ISLE-EN-DODON
(L'), châtellenie du Comminges
par ABBE B. MAGRE

Certains historiens, férus d'épopées guerrières,
se sentent souvent enclins, dans leurs ouvrages, à accorder
la primauté aux événements spectaculaires qui
ont marqué notre passé. L'abbé Magre, lui, en
évoquant L'Isle-en-Dodon au cours des âges, fait le choix
inverse : « Faut-il n'attacher de l'importance qu'au récit
des grands chocs extérieurs, qu'à la description des
batailles qui mêlèrent les diverses races du Nord et
du Midi ? », s'interroge-t-il. Et il répond par la négative.
Privilégiant la compilation des vieux parchemins, des lettres
précieuses et des fascicules des délibérations
communales (depuis l'an 1610) de la localité qu'il étudie,
et sans négliger pour autant l'histoire de notre pays et de
nos provinces - il consacre de longs développements au comté
de Comminges, à la châtellenie jusqu'en 1789, puis aux
répercussions de la Révolution dans la cité et
enfin à L'Isle-en-Dodon jusqu'à la fin du XIXe siècle
- il s'efforce surtout de faire revivre la ville depuis son origine
(sans doute avant le Xe siècle : le castrum de insula de Dodon,
seigneur des lieux) en dévoilant tous ses aspects.
C'est la vie religieuse locale qui apparaît tout d'abord, avec
sa diversité : l'église paroissiale et ses curés
qui portent le titre de recteur, les chapelains du roi et les vicaires,
l'hôpital de Sainte-Quitterie fondé en 1299 par Bernard
VIII, ainsi que le couvent des Jacobins ; puis la vie communale, les
juges royaux (les comtes de Comminges et leurs sénéchaux)
et l'enseignement public qui dépendit des évêques
jusqu'à la Révolution... |