CAGNES, fortin médiéval. Son histoire
par LEONARD ANDRE-BONNET

Station balnéaire très appréciée qui doit
autant sa notoriété aux agréments de son site
(beauté des lieux, soleil et activités nautiques) qu'à
son champ de courses et aux peintres de renom qui l'ont fait connaître
au monde entier, Derain, Cézanne, Modigliani et surtout Renoir,
installé sur les Collettes, la ville de Cagnes-sur-Mer est
avant tout - on l'oublie trop souvent - une cité chargée
d'histoire. C'est ce que nous rappelle ici Léonard André-Bonnet,
photos et gravures à l'appui, sans négliger pour autant
les nombreux charmes de cette ville superbe, « petit marquisat
» sans doute, mais qui fut assez indépendant de «
ses fastueux voisins, Saint-Paul, Vence, Villeneuve, Antibes et Saint-Laurent
», pour qu'on évoque son passé plein de grandeur
et de faits héroïques. Le territoire était habité
dès la préhistoire, mais tout commença réellement
avec les Ligures (oppidum entouré de murailles), auxquels «
les Romains firent une longue guerre ». On devait découvrir,
aux XVIIIe et XIXe siècles, bien des vestiges de la présence
de l'occupant : tombeaux, monnaie, pierre commémorative, stèles...
Pour ce qui est de la christianisation des lieux qui suivit, le destin
de l'abbaye de Saint-Véran (édifiée, laissée
à l'abandon, reconstruite par Charlemagne, détruite
par les Sarrasins et rebâtie à nouveau vers l'an mille)
donne une idée de la rudesse des temps. C'est ce qui explique
la construction de murailles de défense en pierre à
Cagnes (XIIe et XIIIe siècles) contre les brigands... |