Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
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HENRI II
(né le 31 mars 1518, mort le 10 juillet 1559)
Roi de France : règne 1547-1559
Partie 2/2

Les historiens, en essayant d'expliquer les motifs de cette abdication, ont trop oublié le mauvais état de la santé de ce prince, qui, n'ayant plus la force nécessaire pour gouverner tant d'États séparés, sentait fort bien qu'il ne lui restait pas assez de temps à vivre pour rendre la paix à l'Europe. Quoique la trêve eût été signée pour cinq ans, le 5 février 1556, la guerre recommença dès l'année 1557, Philippe II étant secondé en Italie par les Farnèse et par le duc de Toscane, et en Picardie par Marie, reine d'Angleterre, son épouse.

Le duc de Guise, le héros de la France, avait le commandement de l'armée d'Italie, qui n'était guère qu'un titre ; mais on comptait sur les ressources qu'il saurait s'y procurer. L'armée destinée à protéger la Picardie fut confiée au vieux connétable de Montmorency, spécialement chargé de dégager la ville de Saint-Quentin, assiégée par Emmanuel-Philibert, duc de Savoie, l'un des plus grands capitaines de son siècle, et défendue par l'amiral de Coligny.

Montmorency fit tant de fautes que sa défaite fut prévue par son armée, même avant qu'il sût lui-même s'il accepterait le combat. Aussi la bataille de Saint-Quentin, livrée le 10 août 1557, fut-elle si fatale à la France, que Charles-Quint, en l'apprenant, demanda si les Espagnols étaient à Paris. L'infanterie française fut entièrement écrasée ; l'élite de la noblesse, détruite ; le duc d'Enghien, blessé à mort, le connétable, l'amiral de Coligny, le comte de Montpensier et le maréchal de Saint-André, furent au nombre des prisonniers : les vainqueurs ne perdirent pas cent hommes.

La consternation fut si grande en France, que les maux qu'on appréhendait rendirent insensible à la grandeur des pertes qu'on venait de faire. Le roi ordonna au duc de Guise de quitter l'Italie, de revenir sans aucun délai : le duc arrive, et l'espérance renaît avec lui ; nommé lieutenant général du royaume, sa réputation lui crée une armée ; la noblesse se dispute l'honneur de marcher sous ses ordres ; les notables, assemblés par Henri II, accordent l'argent nécessaire ; en un mot, la nation entière se ranime au nom du général chargé de la venger.

Le duc de Guise marche en Picardie, trompe les ennemis par des marches savantes, fait le siège de Calais avec tant d'activité qu'il s'en rend mettre en huit jours, et réunit à la France, le 8 janvier 1558, une ville qui en était séparée depuis deux cent dix ans qu'Édouard III l'avait prise sur Philippe de Valois. On ne peut exprimer la joie que cette nouvelle répandit dans le royaume, et l'étonnement qu'elle causa en Europe.

Le duc de Guise ne se ralentit pas ; il assiège Guines, qu'il prend, et se dirige sur la forteresse de Ham, dont la garnison s'enfuit à son approche. Ainsi, en moins d'un mois, et dans la saison la plus rigoureuse, il chasse entièrement les Anglais. Depuis cette époque, l'Angleterre, renonçant aux conquêtes sur le continent chercha sa prospérité dans le commerce ; et sa marine s'accrut sans cesse, tandis que la marine française déclina, parce que sa principale destination était alors de s'opposer au débarquement des Anglais.

Le duc de Guise, devenu l'idole des Français, ajoutait à sa gloire par la prise de Thionville : Brissac se soutenait en Piémont ; le duc de Nevers prenait Charlemont et le maréchal de Thermes Dunkerque, mais celui-ci perdit peu après la bataille de Gravelines, le 13 juillet 1558. Le roi de France et le roi d'Espagne étaient également fatigués d'une guerre dans laquelle les avantages et les pertes se balançaient trop pour qu'aucun des deux pût dicter la loi.

Ils convinrent d'abord d'une suspension d'armes ; et, après de longues négociations, souvent interrompues, la paix fut signée à Cateau-Cambrésis, le 3 avril 1559 : la veille, l'Angleterre avait conclu son traité particulier. La France gagna Calais, Toul, Metz et Verdun. L'opinion énoncée par les Guise, qui avaient besoin que les hostilités continuassent pour abattre les Montmorency, a prévalu chez la plupart des historiens qui appellent la paix de Cateau-Cambrésis la malheureuse paix, parce qu'entre l'Espagne et la France on se rendit réciproquement les places que l'on s'était prises, et que le duc de Savoie obtint la restitution de ses États. Mais, outre que les victoires des Français n'étaient pas assez décisives pour contraindre l'Espagne à des sacrifices, il ne faut pas oublier que les rois ont d'autres intérêts que celui d'acquérir, et que Henri II ne voulait pas risquer de tomber dans la dépendance du duc de Guise.

Après l'avoir élevé pour le salut de l'État, il avait besoin de la paix pour lui faire sentir sa sujétion ; ce qu'il prouva en lui refusant une grâce que le duc sollicitait comme s'il eût été injuste de la lui refuser. La paix était aussi nécessaire au roi pour rétablir ses finances, et surveiller les protestants, qui prêtaient l'autorité d'une religion nouvelle à ceux qui voulaient exciter des troubles dans l'État.

Malheureusement pour la France, ce monarque, auquel on n'a pas rendu assez de justice, fut blessé à mort par le comte de Montgomery, capitaine de la garde écossaise, dans un tournoi donné rue Saint-Antoine, pour célébrer les mariages arrêtés à Cateau-Cambrésis entre Philippe II et Élisabeth, fille du roi, entre Marguerite, sa sœur, et le duc de Savoie. Montgommery, ayant rompu sa lance, oublia d'en jeter le tronçon.

Il en frappa si rudement Henri, qu'il lui creva l'œil droit. Ce prince mourut de sa blessure, le 10 juillet 1559, dans la 41e année de son âge, et la 13e de son règne. Comme il était le second fils de François Ier, qui désirait s'acquérir des alliés en Italie, on lui avait fait épouser Catherine de Médicis, parente du pape Clément VI. Après être restée dix ans sans avoir d'enfants, elle en eut dix dans le même nombre d'années ; il en restait quatre fils et trois filles à la mort de Henri II : trois fils régnèrent successivement (François II, Charles IX et Henri III) ; tous moururent sans laisser d'enfants : ainsi s'éteignit la branche des Valois, et la couronne passa dans la maison de Bourbon.

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