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FRANÇOIS II
(né le 19 janvier 1544, mort le 5 décembre 1560) Roi de France : règne 1559-1560 Partie 2/2
Le roi fut ébranlé. « Qu'ai-je donc fait à mon peuple, dit-il aux Guise, pour qu'il attente à mes jours ! Je veux entendre ses doléances et y faire droit. J'entends dire partout qu'on n'en veut qu'à vous : ne saurai-je donc pas qui de vous ou de moi est l'objet de la haine publique ? » Le chancelier Olivier proposa des moyens de douceur ; la reine mère se rangea de son avis. Le roi publia en faveur des calvinistes un édit d'amnistie, dont furent exceptés les prédicants et les auteurs de la conjuration. Cependant la Renaudie marchait sur Amboise et devait l'attaquer le 16 mars 1560. Un des conjurés, Lignières, trahit ses compagnons et livra leur plan à la cour. Alors le duc de Guise fut certain de la victoire : il envoya des ordres dans toutes les provinces pour arrêter les insurrections partielles. La Renaudie périt dans le combat, de la main de son parent, le baron de Pardaillan. Un autre chef, Castelnau, qui occupait le château de Noisai, fut forcé de capituler. Les prisonniers périrent dans les supplices : les uns étaient précipités dans la Loire, les autres pendus aux murs mêmes du château. Le plaisir de se venger poussa les Guise jusqu'à l'oubli de toute bienséance : ils firent exécuter les chefs sous les fenêtres du roi ; les reines et les dames de leur cour assistèrent à cet affreux spectacle. Enfin on cessa de faire des prisonniers, et au mépris d'une amnistie on égorgeait ou l'on pendait aux arbres tout ce qu'on pouvait saisir de rebelles armés ou de fuyards. Condé manquait encore à la vengeance des Guise. Ce prince avait reçu l'ordre de se rendre au château d'Amboise ; chargé du commandement d'un corps de troupes royales, il s'était vu forcé de combattre des hommes armés pour sa cause. Les Guise le signalaient au roi comme le chef des rebelles, comme un ambitieux qui en voulait à sa couronne et à sa vie ; cette prévention l'emportait sur le bon naturel de François II et excitait en lui une haine violente contre son parent. Mais il n'existe contre le prince de Condé d'autres indices que des dépositions vagues, arrachées par les tortures à quelques-uns des conjurés. Il demanda au roi à se justifier publiquement en présence de la reine mère, des princes de Lorraine, des ambassadeurs et des princes étrangers. La faction des Guise le vit avec joie se soumettre à une épreuve dont elle ne croyait pas qu'il pût sortir victorieux ; mais il évita l'écueil d'une justification difficile. Il s'avança au milieu de l'assemblée et dit d'une voix fière : « Quiconque ose m'accuser d'avoir conspiré contre le roi, si ce n'est le roi lui-même, ou l'un des princes ses frères, en a faussement et malheureusement menti. Qu'il se présente, et mettant à part ma qualité de prince du sang, je suis prêt à le combattre. » L'assemblée, étonnée de cette apologie chevaleresque, regardait le duc de Guise, à qui s'adressait le défi. Il se leva et pria le prince de l'accepter pour second s'il avait un combat à soutenir. Aucune voix ne s'éleva dans l'assemblée, qui ne savait que penser d'une telle générosité ou d'une telle politique. « Sire, dit Condé après un moment de silence, puisqu'il n'existe contre moi ni accusateurs, ni preuves, ni indices, je vous supplie de me tenir pour un sujet fidèle. » Le roi restait interdit : le cardinal de Lorraine lui fit un signe ; il rompit l'assemblée. Peu de temps après, Condé fut mis en liberté. Le roi parut persuadé de son innocence. L'édit de Romorantin suivit de près la victoire remportée sur les protestants. La connaissance du crime de l'hérésie fut par cet édit retirée aux parlements, et attribuée exclusivement aux évêques. Au