Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
de la rubrique
Rois, empereurs, présidents
CLIQUEZ ICI

PHILIPPE VI de Valois ou le Bien Fortuné ou le Vrai catholique
(né en 1293, mort le 12 août 1350)
Roi de France : règne 1328-1350
Partie 4/6

Philippe voulait qu'avant toute négociation de la paix, Édouard renonçât au titre et aux armes de France qu'il avait pris depuis un an, démarche que son rival ne croyait pouvoir faire sans tomber dans le ridicule. Le pape, et ses nonces en France et en Angleterre, ne purent obtenir que des prolongations de trêve. La mort de Jean III, duc de Bretagne (1341), ralluma la guerre. Jean, comte de Montfort, frère du duc, disputa la couronne ducale à Charles de Blois, reconnu par les états, et qui avait épousé Jeanne de Penthièvre. Montfort fut appuyé par Édouard, Charles de Blois par Philippe, et cette guerre dura vingt-deux ans.

On vit alors le roi de France donner l'investiture du duché de Bretagne à un prince ; et le roi d'Angleterre, agissant comme roi de France, recevoir l'hommage, pour le même duché, d'un autre prince qui s'avouait son vassal. Cependant Montfort, cité à la cour des pairs, se rendit à Paris ; il nia d'avoir fait hommage à Édouard, défendit ses droits contradictoirement avec Charles de Blois, et prévoyant que la cour des pairs se déclarerait pour son rival, il s'évada secrètement, et ne vit plus d'espoir que dans les armes : mais les armes ne lui furent pas d'abord favorables.

Assiégé et pris dans le château de Nantes, il fut conduit prisonnier dans la tour du Louvre (1341). Jeanne de Flandre, sa femme, prit alors le casque, et, vaillante héroïne, défendit longtemps avec gloire la cause de son mari. Édouard, toujours perfidement conseillé par Robert d'Artois, vit que la Bretagne lui ouvrait l'Anjou, le Maine et la Normandie, et pourrait faciliter l'exécution de ses grands desseins sur la France. Il envoya des secours puissants à la comtesse de Montfort. Robert d'Artois en prit le commandement ; et la guerre qui s'était faite en Bretagne, entre Charles de Blois et Montfort, se fit entre les deux couronnes de France et d'Angleterre.

La fortune parut favoriser Philippe de Valois : de deux princes du sang déclarés contre lui, et qui avaient allumé la guerre, l'un, le comte de Montfort, était prisonnier dans la tour du Louvre ; l'autre, Robert d'Artois, légèrement blessé au siège de Vannes, que faisait Olivier de Clisson (1343), fut transporté à Londres et mourut traître à son pays sur une terre étrangère, laissant à la postérité l'affreuse renommée d'avoir été le principal auteur de toutes les calamités dont la France fut accablée pendant plus d'un siècle.

Édouard arriva en Bretagne, échoua dans les sièges de Rennes, de Nantes, de Vannes, et fut lui-même assiégé devant cette dernière place par plus de 40 000 Français et Bretons commandés par le duc de Normandie. Clément VI le tira de ce mauvais pas en engageant les deux rois à conclure une trêve de trois ans. Le comte de Montfort sortit de la tour du Louvre et mourut bientôt après. Olivier de Clisson, qui était prisonnier en Angleterre, fut relâché par Édouard.

Il se rendit à Paris pour assister au tournoi donné pour le mariage du second fils de Philippe avec la fille posthume de Charles le Bel. Clisson, accusé d'avoir acheté sa liberté aux dépens de sa fidélité, eut la tête tranchée (1345). Les seigneurs de Malétroit, père et fils, et quelques autres gentilshommes bretons et normands, subirent la même peine, et la trêve fut ainsi rompue. Artevelle avait été massacré à Gand dans une émeute populaire en voulant faire donner à Édouard le comté dé Flandre. La guerre recommença. Édouard débarqua à Bayonne, prit Bergerac, Aiguillon, la Réole, Tonneins, etc.

