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HENRI III
(né le 19 septembre 1551, mort le 2 août 1589) Roi de France : règne 1574-1589 Partie 3/3
Le roi connut alors dans quelle affreuse situation l'avait conduit la politique de Catherine de Médicis, et l'on croit qu'il ne consentit à signer l'édit de réunion que pour mieux assurer le dessein formé de se défaire des ennemis de sa maison. Il se rendit à Blois, où il convoqua les états généraux, dont l'ouverture eut lieu le 10 octobre 1588 ; le duc de Guise s'y présenta malgré les avertissements secrets qu'il avait reçus : le roi et lui communièrent au même autel, prenant ainsi la religion à témoin de la sincérité de leur réconciliation. Mais le parjure était égal des deux côtés. Le duc fut assassiné le 23 décembre, et le cardinal son frère le lendemain, par ordre de Henri III, qui n'était plus assez puissant pour faire condamner juridiquement un sujet, lorsque ce sujet aspirait à le priver de la couronne. Cette action violente ne fut pas même justifiée par le succès : car la plupart des seigneurs de la maison de Lorraine échappèrent à l'ordre qui avait été donné de les arrêter, et la ville de Paris, en apprenant la mort du duc de Guise, leva l'étendard de la révolte, et proscrivit son roi auquel elle ne donna plus que le nom de Henri de Valois : exemple qui fut imité par les principales villes du royaume. Catherine de Médicis, depuis longtemps odieuse à tous les partis, mourut à l'âge de 72 ans le 5 janvier 1589 ; dans l'effervescence où étaient les esprits, la perte de cette princesse fut à peine remarquée. On savait que Henri III venait enfin de se rapprocher du roi de Navarre ; en voyant la couronne défendue par les huguenots, les catholiques ne se firent point illusion sur le sort qui leur était réservé. Paris surtout, redoutant la réunion des deux armées royales qui s'avançaient victorieuses, rappela le duc de Mayenne, généralement reconnu pour chef de la Ligue, depuis l'assassinat du duc de Guise, son frère, et auquel on donna le titre de lieutenant général de l'État royal et couronne de France. Mayenne était trop honnête homme pour former une faction ; mais il avait toute la prudence nécessaire pour conduire une faction formée. Les événements, bien plus que son caractère, l'ayant décidé à prendre les armes contre la maison royale, il mit dès lors sa probité à ne point manquer à son parti. Mais s'il n'avait point l'ambition du duc de Guise, il n'avait pas non plus son activité ; aussi ne put-il empêcher que le siège de Paris ne fût entrepris par l'armée des deux rois. Henri III était redevenu un héros depuis qu'il se laissait diriger par le roi de Navarre ; en même temps qu'il se disposait à soumettre les factieux, il ne négligeait point d'employer les moyens avoués par la politique pour diviser ses ennemis ou pour les regagner. Les gens sensés de la capitale, depuis longtemps désignés sous le nom de politiques, désiraient un accommodement et obtenaient du crédit en prouvant qu'il était ridicule de se battre pour disposer de la succession d'un roi qui n'avait pas quarante ans. La Ligue touchait à sa ruine, lorsqu'un dominicain, nommé Jacques Clément, alla trouver Henri III, dont le camp était à Saint-Cloud, sous prétexte d'avoir un secret important à lui communiquer : il fut admis en sa présence et profita du moment où ce prince lisait avec attention une lettre qu'il lui avait apportée, pour lui plonger son couteau dans le ventre. Henri retira lui-même le couteau de sa blessure et en frappa au front le meurtrier que les courtisans massacrèrent avec une promptitude qui ne permit pas de connaître par quels ordres il avait agi. Henri III mourut le lendemain 2 août 1589 dans la 39e année de son âge et la seizième de son règne. Comme il n'avait pas d'enfants, l'ordre de succession appelait au trône les Bourbons dans la personne de Henri IV ; mais ce prince ayant toujours repoussé les sollicitations qui lui avaient été faites d'embrasser la religion catholique, ses droits lui furent contestés. La crainte présente d'un roi calviniste ranima la fureur de la Ligue : l'espoir de se faire acheter et le plaisir de se faire craindre rendirent à l'ambition toute son activité, et la mort de Henri III fut le signal de nouvelles divisions. En lui finit la branche des Valois, qui avait régné deux cent soixante et un ans et donné treize rois à la France : il ne resta de cette maison que Charles, bâtard de Charles IX. L'influence de Catherine de Médicis sur ses trois fils, François II, Charles IX et Henri III, avait introduit à la cour un luxe jusqu'alors inconnu, une immoralité dont on n'avait point encore eu d'exemple, et substitué à l'ancienne loyauté française cette politique italienne, qui peut convenir à de petits usurpateurs se disputant momentanément la possession de quelques villes, mais qui dans un grand État sera toujours le plus terrible des fléaux. Le pouvoir se compose de force et de confiance : perdre le droit d'être cru, c'est renoncer à la plus belle partie de l'autorité. Henri IV, qui avait vu jusqu'à quel point la puissance se dégrade par l'intrigue et le mensonge, rendit sa parole plus sûre que les traités faits sous ses prédécesseurs : sa loyauté contribua autant que sa valeur à apaiser les troubles qui, depuis si longtemps, désolaient la France. :: Biographie de Henri III - Partie 1/3 - Partie 2/3 |
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