COLLONGES dans la vicomté de Turenne (La
ville de)
par EDOUARD BLANC

Collonges la Rouge est un village superbe : outre l'éclat et
la tonalité insolites de sa pierre, sa vieille église
et la chapelle des Pénitents, ses rues pavées et ses
castels, ses caves voûtées et ses escaliers de grès
(rouge), le site lui-même, « au pied des vertes frondaisons
des châtaigniers et en avant des belles terres couvertes de
noyers », est un enchantement pour les promeneurs et les amoureux
de l'histoire. Marie-Louis-Édouard Blanc, dans son ouvrage,
se fait l'écho de toute cette beauté : mais il y apporte,
de surcroît, la richesse de son savoir. Avec ce guide éclairé,
tous les voyageurs en ce « bas Pays de Limousin » pourront
se sentir ici en terrain familier. L'origine de Collonges (écrit
autrefois Colonges, de Colonia, Colonica ou Colongia et appelé
aussi Leonelum) leur sera révélée ; ainsi que
le Pagus Torinensis qui allait devenir la vicomté de Turenne,
l'église de Collonges qui est citée dans le testament
du comte de Limoges (Roger, au VIIIe siècle), le prieuré
(cité au XIe siècle) et le village lui-même, «
tout petit nid de pierre rouge » (XIIe siècle).
Nourri d'archives et profondément attaché à la
région, l'auteur nous montre comment la localité, dont
il relate l'histoire, a vécu (relativement) paisible, «
par sa situation » et grâce à la protection de
la ville (royale) de Brive, du château de Turenne et de la cité
de Meyssac, entourée de remparts. Le prieuré de Collonges,
lui aussi fortifié, jouissait de revenus importants et l'église
dut sa pérennité aux soins de ses curés et de
ses paroissiens ; cette foi et ce dévouement n'ayant pas empêché
le culte de la religion « prétendue réformée
»... |