Mots d'histoire, vocabulaire, expressions pittoresques
Aux différentes époques de notre histoire, on rencontre des dénominations particulières appliquées à l'usage des événements, à des partis, ou à certaines classes d'individus. Cette rubrique vous en révèle l'origine ou la signification, choisissant les plus pittoresques de ces mots curieux et bizarres.
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Capuciés, Capuchons
Lorsque cette association politique et religieuse fut fondée en 1182, La France était horriblement dévastée par les ravages des Cottereaux, des Brabançons, et par les guerres privées des seigneurs. Tout à coup le bruit se répandit qu'un charpentier de la ville du Puy, nommé Durand, avait reçu de Dieu, dans une vision, l'ordre de prêcher l'oubli de toutes les haines et le rétablissement de la paix. L'évêque du Puy seconda cet inspiré, et une vaste association se forma aussitôt dans le but de rétablir la paix à tout prix : elle fit de rapides progrès, surtout en Bourgogne et dans le Berry.

En 1183, soutenue par un corps de chevaliers, elle enveloppa et écrasa près de Châteaudun un corps de sept mille Cottereaux, qui furent tous massacrés sans pitié, « depuis le plus petit jusqu'au plus grand ». Malheureusement les Capuciés, qui se recrutèrent de gens sans aveu, renouvelèrent alentour les scènes effroyables de brigandage qui leur avaient mis les armes à la main. Abandonnés par la noblesse, ils virent se soulever contre eux toutes les populations ; les milices communales, entre autres celles de l'Auxerrois, les exterminèrent complètement.

Les Capuciés portaient des capuchons de toile blanche et une plaque d'étain représentant la sainte Vierge et l'enfant Jésus.

Carcistes
Nom donné aux partisans du comté de Carces dans les guerres civiles qui désolèrent la Provence, de 1578 à 1589. « On les nommait encore, dit l'historien Bouche, d'un autre nom barbare pour exprimer leurs extorsions et violences, marabecz ou maraboux ; nom que j'ai ouï attribuer de mon temps (1660), en Provence, à des hommes cruels et sauvages ». Ils avaient pour adversaires les razats.

Troubles des Cascaveaux
On désigne ainsi les troubles qui eurent lieu vers 1630, en Provence, à l'occasion de l'établissement de nouveaux impôts et de nouvelles juridictions financières nommées jadis élections. Les insurgés portaient pour signe de ralliement une sonnette, en provençal cascaveau, attachée à une lanière de cuir blanc. De toutes les villes environnantes on venait à Aix prendre la sonnette, et l'on inscrivait son nom sur un registre ad hoc. Un parti opposé à celui des Cascaveaux ne tarda pas à se former à Aix même. Il fut appelé le ruban bleu, parce que la sonnette que ses membres portaient, comme leurs rivaux, était attachée à un ruban de cette couleur. Ces troubles, dont les excès ensanglantèrent la Provence, durèrent jusqu'en 1633.

Guerre de Cent ans
C'est la terrible série des guerres que les Français eurent à soutenir contre les Anglais durant le quatorzième et le quinzième siècle. Une première guerre commença, en 1339, entre Philippe de Valois et Edouard III. Elle fut terminée le 8 mai 1360 par le honteux traité de Brétigny. Dans cette période, la France perdit la bataille navale de l'Écluse (1340) et les batailles sur terres de Crécy et de Poitiers. La guerre recommença , en 1360, sous Charles V. Les Anglais n'essuyèrent que des défaites, perdirent leurs conquêtes, et auraient été chassés de France sans la mort du roi (1380).

Les hostilités, sans autre interruption que quelques trêves de peu de durée, continuèrent jusqu'en 1453. Les Français, qui éprouvèrent dans cette seconde période les désastreuses défaites d'Azincourt (1415), de Crevant (1423), de Verneuil (1424) , se relevèrent glorieusement sous les ordres de Jeanne d'Arc, et gagnèrent à leur tour la victoire de Patay (1429), de Formigny (1450), et enfin de Castillon (1453).

Chambre ardente
On désignait ainsi les tribunaux qui furent établis sous François Ier, vers 1535, pour la recherche et la punition des hérétiques, sous Louis XIV contre les empoisonneurs, et sous la régence contre les financiers. A l'origine, on donnait ce nom à la salle où l'on jugeait les criminels d'État, parce que cette salle, entièrement tendue de noir, était éclairée par un grand nombre de flambeaux. C'est dans ce sens que nous appelons encore aujourd'hui Chapelle ardente la chapelle où l'on dépose le corps d'un grand personnage.

La dénomination de Chambre ardente donnée à la Chambre du parlement qui condamnait les hérétiques au supplice du feu répondait bien à la nature de cette horrible fonction. « Que dira la postérité, dit Henry Estienne, quand elle entendra parler d'une chambre ardente. »

Entrevue du Champ sacré
Conférence que Philippe-Auguste eut en 1188 avec Richard Cœur-de-Lion, roi d'Angleterre, entre Trie et Gisors. Les deux princes y prirent la croix, d'où vint le surnom donné à cette entrevue.

Compagnie blanche
Association armée que, durant la longue guerre des Albigeois, l'évêque Foulquet forma à Toulouse en 1211. Les hommes qui la composaient prêtaient serment de poursuivre les Albigeois jusqu'à la mort. Leurs violences ne tardèrent pas à réunir les partisans des Albigeois, ou au moins de la tolérance, dans une autre association qui prit le nom de Compagnie noire. Les combats de ces deux factions rivales ensanglantèrent plus d'une fois les rues de Toulouse.

Corinthiens
Soldats du régiment commandé, durant la guerre de la Fronde, par le cardinal de Retz, qui était archevêque titulaire de Corinthe. Ce régiment ayant été battu par les troupes royales, on nomma cet échec la première aux Corinthiens.


 

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