| ROSTRENEN
révolutionnaire
par Emile Chamaillard

Il n'est guère courant de trouver une monographie, comme
celle d'Émile Chamaillard consacrée à Rosternen
révolutionnaire, qui se lit comme le plus passionnant des
récits. Très souvent, en effet, le foisonnement d'informations
l'emporte, chez l'historien, sur l'art de la narration. Rien de
tel ici, puisque l'abondance de renseignements recueillis par l'auteur
dans les archives locales est distillée au fil des pages
et de la chronologie, de 1789 à 1801, dans un style alerte
qui convient parfaitement à l'évocation des grands
moments historiques, mais aussi des anecdotes et des faits pittoresques.
C'est ainsi qu'après « un aperçu topographique,
économique et social de la petite ville qui nous occupe »,
puis la description des premiers changements intra-muros (élection
de la municipalité et garde nationale, avec les listes nominales
de tous leurs membres), on danse sur la place publique pour fêter
l'anniversaire de la prise de la Bastille, mais la manière
dont on traite le clergé est si mal perçue qu'on craint
des émeutes dans les campagnes.
La Bretagne tout entière est sillonnée par des troupes
et Rostrenen doit héberger deux régiments qui viennent
de Huelgoat et de Pontivy, des mesures d'exception sont prises (chasse
aux suspects, ouverture du courrier...) et la demeure de Florimonde
de Pontivy est utilisée comme prison (9 détenus en
1793, dont Jean-Pierre Perriou qui s'est proclamé, le sabre
à la main, « aristocrate »). Par ailleurs, on
réclame des volontaires contre les insurgés de Vendée,
on enlève les cloches de l'église que l'on dépouille
de toutes ses richesses, on fabrique du salpêtre et les biens
des émigrés sont sous séquestre, mais bientôt
« la chouannerie bat son plein », les Chouans se révélant
eux-mêmes actifs,« terribles », mais introuvables...
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