SAINT-SORNIN, NIEULLE, BROUE et « LES
ISLES DE MARENNES »
par GELEZEAU/TAUZIN

Persuadés qu'il n'y avait rien de plus stimulant, et de plus
réconfortant pour l'esprit, que la restitution du passé
sous toutes ses formes dans les périodes de bouleversements
sociaux et politiques, l'abbé Gélézeau et E.
Tauzin consacrèrent cet ouvrage, à la fin du XIXe siècle,
à la superbe région de Saint-Sornin, Nieulle, Marennes
(...), dont l'histoire est riche et passionnante et le terroir magnifiquement
partagé entre la végétation et l'eau. Cette plongée
dans le monde d'autrefois ne leur permit pas seulement de «
reconstruire, à l'aide des souvenirs et par la seule inspection
des lieux l'ancien archipel dont les limites se reconnaissent encore
parfaitement » ou d'évoquer l'exploitation des carrières
dites « de l'Enfer » qui servirent à bâtir
Brouage ; elle les conduisit aussi à faire revivre toute cette
contrée, habitée avant la conquête romaine (tumulus
de la Mauvinière), d'abord des origines à l'an 1047
- et ils rappellent que, selon Ausone, les huîtres de ce pays
étaient servies à la « table des Césars
» - et ensuite de 1047 à 1351, ère de prospérité
sur ces terres, avant la guerre de Cent Ans (prieuré-seigneurie
de Saint-Sornin, 1047-1351).
Les violences dues à l'interminable conflit qui opposa la France
à l'Angleterre aux XIVe et XVe siècles (siège
de Broue par du Guesclin en 1372), auxquelles s'ajoutèrent
« les troubles causés au prieuré par les seigneurs
de Marennes, depuis 1351 jusqu'en 1500 » et les guerres de religion
(combats de Saint-Sornin en 1568 et 1586) eurent des effets désastreux
sur la région, même... |