VITRY (L'ancien et le nouveau) par l'abbé Boitel

L'histoire de Vitry-en-Perthois et de Vitry-le-François est exceptionnelle : ces deux cités qui, autrefois, n'en firent qu'une, avant de vivre leur destin spécifique, eurent un passé singulièrement mouvementé. A l'origine, qui, dit-on, « se perd dans la nuit des temps », il y avait une ville nommée Carkonne, qui fut occupée (vers 50 avant J.-C.) par les troupes de Jules César en raison de sa situation « au pied d'une montagne et regardant vers le midi ». La légion Victrix qui s'y était établie lui donna son nom et devenue chrétienne (en 46 après J.-C.) grâce à l'apostolat de saint Memmie, elle devint la capitale du Perthois en 451, se soumit à Clotaire II (613) et vit la fondation de la chapelle Sainte-Geneviève (865), puis celle du prieuré Sainte-Croix (1096) ; tout cela après les grandes invasions, la ruine de Perthes, les combats entre Francs et Romains et les aventures de Boson II, comte de Vitry. Deux incendies ravageront la ville (1142 et 1544), avant qu'elle ne devienne un bourg, les habitants survivants refusant de quitter les lieux, même si un nouveau Vitry (dit le François) voit le jour à partir de 1545 : Vitry-en-Perthois poursuit sa route au fil des siècles et en 1840 son territoire est l'un des plus étendus de l'arrondissement, son agriculture diverse et fertile et ses vignobles remarquables. Les débuts de Vitry-le-François, eux, furent difficiles : la cité qui englobait le village de Maucourt dans son enceinte, était « propre, bien bâtie et bien distribuée », dotée d'une citadelle, mais l'érection des fortifications... |