TRÉGUIER (Histoire de), ville épiscopale
par Pierre de La Haye
Rien de plus attachant et de plus singulier que l'histoire de Tréguier,
cité « née à l'ombre d'une crosse et non
d'un château féodal, qui va sauvegarder une sorte de
vocation religieuse », sans s'abriter derrière des remparts,
en répugnant manifestement à servir de garnison à
des soldats et ce jusqu'à la Révolution qui «
fermera d'un coup les portes des couvents, dispersera les dignitaires
de la cathédrale, les professeurs du collège clérical
et du séminaire et retirera leurs dossiers aux juges seigneuriaux
des Régaires et de la prévôté institués
par l'évêque ». Mais bien avant d'en venir à
l'évocation de ces bouleversements, puis à l'état
des lieux à la fin du XVIIIe siècle et aux projets de
la municipalité au début du siècle suivant (réouverture
des écoles...), l'auteur de cet ouvrage de référence
fait revivre le passé de ce terroir, aux origines très
anciennes (habitat préhistorique) et à la destinée
souvent grandiose.
Très tôt, en effet, la vocation spirituelle de cette
terre s'affirme, d'abord incarnée par l'action, inspirée
et efficace, de saint Tugdual, premier évêque-abbé,
né en « Bretagne d'outre-Manche » et d'extraction
royale, qui fonde l'abbaye de Tréguier (520-530), dite de Lantréguer
(nom que conservera l'histoire), sur un territoire qui comprend des
champs, des prés, les bois qui cernent le cours du Porjou et
les méandres du Guindy et du Jaudy. Les ressources de l'abbaye
proviennent du travail... |