à la comparaison de son esprit tant chaste, tant vertueux, tant poétique, tant rare en scavoir qu’il semblait qu’elle eust été créée de Dieu pour être admirée comme un grand prodige entre les humains ».

A la vérité, elle fut ce prodige. Les faits eux-mêmes le disent irréfutablement. Louise Labé était intimement liée à Clémence de Bourges, fille d’une des meilleures familles de Lyon. Ce fut même une touchante et bien rare amitié que celle de ces deux femmes, les deux muses, comme on disait, que la mort seule sépara. Les écrivains du temps appelaient Clémence « une perle vraiment orientale, la perle des demoiselles lyonnaises », de même qu’on appelait Marguerite d’Angoulême « la Marguerite des Marguerites, la perlé des Valois ».

Ce fut une victime de l’amour, frappée à mort du contrecoup qui enlevait l’aimé, le poète Jean de Veyrat, combattant en Dauphiné, au siège de Beaurepaire. On fit des obsèques magnifiques à cette jeune fille, qui s’honorait de l’affection de la Belle Cordière. On la porta, la tête couronnée des fleurs symboliques de la virginité, et le visage découvert, en sa dernière demeure. C’est à l’ombre de cette blanche couronne que doit reposer et dormir en paix la réputation respectée de Louise Labé.

Ennemond Perrin, qui la tint toujours en haute estime, l’institua, en mourant, son héritière universelle. Mais elle cloîtra sa vie, sitôt que veuve, alarmée et attristée par les méchants propos de quelques bourgeoises jalouses de l’éclat de ses réunions, par cette « malice envieuse » dont parle François de Billon, et qui empêche les hommes de s’endormir à table.

Et c’est peu de temps après, à quarante ans, qu’elle mourut, probablement dans toute la maturité de sa beauté, laissant un testament où sa fortune est distribuée d’une main aussi libérale qu’intelligente. De sorte qu’il convient, à tant de dons charmants qui l’ont rendue célèbre, d’ajouter la bonté.




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