SAINTE-AGRÈVE (Notes historiques sur)
par DOCTEUR FRANCUS

La ville de Saint-Agrève est aujourd'hui si agréable
et si ancrée dans son siècle (dynamisme urbain, promenades
et excursions dans des sites grandioses, parcs naturels récréatifs,
concerts et conférences, centre de sports tout-terrain...)
qu'on en oublie parfois ses origines lointaines, même si «
le vieux Saint-Agrève » est une véritable leçon
d'archéologie appliquée. Pourtant, la cité ardéchoise
est chargée d'histoire et ses maisons anciennes ne sont que
quelques éléments d'un passé très riche
en événements de toute sorte. « Point stratégique
de premier ordre à l'époque romaine » (un chemin
pavé allait de Lestra à l'ancien fort), ce site, sur
lequel on n'a aucune donnée positive avant sa première
citation en 1239 (castrum sancti Agrippe), se caractérise par
une grande activité foncière et immobilière,
du XIIIe au XVIe siècle, dont les archives officielles donnent
la teneur : donations, répartitions des biens, divisions administratives,
droits de forestage et de pasquérage (il y a parmi les propriétaires
de Saint-Agrève, en 1464, 2 nobles, 5 notaires, 3 marchands,
1 orfèvre et 91 autres personnes sans autre désignation
que celle d'habitants du village). Par la suite, les guerres religieuses
seront particulièrement dévasta-trices : Saint-Agrève
est occupé par les réformés en 1563, mais la
ville est reprise par M. de Rochebonne en 1569, ce qui n'empêchera
pas Barghac, un ancien chanoine devenu religionnaire, d'occuper, avec
ses troupes, en 1577, la cité, qui sera assiégée
en 1580 et 1588, avant que la seigneurie de Saint-Agrève ne
soit vendue au comte de Tournon, par Polignac et Gabriel de Truchet,
en 1599... |