DÉSAIGNES
(Le vieux)
par CHARLES DU BESSET

Puissamment marquée par l'histoire, en particulier pendant
la période médiévale au cours de laquelle elle
s'est développée grâce à ses artisans,
mais aussi lors de l'apparition des huguenots du Vivarais (prédication
de certains ministres de Genève, en 1561, ainsi qu'à
Lyon, Valence, Nîmes, Montpellier et Romans), la cité
fortifiée de Désaignes, aujourd'hui très appréciée
par les touristes, donne une image de quiétude et de sérénité.
Cet aspect imposant d'une localité, dont la pérennité
semble défier le temps, est pourtant le témoignage,
inscrit dans la pierre, d'un passé, dont les origines sont
très lointaines et qui, de l'ère préhistorique
(dolmen des Chalayes) et gallo-romaines (temple de Diane et thermes),
jusqu'aux guerres du XXe siècle (hécatombe de 1914 à
1918 : plus de 160 morts dans la commune), en passant par tous les
conflits intermédiaires, a payé un lourd tribut aux
ambitions guerrières. Certes, la seigneurie eut des maîtres
prestigieux jusqu'à la Révolution, les de Retourtour
et Tournon, Ventadour, Turenne et Maisonseule... et le château
les de Meyres dès le XVe siècle, mais que de péripéties
entre temps !
Comment ne pas citer (entre autres) les guerres seigneuriales du XIVe
siècle, les ravages exercés par les Routiers (XVe) et
surtout les affrontements religieux du siècle suivant : premier
siège de la ville aux mains des « évangélistes
» par Antoine de la Tour, l'un des chefs de la Ligue, puis réoccupation
de la cité par les protestants après... |