SAILLANS (Le Château) et ses seigneurs
par ALFRED DOUET

Alfred Douët, qui a donné son nom, à juste titre,
au musée d'Art et d'Histoire de Saint-Flour, fait resurgir
ici le château de Saillans, et ses seigneurs, gravures à
l'appui, dans leur réalité historique. Le paysage dans
son ensemble, décrit par de Ribier du Châtelet comme
« un mélange de grâce et d'âpreté...
un des sites les plus romantiques des environs de Saint-Flour »,
est l'image même de la destinée turbulente de la forteresse
: de ce passé épique qui commença avant le Xe
siècle, au cours de cette époque troublée où
l'État français se cherche, « où les comtes
se font rois » et où les populations ne peuvent vivre
sans protecteurs. L'existence de la seigneurie de Saillans est attestée
dès ce moment dans le cartulaire du prieuré de Saint-Flour
et au XIe siècle, c'est Étienne de Saillans qui la possède,
le nom de la maison ne figurant plus ensuite dans aucun texte officiel
avant 1285, date à laquelle Bérenger de Saillans souscrit
au traité établi entre le vicomte de Murat et le comte
de Rodez.
Les XIVe et XVe siècles sont surtout des périodes de
guerre, du combat contre les Sanflorains dans la plaine de Barret
(1302) jusqu'à la vente de la baronnie de Saillans (1540),
en passant par les occupations anglaises du château (1358-1359,
1382, 1388...), les attaques anglaises contre Saint-Flour, la bataille
d'Azincourt (mort de Béraud II, 1415), les routiers de Villandrando,
les armées permanentes... Quant au siècle suivant, il
est caractérisé, à Saillans, par le pouvoir seigneurial
des Dubourg, gens de robe « enrichis en la ville de Riom »
et... |