CLÉRIEUX. Essai historique sur la baronnie
de Clérieu-en-Dauphiné
par ANATOLE DE GALLIER

Longtemps on n'a guère accordé à l'histoire de
Clérieux (autrefois Claria, Clariacum, Cleriacum et même
Cloregium, puis Clérieu), toute l'attention que méritait
cette commune qui fut d'abord une seigneurie, puis une baronnie. On
trouve généralement chez les historiens qui ont précédé
Anatole de Gallier quelques informations succinctes qui ne conviennent
pas à une terre illustrée par des généalogies
de renom et dont la baronnie comptait, au temps de sa splendeur dix-sept
communes du département de la Drôme : Clérieu
et Saint-Bardoux, Veaunes et Marsas, Chanos et Curson, Beaumont-Monteux
et la Roche-de-Glun, Claveyson et Saint-Jean-de-Mureils, Montchenu
et Baternay, Miribel-en-Valclérieu, Margès et Mercurol,
Larnage et Croze. Passionné et méthodique, notre auteur,
lui, ne néglige aucun détail et après avoir présenté
le site de Clérieu - « le village, autrefois entouré
de remparts, dont on aperçoit çà et là
quelques vestiges, s'étale au pied de sa vieille église
sous le vocable de Notre-Dame » - il en évoque les origines
(lointaines : gallo-romaines), puis l'irruption dans l'histoire, avec
Silvion, le premier seigneur de Clérieu, en 994, dont la dynastie
va régner sur les lieux jusqu'au début du XIVe siècle.
C'est le temps des guerres seigneuriales, de l'acquisition, par la
force, de biens d'Église et de fiefs qui vont devenir héréditaires.
Roger II voudra même imposer à saint Louis, en partance
pour la croisade, le péage du château de La Roche (1248)
et on reprochera à son successeur Silvion d'avoir donné
asile, dans ses châteaux de Clérieu et de Pisançon,
aux assassins de Raynaud Galbert, l'homme-lige du Dauphin et à
Guosilet de Vatilieu, impliqué dans le meurtre du seigneur
de Vinay. Malgré l'action bénéfique et régulatrice
de l'Église, les temps sont toujours aussi rudes et si Guillaume
Graton, seigneur de Clérieu, négocie auprès de
Philippe le Bel, la paix entre le Dauphiné... |