Depuis un an, les Anglais parcouraient la Guyenne sans qu'une armée française vint arrêter leurs succès. Le trésor de Philippe était vide. Ce prince mit alors un impôt sur le sel et Édouard l'appela par dérision l'auteur de la loi salique. Orléans devint bientôt le théâtre d'une sédition. Il y eut en Normandie des commencements de révolte qui retardèrent la marche de l'armée française : elle n'arriva à Toulouse que vers la fin de décembre (1345). Le duc de Normandie assiégea et prit Angoulême. Plusieurs autres places se rendirent aux Français. Effrayé à la nouvelle de ces conquêtes, Édouard vint débarquer à la Hague, en Normandie ; s'empara de Honfleur, de Valognes, de Carentan, de Saint-Lô, de Cherbourg, et se montra sous les murs de Caen : cette ville, presque sans fortifications, ne put être défendue par le comte d'Eu, connétable, par un grand nombre de seigneurs normands et par ses habitants. Le connétable et le comte de Tancarville y furent faits prisonniers et envoyés en Angleterre.

Le pillage dura trois jours. Édouard marcha sur Rouen ; mais Philippe était arrivé avec une armée ; il envoya offrir la bataille : Édouard répondit qu'il fallait la différer jusqu'à ce qu'il fût dans les campagnes de Paris, et il continua sa marche en remontant la Seine. Il brûla les faubourgs de Pont-de-l'Arche, ceux de Vernon et de Meulan ; s'avança jusqu'à Poissy et poussa des détachements qui brûlèrent le château de Saint-Germain en Laye, Nanterre et Rueil. Du haut des tours de Notre-Dame on voyait l'incendie s'étendre jusqu'au pont de Neuilly. Cependant l'armée de Philippe, marchant sur l'autre rive de la Seine, côtoyait l'armée d'Édouard. Le roi de Bohême, le duc de Lorraine, le comte de Flandre, rassemblaient une autre armée à Saint-Denis.

Déjà la retraite d'Édouard était devenue difficile. Ne pouvant traverser la Seine à Poissy, dont le pont était rompu, et en présence de l'armée de Philippe, il feignit de vouloir passer au-dessus. Philippe donna dans ce piège, et, tandis qu'il allait camper au pont Antony, Édouard revint sur ses pas : le pont de Poissy fut promptement rétabli et l'armée anglaise se trouva sur l'autre rive. L'avant-garde fut ensuite attaquée par les milices de Picardie, qui perdirent 1 200 hommes et tout leur bagage. Heureux peut-être autant qu'habile, Édouard, à qui tout réussissait, comprit néanmoins le péril de sa position et ne songea plus qu'à gagner la Flandre, fier d'avoir traversé la France en la ravageant et d'avoir porté l'épouvante jusque dans la capitale.

Philippe le poursuivit dans sa retraite. L'armée anglaise passa sous les murs de Beauvais, en brûla les faubourgs et arriva sur les bords de la Somme. Mais alors l'embarras des Anglais fut extrême : tous les ponts étaient fortifiés et gardés. Celui de Péquigny n'avait pu être forcé ; on n'osait attaquer celui de Saint-Rémy, défendu par 12 000 hommes. Philippe arrivait à Amiens avec une nombreuse armée ; il n'y avait pas un moment à perdre : il fallait passer la Somme ou mettre tout au hasard d'une bataille qui offrait peu de chances de succès.

Un des 15 000 prisonniers qu'Édouard traînait en triomphe après lui, séduit par l'appât des récompenses offertes, indiqua le gué de Blanquecaque, au-dessous d'Abbeville, et l'armée anglaise se trouvait déjà sur l'autre rive quand l'armée française se présenta pour la charger : quelques escadrons de l'arrière-garde furent seuls atteints et taillés en pièces. La marée qui commençait à monter rendant le gué impraticable, Philippe fut obligé de gagner le pont d'Abbeville. Édouard eut le temps de mettre entre les deux armées la forêt de Crécy.

:: Biographie de Philippe VI de Valois - Partie 1/6 - Partie 2/6
Partie 3/6 - Partie 5/6 - Partie 6/6


 

:: HAUT DE PAGE    :: ACCUEIL

Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
de la rubrique
Rois, empereurs, présidents
CLIQUEZ ICI