SISTERON (Essai sur l'histoire municipale de la
ville de)
par ED. DE LAPLANE

L'origine précise de la commune de Sisteron ne nous est guère
connue ; sans doute faut-il y voir la continuation, après bien
des désordres guerriers, du municipe romain, voire du gouvernement
autonome des cités gauloises, comme ce fut le cas pour de nombreuses
villes du Sud de la France, et pour Sisteron en particulier, si l'on
en croit le plus ancien document des archives locales (la charte de
Guillaume de Sabran, 1212) qui dit ceci : « Consulatum confirmo
vobis... Item confratriam vestram confirmo (je vous confirme le consulat,
de même je confirme votre communauté) ». Cette
officialisation d'un pouvoir communal préexistant étant
établie, l'auteur, qui s'est plongé dans un terreau
d'archives unique (il s'étend sur six siècles), retrace
la destinée passionnante, liée à l'histoire même
de la localité et de la région, de la municipalité
de Sisteron : il décrit son état jusqu'au XIVe siècle,
puis la nécessité de son renouvellement, compte tenu
de l'évolution économique (aux XIVe et XVe siècles
sous les comtes de Provence), avant d'évoquer les libertés
publiques à la même époque, puis les obligations
militaires, les statuts sur la justice, les chartes et le droit de
cité.
Il convient de noter que la distinction effectuée jadis par
Guillaume de Sabran entre nobles, consuls, bourgeois et peuple, pour
qualifier les habitants de la ville, et la reconnaissance de leurs
droits (ainsi que l'énoncé de leurs devoirs) se pérennisèrent... |