ALET et son ancien diocèse (Recherches
historiques sur la ville d')
par Lasserre - J.-T. Abbé

La ville d'Alet, la bien nommée (d'electus : choisi, privilégié),
décrite par l'abbé Lasserre, au début de son
ouvrage, comme « une corbeille de fleurs dans une délicieuse
vallée », n'a pas échappé pour autant à
la grandeur et aux vicissitudes de l'histoire. Son territoire était
peuplé, autrefois, par des Ibères et des Celtes, éléments
constitutifs de la famille gauloise, puis il fut envahi par les Romains
sous la domination desquels le bourg d'Alet (Pagus Electensis) connut
une prospérité grandissante (anciens thermes, vestiges
d'une voie romaine). La christianisation de la région se fit
très tôt et le temple de Diane fut converti en édifice
chrétien, mais le fait majeur en ce domaine fut la fondation
de l'abbaye d'Alet (titre de Sainte-Marie et ordre de saint Benoît,
VIe-VIIe siècle), aux débuts difficiles, troublés
par les guerres, mais au développement croissant à partir
de sa restauration (en l'an 800). Sa puissance et son prestige (1000-1318)
furent à l'origine du foisonnement de la vie religieuse locale
: construction de l'église romane (XIe siècle), fondation
d'un évêché (1318), érection de l'église
Saint-André (XVe siècle), palais épiscopal et
grand séminaire...
Cette catholicité agissante, dont le faste architectural et
la richesse ne doivent pas faire oublier l'action exercée,
de tout temps, en faveur des pauvres et des malades - hôtel-Dieu
fondé en 1532, établissements de bienfaisance créés
par Mgr Pavillon, de 1637 à 1677 - coexistait harmonieusement
avec une administration civile solide et indépendante qui n'épargna
pourtant pas à la cité les violences des guerres de
religion : ainsi, les calvinistes, « tout-puissants dans la
contrée », s'emparèrent d'Alet en 1573, durent
s'en retirer en 1575 et la regagnèrent en 1577... |