| CUNFIN
(Notice historique sur le bourg de)
par MAURICE TYNTURIE

Le site de Cunfin, « sur les limites de la Champagne et de
la Bourgogne », est exceptionnel : non seulement en raison
des superbes forêts qui l'entourent, mais aussi parce que
cette exubérance de la nature apparaît, aujourd'hui
plus que jamais, à la fois imposante et apaisante. Le terroir
(jadis appelé Confinium ou Confinia) était sans doute
une manse dès l'époque gallo-romaine - un centre de
culture et de défrichement - mais on ne le trouve cité
officiellement qu'à la fin du IXe siècle, après
les invasions des Normands. Avant qu'il n'appartienne à l'abbaye
de Clairvaux (de 1250 jusqu'à la Révolution), il eut
pour seigneurs Radulphe (1182), Girard (1201), Philippe de Chalette,
Miles de Mornay et Guillaume de la Chapelle (1246), un château
féodal étant le siège de la seigneurie. Les
relations entre les habitants de Cunfin et leurs seigneurs (les
abbés de Clairvaux) prirent parfois un tour dramatique :
Philippe de Ravinel périt, en 1612, à la suite d'un
duel avec le prieur Philippe de Montessus et au siècle suivant
ce fut la population tout entière qui se rebella contre l'abbaye,
refusant d'acquitter des droits seigneuriaux.
Bien que le passé de Cunfin fût souvent marqué
par la violence - « dégâts, pillages, exactions
» perpétrés par les Anglais, au XIVe siècle
ou par le baron de Thénissey au XVIe - et par diverses calamités,
comme « la peste noire » en 1348 et de longues périodes
d'indigence ou de disette, l'accroissement de sa population se maintint
jusqu'à la fin du XIXe siècle : et à cet égard,
le panorama que dresse l'auteur de la topographie du terroir et
de ses activités est très révélateur
: agriculture et surtout tonnellerie et saboterie, fermes de Bréviande
et du Val-de-la-Fontaine...
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