mois d'août de la même année le roi, d'après le conseil de sa mère, convoqua une assemblée de notables, pour prendre leurs avis sur les moyens de prévenir les troubles dont la religion était la cause ou le prétexte. Cette assemblée dura quatre jours. Coligny parla en faveur des protestants et demanda hautement l'expulsion des Guise. Il fut décidé que les états généraux seraient convoqués et se tiendraient à Orléans. Les Bourbons ne s'étaient pas trouvés à l'assemblée de Fontainebleau. Le prince de Condé s'était retiré auprès de son frère, dans le Béarn. De son asile il soulevait les provinces par le moyen de ses agents. Le roi mit sur pied des troupes nombreuses et augmenta sa garde, à laquelle il joignit des Italiens. Il fit son entrée dans Orléans avec un appareil formidable, qui prouvait avec quel soin les Guise entretenaient ses alarmes. Les Bourbons reçurent l'ordre de se rendre aux états d'Orléans : on les assura qu'il n'y avait aucun danger pour leur liberté ni pour leur vie ; ils obéirent sur la foi de la promesse royale, et ils furent arrêtés. Une commission nommée pour juger le prince de Condé le condamna à mort ; Eléonore de Roye, épouse de ce prince, était venue se jeter aux genoux du roi pour implorer la grâce de son seigneur mari : « Non, répondit François II, je ne ferai jamais grâce à un parent qui a voulu m'ôter la couronne et la vie. » L'historien de Thou rapporte, mais avec l'expression du doute, que le duc de Guise, dans le temps où il poursuivait le prince de Condé, voulut faire assassiner Antoine de Bourbon par le roi de France lui-même ; que François II, près d'exécuter ce crime, en eut horreur et ne put s'y résoudre, et que le duc de Guise, indigné de cette faiblesse, s'écria : « O le roi lâche et poltron ! » Ce fait, que de Thou a puisé dans un écrit publié sous le nom de Jeanne d'Albret, reine de Navarre, ne porte aucun caractère d'authenticité. Les Guise attendaient avec impatience le supplice du prince de Condé. L'exécution devait avoir lieu le 26 novembre : le roi, pour n'en pas être témoin, était sorti de la ville, lorsqu'il fut tout à coup saisi d'un mal violent causé par un abcès qui s'était formé derrière l'oreille. Les médecins désespérèrent de sa vie. Il expira le 5 décembre 1560, âgé de dix-sept ans, dix mois et un jour, après un règne de dix-sept mois et vingt jours. Il n'eut point d'enfants de la reine, et il laissa le trône à l'aîné de ses frères. Sa mort sauva le prince de Condé. Elle fut attribuée au poison par des bruits populaires, si communs dans les temps de trouble ; mais la mauvaise santé de ce monarque dispense d'ajouter foi à de telles accusations. Lorsqu'il eut fermé les yeux, l'agitation fut si grande à la cour, que ni sa mère, ni ses oncles, ni aucun prince de sa famille, ne songèrent à lui rendre les derniers devoirs, et le corps du roi de France fut porté à Saint-Denis, accompagné seulement de deux gentilshommes, qui avaient été ses gouverneurs, et de l'évêque de Senlis, qui était aveugle. On trouva sur le cercueil du roi cette inscription : Tannegui du Châtel, où es-tu. Tannegui du Châtel avait été un des plus fidèles serviteurs de Charles VII. Il vivait loin de la cour lorsqu'il apprit la mort du roi ; à cette nouvelle, il sortit de son exil pour rendre à son maître les honneurs funèbres et lui faire à ses frais des obsèques magnifiques. Citer un tel nom, c'était faire une satire sanglante de la conduite des Guise. François II fut en quelque sorte étranger à son règne ; l'histoire ne peut ni lui reprocher les malheurs produits par les dissensions des grands, ni le louer pour quelques sages édits, ouvrage des chanceliers Olivier et l'Hôpital. :: Biographie de François II - Partie 1/2 |
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