VALENCE (Annales valentinoises)
par Marius Villard

Les travaux consacrés à l'histoire de Valence ne manquent
pas, depuis la notice de Claude Rogier, intitulée Description
de Valence (1572) jusqu'aux nombreux articles parus dans le Bulletin
de la Société d'archéologie de la Drôme,
en passant par le Guide valentinois de l'abbé Jouve (1853),
mais l'ouvrage de référence sur le sujet, narration
précise de tous les faits qui ont marqué le passé
de la capitale du département de la Drôme, de 587 avant
J.-C. jusqu'en 1800, demeure les Annales valentinoises, de Marius
Villard : ce récit, tiré des archives municipales et
départementales, des minutes des notaires et de sources diverses,
nous fait connaître, en effet, vingt-trois siècles du
passé antique, médiéval, moderne et contemporain
de Valence, autrefois Valentia Segovellaunorum, puis Valentia colonia
Julia, localité « importante et bien décorée
», dès le 1er siècle, et de sa région.
On y trouve des événements aussi surprenants que le
passage dans le pays d'Annibal (218 avant J.-C.), avec ses éléphants,
la rutilante légion carthaginoise à cheval et son armée
cosmopolite et des indications aussi sèches que la date d'érection
de la colonne milliaire dite de La Paillasse en 147 (après
J.-C.).
Bien d'autres personnages célèbres se sont arrêtés
à Valence : l'empereur Aurélien en janvier de l'année
275, Constantin en 408, des membres du haut clergé lors des
conciles qui se tinrent dans la cité (374, 419, 529, 855, 890...),
le pape Urbain II le 5 août 1095, Richard Coeur de Lion en 1190,
sans oublier l'armée de la croisade contre les Albigeois en
1209, le pape Grégoire X en 1275... |