ROQUEBROU (LA) et ses seigneurs
par Louis De Ribier

Le superbe site de La Roquebrou, qui apparaît à l'entrée
des gorges de la Cère, avec sa citadelle, son église
du XIVe siècle et ses maisons à encorbellement, n'est
pas seulement un haut lieu touristique du département du Cantal
: on peut aussi voir en lui une revanche éclatante du destin
par rapport au sort qu'on réserva à son château,
après 1794, indigne du rôle qu'il avait joué pendant
des siècles comme « sentinelle avancée du Carladez
» et comme protecteur de « la cité qui s'était
édifiée peu à peu à ses pieds ».
Mutilé, démoli, dévasté pendant des décennies
(XIXe siècle), ce formidable édifice a retrouvé
aujourd'hui cette « forte position », dont nous parle
dans son ouvrage le Dr de Ribier, l'esthétisme se substituant
à l'efficacité guerrière. Mais, en réalité,
sous la plume de l'historien, c'est le passé tout entier de
Laroquebrou, qui nous est restitué ici : d'abord la saga des
maisons seigneuriales qui ont possédé la châtellenie
(rivalités, luttes guerrières, alliances, généalogie
tumultueuse), celles des Montal (Durand II, Durand III, Amaury Ier,
Gilles...) et des Pérusse d'Escars (Jacques, Charles, François
II, Bonaventure...).
Ensuite, c'est l'évolution territoriale de la seigneurie, simple
châtellenie rurale en 1281 (charte de franchises octroyée
cette année-là), devenue ensuite une baronnie, puis
un marquisat (1614), qui est, elle aussi, évoquée :
du XIIe au XIVe siècle, par exemple, elle s'étend sur
32 paroisses, sur les châtellenies de Poul et de Velzic en Haute-Auvergne,
sur la paroisse de Calviac en Quercy... |