Biographies et portraits des rois, empereurs et présidents de la France Notices biographiques sur les monarques et souverains. Vie, histoire, portrait.
Le portrait de chaque roi, monarque, souverain, empereur, président. Biographie, caractère, oeuvre, actions marquantes de leur règne, afin de montrer combien les rois, empereurs et présidents ont façonné l'Histoire de France. Dynasties des Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens, Bourbons, Valois, Valois-Orléans, Valois-Angoulême.
Rois, empereurs, présidents. Date de règne, vie et oeuvre
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FRANÇOIS II
(né le 19 janvier 1544, mort le 5 décembre 1560)
Roi de France : règne 1559-1560
Partie 1/2

Fils de Henri II et de Catherine de Médicis, il naquit à Fontainebleau le 19 janvier 1544, sous le règne de François Ier, son aïeul. Il épousa en 1558 Marie Stuart, reine d'Écosse et nièce des Guise, dont le crédit était déjà puissant et l'ambition redoutable. Ce mariage, projeté depuis dix ans, fut célébré avec magnificence ; les ambassadeurs d'Ecosse, au nom des états, déférèrent la couronne à l'époux de leur reine, qui prit le titre de Roi-Dauphin.

François II monta sur le trône le 10 juillet 1559. II était alors dans sa seizième année, et par conséquent, il avait atteint l'âge fixé pour la majorité des rois de France ; mais une santé chancelante, un caractère timide, un esprit lent et peu cultivé, le rendaient peu propre à gouverner le royaume, menacé d'un prochain ébranlement.
Roi Francois II
François II (1559-1560)
Le trésor était obéré ; le calvinisme, vainement combattu par les rigueurs du dernier règne, étendait de jour en jour ses conquêtes et comptait parmi la noblesse d'illustres prosélytes.

Aux sectateurs de la nouvelle doctrine, naturellement opposés à la cour, se joignaient des personnages d'un grand nom qui avaient occupé des charges les plus importantes sous François Ier et sous Henri II, et qui supportaient impatiemment la domination des Guise. Les deux aînés de cette famille avaient en main toute la puissance : François duc de Guise régnait sur l'armée, et le cardinal de Lorraine disposait des finances et des affaires de l'Église.

Les princes du sang, Antoine de Bourbon, roi de Navarre, et son frère le prince de Condé, ne voyaient pas sans une profonde jalousie un trône qu'ils regardaient comme leur héritage occupé par d'ambitieux étrangers, sous le nom d'un roi sans force et sans expérience. Catherine de Médicis ne cherchait qu'a entretenir les divisions. La jeune reine, maîtresse du cœur de son époux, était elle-même gouvernée par les Guise ses oncles, et le roi semblait voué à une tutelle éternelle.

Il fut sacré à Reims par le cardinal de Lorraine (21 septembre 1559) : cette solennité fut une nouvelle occasion de triomphe pour les Guise ; ils déterminèrent le roi à céder au duc de Lorraine, leur neveu, la souveraineté du duché de Bar. On murmurait ; on voyait avec scandale le cardinal de Lorraine accumuler les bénéfices et jouir avec faste d'une fortune immense, qu'on supposait être le fruit de ses malversations.

Des écrits anonymes dans lesquels on accusait les Guise d'usurper la puissance royale entretenaient le mécontentement public et irritaient la cour : ces écrits étaient attribués aux protestants, et les persécutions religieuses redoublaient d'activité. Il fut établi dans chaque parlement une chambre ardente, ainsi nommée parce qu'elle condamnait au feu les hérétiques.

Cependant la santé du roi se raffermissait ; il fut délivré d'une fièvre lente qui depuis longtemps le réduisait à un état de langueur. On s'attendait à le voir bientôt saisir les rênes de l'État et s'affranchir de l'ascendant des Guise ; mais cet effort, qui eût exigé toute l'énergie d'une volonté puissante, ne pouvait être tenté par l'indolent François II. Une passion unique consumait le peu de chaleur qu'avait son âme : c'était son amour pour Marie Stuart, la plus belle et la plus aimable princesse de l'Europe. Les exercices de la chasse, quelques voyages dans les maisons royales, occupaient les instants qu'il ne passait point auprès de la jeune reine.

Tout concourait à l'éloigner des affaires et à consolider entre les mains des Guise une autorité qui rappelait trop le règne des maires du palais. On vit le cardinal de Lorraine en abuser avec une insolence brutale. La cour était à Fontainebleau : un grand nombre de gentilshommes et de gens de guerre y venaient de toutes les provinces solliciter des grâces et des récompenses. Pour se délivrer de leur importunité, le cardinal de Lorraine fit dresser une potence aux environs du château et publier à son de trompe un édit du roi par lequel il était enjoint à tous ceux qui se trouvaient à Fontainebleau pour présenter des demandes d'en sortir dans les vingt-quatre heures sous peine d'être pendus.

Une insulte aussi atroce révolta la nation et fut la principale cause de la conjuration d'Amboise. L'histoire laisse douter quels furent les auteurs de cette levée d'armes, prélude des guerres civiles qui ensanglantèrent la France sous les derniers Valois. Une trame dont les fils aboutissaient à presque tous les points du royaume et correspondaient avec l'Angleterre, la Suisse et l'Allemagne, fut ourdie avec le plus grand mystère. La cour recevait des avis alarmants, mais vagues et incertains.

On savait que des assemblées secrètes se tenaient à Vendôme chez le roi de Navarre, et à la Ferté-sous-Jouarre chez le prince de Condé ; mais on était loin de soupçonner l'imminence du péril. La conspiration était près d'éclater lorsqu'elle fut découverte. Un avocat protestant, nommé Avenelle, se fit introduire auprès du cardinal de Lorraine, et l'avertit d'un complot formé pour surprendre la cour qui se trouvait à Blois, ville ouverte et mal gardée.

On voulait surtout s'emparer des Guise ; six cents conjurés étaient en marche ; une partie des provinces devaient prendre les armes le même jour. Quel était le chef de cette entreprise ? Un gentilhomme périgourdin nommé Bari de la Renaudie, qui lui-même avait confié à Avenelle le secret de la conspiration : mais le nom des principaux conjurés, leurs forces, leur nombre, leurs moyens d'exécution, étaient encore autant de mystères. Le cardinal, épouvanté de cette confidence, s'efforçait de ne pas y croire : François II lui demandait conseil et ne voyait dans ses yeux que trouble et qu'irrésolution. Les deux reines étaient tremblantes.

Le seul duc de Guise montrait du calme et de l'intrépidité sa prévoyance, son activité, au défaut de renseignements positifs, lui suggèrent de salutaires mesures. Il conseille ou plutôt il ordonne au roi et aux deux reines de quitter Blois et de se rendre au château d'Amboise, où il sera plus facile de se défendre : il arme tout ce qu'il peut réunir de soldats, de gentilshommes. de domestiques, et se repose du reste sur sa valeur.

La cour attendait l'événement sans savoir de quel côté venait l'orage. On se perdait en conjectures. Les soupçons se portaient principalement sur les Châtillon, qui professaient ouvertement le calvinisme, sur le roi de Navarre et plus encore sur le prince de Condé, dont on connaissait le mécontentement et l'humeur turbulente. L'amiral de Coligny fut mandé : il déclara, en présence de la reine mère et du chancelier Olivier, que la tyrannie des princes lorrains et les violences exercées contre les protestants avaient seules armé les sujets du roi ; qu'il fallait éloigner les Guise et adoucir la rigueur des lois contre les religionnaires.

:: Biographie de François II - Partie 2/2


 

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