BRIENNE
et VANDEUVRE (Les environs de)
par ALFRED BARDET

Il y a deux manières de retracer l'histoire d'une cité
: on peut privilégier le récit en ne citant l'agglomération
que comme toile de fond, ou au contraire, s'employer à retrouver
le passé en s'attachant aux lieux dans leur être même
et leur matérialité. C'est cette seconde méthode
que choisit Alfred Bardet, ancien juge de paix de Brienne et historien
estimé, qui nous propose une déambulation dans la ville,
à travers le temps et l'espace, en évoquant les rues,
les édifices, les personnages et les événements
qui ont fait de la belle localité champenoise ce qu'elle est
aujourd'hui. Modeste et passionné dans sa démarche,
il souhaite accroître chez ses concitoyens briennois «
l'amour de leur petite ville déjà si vif » et
leur raconter ce que lui ont appris « les registres d'état
civil, les archives de l'hôpital, de la paroisse, du bureau
de l'enregistrement » et surtout les minutes des notaires, «
vieilles, les unes et les autres, de plusieurs siècles ».
C'est riche de toutes ces trouvailles qu'il nous fait connaître
Brienne-le-Château ; naturellement, les célébrités
sont au rendez-vous - l'Empereur qui fut élève de l'École
militaire de 1779 à 1784 et que l'on retrouve sous les traits
de Napoléon enfant, une statue réalisée par Charles
et Louis Rochet et le cardinal Loménie, comte de Brienne, ministre
malheureux de Louis XVI mort en prison en 1794 - mais aussi des gloires
locales comme le maréchal Valée, l'architecte Jean-Louis
Fontaine à qui l'on doit le château (1778), ou Noël-Claude
Janny, député en 1789. Toutes les rues de la ville,
que nous arpentons en compagnie de ce guide éclairé,
nous révèlent ainsi leurs secrets.
La Grande-Rue au premier chef, que nous parcourons « d'un bout
à l'autre », avec son École militaire, devenue
la caserne Bonaparte au début du XXe siècle, la maison
de la famille Mailly (des notables de la cité) très
typique des constructions de la fin du XVIIIe siècle (comme
l'hôpital, l'abbatiale, les écuries du château...),
et la place de l'Hôtel de Ville qui « mérite un
temps d'arrêt », tant elle est riche en souvenirs historiques
; puis nous suivons le boulevard Napoléon où demeurait
le fameux Jean-Baptiste Javilliers, membre de l'Académie royale
de danse créée par Louis XIV en 1691, professeur de
cette discipline à l'École militaire (du jeune Bonaparte,
entre autres) ; ensuite, la « moderne rue de la Halle »
où l'écuyer et intendant du comte de Brienne, Robert
de Carrière, avait sa demeure au XVIIe siècle, où
se trouvait le dépôt des premières pompes à
incendie et le Pavillon Minette, autrefois élevé dans
le parc du château, puis acheté et transporté
là par un particulier ; après quoi, nous empruntons
l'avenue du château, dont la chaussée était constituée
par les terres provenant de la colline sur laquelle avait été
édifié l'ancien manoir des Loménie et «
les petites rues adjacentes » ; la rue du Ponti... |