Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
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LOUIS IX ou SAINT-LOUIS
(né le 25 avril 1214, mort le 25 août 1270)
Roi de France : règne 1226-1270
Partie 2/4

Loin d'être considéré comme un acte de faiblesse, ce pardon après la victoire fit connaître aux grands vassaux qu'ils pouvaient sans honte se soumettre à un roi qui, à vingt-sept ans, défendait ses droits avec tant de courage et traitait ses ennemis avec tant de générosité. Aussi depuis cette époque ils ne songèrent plus à se révolter, et le prirent même souvent pour juge de leurs différends. La guerre contre le comte de la Marche avait été suivie d'un traité avec l'Angleterre. Vivement poursuivi par l'armée française, le monarque anglais demanda une trêve de cinq ans ; et cette trêve ne lui fut accordée qu'en payant à la France 5 000 livres sterling.

Louis IX avait éprouvé dans cette campagne une maladie grave dont il ressentait encore les suites. Dans l'année 1244, il retomba malade. Plus on appréciait les bienfaits de son règne, plus on craignait de le perdre. Comme le mal faisait des progrès effrayants et qu'on désespérait de sa vie, peuple et le clergé accouraient aux églises pour implorer la miséricorde du ciel ; on pleurait déjà sa mort, lorsque tout à coup il parut se ranimer, et prononça ces mots : « La lumière de l'Orient s'est répandue sur moi par la grâce du Seigneur, et m'a rappelé d'entre les morts. »

Le premier usage qu'il fit de la parole fut de demander la croix et de prononcer le serment d'aller combattre les infidèles. On venait d'apprendre en Occident que les Kharismiens, peuple chassé de la Perse par les Tartares, avaient pris Jérusalem et dévasté la Palestine. Cette nouvelle jetait la consternation parmi les fidèles ; et Louis IX, vivement affecté du malheur qu'éprouvaient les chrétiens de la terre sainte, voulut partir lui-même pour y porter remède.

En vain l'évêque de Paris, la reine Marguerite et la reine Blanche réunirent, à plusieurs reprises, leurs vives instances pour le détourner de son entreprise ; Saint-Louis resta inébranlable, renouvela son serment, et s'occupa des préparatifs de la croisade dont il devait être le chef. Il assembla à Paris un parlement auquel assista le légat du pape, et dans lequel il prêcha lui-même la guerre sainte.

Ses trois frères, un grand nombre de barons et de chevaliers, le comte de la Marche, le comte de Bretagne et plusieurs autres grands vassaux qui avaient troublé le royaume prirent la croix et promirent de suivre le roi en Asie. Les revenus de ses domaines, les tributs volontaires des villes, les décimes levés sur le clergé, lui fournirent l'argent nécessaire pour l'expédition.

Rien n'est plus touchant que de voir, à l'époque de son départ, les tendres sollicitudes, les soins multipliés du monarque pour ne laisser dans le royaume qu'il allait quitter aucun sujet de plainte, aucune trace d'injustice, aucun germe de trouble et de discorde. Il confia la régence à la reine Blanche, manda à Paris tous les barons de France, leur fit jurer fidélité. Le 12 juin 1248, il alla prendre à Saint-Denis l'oriflamme, le bourdon et la panetière, et accompagné de la reine Marguerite, des comtes d'Artois et d'Anjou, se rendit à Aigues-Mortes pour s'embarquer ; il prit et rasa sur sa route le château de Roger de la Roche-Gluy, qui pillait et détroussait les marchands et les pèlerins.

Il mit à la voile le 28 août 1248, et le 17 septembre aborda à Chypre, où il passa l'hiver. Au mois de mai suivant, Louis donna le signal du départ ; et la flotte qui portait les croisés français, après avoir essuyé une tempête, parut à la vue des côtes de l'Égypte. On assembla un conseil pour savoir si l'on opérerait sur-le-champ une descente : Louis parla avec tant de force et d'énergie, qu'il enflamma le courage de tous ceux qui l'écoutaient ; l'armée entière descendit ou plutôt se précipita sur le rivage en présence des Sarrasins.

Louis animait les croisés par son exemple : l'armée musulmane fut mise en déroute ; et le lendemain du combat, le roi de France, précédé du clergé, marchant les pieds nus, entra dans Damiette, que les ennemis avaient abandonnée. Comme on approchait du temps marqué pour l'accroissement des eaux du Nil, on résolut de séjourner quelque temps à Damiette, et d'attendre l'arrivée du comte de Poitiers, frère du roi, qui devait venir avec l'arrière-ban de la France.

Ce séjour corrompit les mœurs des croisés, altéra parmi eux la discipline, et fit naître des désordres dont la piété du monarque fut vivement affectée. Enfin, le comte de Poitiers arriva ; l'armée chrétienne, n'ayant plus à craindre les débordements du Nil, marcha sur le Caire. Parvenue au canal de Tanis, en face de Mansourah, elle trouva une armée musulmane qui lui disputa le passage.

Après avoir employé un mois à des travaux inutiles, on découvrit un gué, et les croisés, ayant traversé ce bras du Nil, remportèrent sur les Sarrasins une victoire que l'imprudence et l'inhabileté des chefs empêchèrent d'être décisive. Le comte d'Artois, frère du roi, poursuivant l'ennemi avec trop de chaleur jusque dans Mansourah, tomba au pouvoir des infidèles et perdit la vie. Dans cette terrible journée, Louis n'avait pas cessé de combattre ; il s'était toujours montré au plus fort de la mêlée, et on l'avait même vu un moment seul au milieu des Sarrasins.

Cette victoire lui coûta la moitié de sa cavalerie ; il eut beaucoup de peine les jours suivants à défendre le camp musulman dont on s'était emparé ; chaque jour il gagnait des batailles, mais il perdait l'élite de ses troupes ; enfin la disette et les maladies portèrent leurs ravages dans l'armée chrétienne comme le feu grégeois y avait répandu l'épouvante. Le roi se fit voir au milieu de l'épidémie et de toutes les calamités qui affligeaient les croisés. comme il avait paru sur le champ de bataille, bravant la mort et ranimant tout le monde par son exemple et par ses discours.

L'armée ne pouvait plus marcher vers le Caire : il fallut songer à la retraite. Louis fit embarquer sur le Nil les malades et les blessée ; il donna aux troupes le signal du départ. Quoique attaqué de la contagion et se soulevant à peine, il ne voulut partir qu'avec l'arrière-garde, et lorsqu'on le conjurait de monter sur un vaisseau comme le légat du pape, il ne songeait qu'a ses compagnons d'armes et disait : « Je suis venu avec eux ; je veux me sauver ou mourir avec eux. »

La retraite se fit dans le plus grand désordre ; ceux qui étaient partis les premiers, comme ceux qui étaient partis les derniers, ceux qui se trouvaient sur le Nil, comme ceux qui avaient pris la route de terre, tout fut atteint par l'ennemi, tout fut massacré ou fait prisonnier. Louis IX qui était arrivé presque mourant à Minieh, eut le sort des autres croisés ; et lorsque ses serviteurs s'occupaient de le rappeler à la vie, il fut entouré par des Sarrasins, qui le chargèrent de chaînes et le conduisirent à Mansourah.

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