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LOUIS VII le Jeune, le Pieux, l'Éveillé ou Flores
(né en 1120, mort le 18 septembre 1180) Roi de France : règne 1137-1180 Partie 2/2
Suger eut raison de s'opposer au divorce ; le roi n'eut peut-être pas tort de séparer d'une femme qui le méprisait ; il ne pouvait la renvoyer sans lui rendre sa dot, car aussitôt tous les grands vassaux ne seraient armés pour l'amener à cet acte de justice. Cependant l'acquisition de la Guyenne et du Poitou ne fut pas si favorable aux rois d'Angleterre qu'on a l'habitude de le répéter : dès qu'ils furent assez puissants pour se faire redouter des seigneurs français, ceux-ci furent plus dévoués à leur roi : c'est ce qui explique pourquoi Louis VII et Philipte-Auguste, son fils, résistèrent plus aux monarques anglais qu'aucun de leurs prédécesseurs. En 1155, Louis épousa Constance, fille d'Alphonse, roi de Léon et de Castille ; cette princesse perdit la vie au mois de septembre 1160, en accouchant d'une fille ; c'était la quatrième que le roi avait de ses deux femmes. Il était sans héritier ; l'inquiétude devint si grande dans sa cour qu'il se décida dès le mois suivant à épouser Adélaïde, fille de Thibaut, comte de Champagne, qui était mort son ennemi ; cette alliance lui acquit les services d'une famille puissante. Ce ne fut que cinq ans après, en août 1165, que la reine accoucha d'un fils, qui reçut le nom de Philippe, et le surnom de Dieudonné, parce qu'on crut l'avoir obtenu du ciel par des prières et des aumônes ; ses hauts faits lui ont acquis dans la postérité le titre d'Auguste. Henri II, roi d'Angleterre, était actif, ambitieux, plus politique qu'aucun prince de son siècle ; il avait trop d'intérêts à démêler avec le roi de France pour que la guerre n'éclatât pas souvent entre eux : dans l'impossibilité de conclure la paix et de continuer les hostilités, on fit des trêves, dont le plus léger mécontentement provoqua la rupture ; mais, malgré ses talents et sa puissance, Henri ne remporta aucun avantage décisif, et plusieurs fois il fut obligé de s'humilier et de se reconnaître vassal du roi de France. En 1158, le monarque anglais vint à Paris, où Louis, voulant le recevoir le plus dignement qu'il lui était possible, lui céda son palais et alla loger lui-même au cloître Notre-Dame. Quatre ans plus lard, ces deux princes, qui vivaient encore en bonne intelligence, se rendirent ensemble jusqu'à Toucy-sur-Loire, au-devant du pape Alexandre III, que les deux monarques conduisirent à sa tente, marchant à côté de lui et tenant à droite et à gauche la bride de son cheval. Louis, qui avait eu tant à se plaindre des prétentions exagérées des ecclésiastiques, soutint contre le roi d'Angleterre Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, homme étonnant par la fermeté de son caractère, et qui fut le fléau de Henri. Lorsque ce prince vit ses enfants et sa femme Eléonore d'Aquitaine révoltés contre lui, il attribua ses malheurs à la conduite qu'il avait tenue avec Becket, et alla lui-même en habit de pénitent, pleurer sur le tombeau de l'archevêque. Louis VII secondait les fils de Henri, suivant en cela la politique des rois de France ; mais il avait un motif personnel pour soutenir Richard, l'un deux, qui devait épouser sa fille Alix, depuis longtemps en Angleterre. Henri promettait toujours de terminer ce mariage, et le retardait sans cesse, parce qu'étant amoureux d'Alix, il avait abusé de sa jeunesse pour la séduire ; et l'on présume avec raison que cette intrigue fut la cause de l'ardeur avec laquelle Éléonore soutint la révolte de ses enfants contre leur père. Louis VII mourut à Paris le 18 septembre 1180, à l'âge de 60 ans, dans la quarante-quatrième année de son règne. Il était tombé en paralysie dès l'année précédente, en revenant d'Angleterre, où il était allé prier sur le tombeau de Saint-Thomas de Cantorbéry, pour obtenir la guérison de son fils Philippe, dangereusement malade ; il ne fut pas plus de six jours hors de France, et à son retour, ayant trouvé le jeune prince entièrement rétabli, il se hâta de le faire couronner et le maria quelques jours après avec Isabelle, fille du comte de Hainaut. Quoique Philippe n'eût alors que quatorze ans, il gouverna pendant la vie de son père, et déploya tant de vigueur contre quelques vassaux qui croyaient le moment favorable pour se révolter, qu'il fut dès lors facile de prévoir ce qu'on devait attendre de lui. Louis VII a laissé la réputation d'un prince juste, libéral, brave de sa personne, mais simple dans sa conduite, et incapable de suivre les entreprises auxquelles il se livrait volontiers. Sa piété fut d'autant plus respectable, qu'elle ne l'empêcha point de défendre les droits du trône contre les usurpations des papes, et qu'elle arrêta la violence de son caractère, violence extrême, si l'on en juge par les premiers actes de son gouvernement. Il s'acquittait avec beaucoup d'exactitude de ses devoirs de religion, et passait une grande partie de son temps à l'église. Lorsque Becket vint en France, le monarque dit aux députés que le prélat lui adressa : « Il est bien étonnant que le roi d'Angleterre ait oublié ces paroles du Psalmiste : Mettez-vous en colère et ne pêchez pas. - Sire, lui répondit un des députés ; Il s'en serait peut-être souvenu s'il l'avait ouï chanter à l'office aussi souvent que Votre Majesté. » Un trait de sa vie mérite d'être conservé et le fait mieux connaître que tous les jugements portés par les historiens. Quand l'armée française eut été défaite par les Sarrasins, non seulement il prodigua ses trésors aux commandants et aux soldats qui avaient tout perdu ; mais sentant le besoin d'un chef unique, il assembla les seigneurs, leur fit ma proposition d'en élire un, et ajouta : « Moi-même, je serai le premier à donner l'exemple de l'obéissance, et je prendrai sans répugnance le poste qu'on m'assignera. » L'armée nomma Gilbert, simple gentilhomme ; et Louis obéit, ainsi qu'il s'y était engagé, quoiqu'il ne le cédât en bravoure à aucun de ses compagnons. Il fut enterré à l'abbaye de Barbeaux, près de Melun. En 1366, Charles IX fit ouvrir son tombeau ; le corps était conservé ; il avait des anneaux d'or aux doigts, et au cou une chaîne d'or, dont le monarque et les princes qui étaient présents s'emparèrent pour les porter en son honneur. Le 1er juillet 1817, les cendres de Louis VII ont été transportées de l'abbaye de Barbeaux, où elles étaient encore, à l'abbaye de Saint-Denis. Le nombre des villes affranchies ou communes augmenta sous son règne, et la royauté s'agrandit de ma diminution de la servitude ; car, moins il y avait de serfs des seigneurs, plus on comptait de sujets directs du roi. Pour diminuer le nombre des filles publiques il défendit qu'elles portassent des ceintures dorées, comme le faisaient les femmes honnêtes ; ce qui a donné lieu au proverbe : Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée. :: Biographie de Louis VII le Jeune - Partie 1/2 |
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