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FRANÇOIS Ier
(né le 12 septembre 1494, mort le 31 mars 1547) Roi de France : règne 1515-1547 Partie 6/6
Mais tandis que la cour de France se livrait à la plus vive allégresse, Henri VIII envahissait la Picardie, et Charles-Quint la Champagne. La ville de Boulogne, soit par la trahison, soit par l'ineptie de son commandant (Coucy de Vervins), fut indignement surprise. Saint-Dizier en Champagne arrêta pendant six semaines l'empereur, qui avait donné rendez-vous aux Anglais sous les murs de Paris. Saint-Dizier pris, la capitale fut frappée de terreur. Les coureurs de l'armée impériale arrivaient déjà jusqu'à Meaux. Les bourgeois fuyaient en désordre. François Ier arrêta ce honteux tumulte : il ranima par sa gaieté la confiance et le courage, et combinant ses manœuvres avec le Dauphin Henri et Claude, duc de Guise, il réduisit Charles-Quint à craindre dans la Champagne le désastre qu'il avait éprouvé en Provence. Nouvelle paix signée à Crespy-en-Laonnois le 18 septembre 1544. Le Milanais était enfin promis au duc d'Orléans, second fils du roi. Pour gage de cette promesse, le roi conservait une partie de ses conquêtes en Piémont. Ce règne n'offre plus d'événements guerriers. François Ier, quoiqu'il se fût privé des secours d'un administrateur sévère, le connétable de Montmorency, réussit à rétablir les finances et fut secondé par ses deux principaux ministres, l'amiral Chabot et le cardinal de Tournon. Mais la paix intérieure de la France était depuis longtemps troublée par les réformes religieuses de Luther et de Calvin. Nous ne nous engagerons point ici dans des détails qui tiennent à leur vie. François Ier, roi paternel, mais absolu, ami des lettres et de la chevalerie, craignait des nouveautés religieuses qui pouvaient changer le caractère et les lois de la nation, mais les genres de répression qu'il avait à opposer à des erreurs de conscience effrayaient son âme et révoltaient sa justice. Les parlements sévissaient avec rigueur contre les nouveaux hérétiques et leur appliquaient les lois terribles, les lois de sang rendues contre les Albigeois. François Ier chercha longtemps à modérer ces extrêmes rigueurs. La reine de Navarre surtout sollicitait sa clémence envers des hommes dont elle partageait les opinions. François Ier conçut un moment le projet de faire venir en France le plus savant et le plus modéré des réformateurs, Mélanchibon ; mais cette négociation échoua. Dès lors le roi toléra en quelque sorte les persécutions religieuses et borna sa clémence à commuer des peines. Il dut mettre au nombre des plus grands malheurs de son règne les cruautés exercées dans les années 1545 et 1546 contre les Vaudois. C'étaient de malheureux paysans du Dauphiné, restes obscurs d'un mouvement né plusieurs siècles auparavant dans le Lyonnais, et dont les dogmes offraient beaucoup d'analogie avec les réformes de Luther et de Calvin. D'Oppède, premier président du parlement de Provence, employa contre de paisibles cultivateurs tout ce que la cruauté, le fanatisme et la perfidie ont de plus atroce. Il se mit à la tête de quelques régiments que le roi voulait faire marcher en Italie, brûla les chaumières et les fermes, poursuivit de retraite en retraite des hommes désarmés, suppliants, exténués par la faim, permit le viol de leurs femmes, de leurs filles, inventa les plus horribles supplices, dévasta par le fer et la flamme les villes de Cabrières et de Mérindol, et extermina enfin ce qui restait de Vaudois. François Ier eut horreur de tant de cruautés. Le cardinal de Tournon l'empêcha de céder à la plus juste indignation. Le roi craignit (et c'est un grand reproche à sa mémoire) de favoriser le triomphe de l'hérésie en satisfaisant à la justice et à l'humanité. Cependant il n'y eut jamais une âme qui trouvât plus de délires dans la clémence. Mille actes de son règne en font foi : jamais il ne déploya mieux cette grande qualité de son âme que dans la révolte de la Saintonge. Cette rébellion avait été occasionnée par un édit qui augmentait les rigueurs de la gabelle. Des cruautés avaient été commises par des paysans envers les agents chargés de la perception de cet impôt. La ville de la Rochelle avait donné le signal de la révolte. La force de ses remparts et de sa position lui permettait de soutenir un long siège : cependant elle se soumit dès qu'elle vit dans ses murs un roi chéri et respecté de tous ses sujets. Quand il entra dans la ville, tout craignait sa vengeance ; mais dès qu'il voulut parler aux rebelles, le mot de mes amis lui échappa bientôt. Puis il ajouta ces mots : « Je ne ferai jamais volontairement à mes sujets ce que l'empereur a fait aux Gantois pour moindre offense que la vôtre. Il en a maintenant les mains sanglantes ; et je les ai, la merci à Dieu, sans aucune teinture du sang de mon peuple. J'accepte votre repentir ; sonnez vos cloches, tirez votre artillerie et faites feux de joie en rendant grâce à Dieu. » La santé de François Ier était altérée depuis près de dix ans. Son état d'infirmité était le résultat d'une intrigue galante où l'avait entraîné la fougue de ses sens. Il avait toujours aimé les plaisirs furtifs et les avait recherchés quelquefois aux dépens de la dignité de son rang. Il aima une bourgeoise que l'on nommait la belle Féronnière. On ne sait que trop à quel infâme moyen le mari eut recours pour exercer sa vengeance envers sa femme et envers le roi. La belle Féronnière mourut et le roi ne reçut des soins des médecins qu'une guérison imparfaite. Mézeray dit que depuis cette époque il y eut un changement sensible dans son caractère, sa gaieté ne fut plus la même, mais sa bonté ne se ralentit pas. Il revint aux maximes de Louis XII et, toujours libéral, fut un sage économe de la fortune de ses sujets. Il paya toutes ses dettes et dégagea ses domaines ; il était parvenu à économiser quatre cent mille écus et le quart du revenu de l'année, quand il fut atteint d'une maladie mortelle. Il réunit dans ses derniers moments la constance du sage et du chrétien à la dignité du roi. Il mourut au château de Rambouillet le dernier jour de mars 1547, âgé de cinquante-deux ans, après en avoir régné trente-deux. François Ier, né dans le siècle le plus fertile en grands hommes, ne fut inférieur à aucun de ses contemporains. Il fut à la fois l'émule de Léon X, celui de Bayard et le digne rival de Charles-Quint. Il prépara, soit par les grandes qualités de son âme, soit par l'utile splendeur de ses monuments, les deux plus beaux règnes de la France, celui de Henri IV et celui de Louis XIV. De sa première femme, François Ier avait eu plusieurs enfants ; il n'en eut point de sa deuxième femme. :: Biographie de François Ier - Partie 1/6 - Partie 2/6 |
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