SARLAT (Histoire de)
par Jean-Joseph Escande

Jean-Joseph Escande qui regrettait, comme de nombreux Sarladais, qu'il
n'y eût pas un livre consacré à l'histoire de
la cité, a réalisé, avec cet ouvrage, son rêve
d'historien, après avoir consulté « une multitude
de documents précieux (sur) toutes les périodes de cette
histoire ». Évoquant tout d'abord les troglodytes de
la grotte du Pey de l'Azé, présents « il y a des
milliers de siècles », les hommes du Moustier et de la
Madeleine, ceux qui élevèrent des mégalithes
(comme la pierre du diable à 3 km de Sarlat), puis les Celtes
et les Gaulois et la petite bourgade de Sarlatum, ancêtre lointaine
de notre localité, il montre ensuite à quel point le
christianisme, introduit dans la région dès le Ier siècle
après J.-C., a été de plus en plus présent
et fédérateur sous les Mérovingiens et les Carolingiens
: fondation du monastère bénédictin entre le
VIe et le VIIIe siècle, création de la dîme au
IXe siècle et réforme clunisienne, première croisade
et passage de saint Bernard vers 1147, érection de l'évêché
de Sarlat qui va se substituer à l'abbaye défaillante
(au début du XIVe siècle). Cette nouvelle autorité
religieuse, qui accrut le prestige et la prospérité
de la ville, fut cependant mise à mal par la guerre de Cent
Ans et, plus tard, par les affrontements entre catholiques et protestants.
Toutefois, Sarlat possédait, au XIVe et au XVe siècles,
un système défensif qui la mettait à l'abri de
l'ennemi, même si ses soldats participaient à de nombreux
combats contre l'Anglais dans les environs (Saint-Quentin, Carlux,
Domme, Auberoche, Castelnaud, la Fontade, Campagne...) et si le coût
en hommes et en argent de ces opérations était considérable.
Une longue période de paix permit de retrouver la prospérité
d'antan (administration sage des consuls, activité industrielle
et commerciale intense), mais les guerres de religion forcèrent
les Sarladais... |