CAP-SIZUN
(La révolution au fond du)
par CORENTIN PARCHEMINOU

Certains sites semblent prédestinés à l'épopée
: leur situation géographique, le combat permanent contre les
éléments, l'âpreté de la vie quotidienne
de leurs habitants, tout paraît concourir à l'éclosion
de croyances fortes et d'un esprit d'indépendance bien marqué.
Ainsi en était-il du Cap-Sizun, où la Révolution
provoqua de véritables bouleversements. La création
des municipalités et les premières mesures politiques
(décrets sur les biens nationaux, suppression d'offices et
rétablissement de la discipline dans les corps de troupes)
furent relativement bien accueillies par la population et par leurs
nouveaux maires, qui étaient le recteur Gloaguen (à
Cléden) et les abbés Le Pappe (à Goulien), Herviant
(à Primelin), Le Gall (à Plogoff), Grascoeur (à
Esquibien). Ce fut la prestation de serment des prêtres à
la Constitution qui se révéla le véritable ferment
de la résistance locale. Alors que le recteur Gloaguen (assermenté)
s'efforce de temporiser et d'éviter à ses ouailles l'épreuve
de force, les réfractaires (Kerloc'h, Kérisit, Bolloré,
Dieuleveut Kerdréac'h...) sont de plus en plus nombreux. Ils
sont voués à un sacerdoce clandestin, à la prison
ou à l'exil... |