SAINT-JEANNET. Village de Provence
par Georges Carrot

Placés par le sort sur une frontière naturelle »,
avant d'être « fixés enfin à proximité
d'une côte, jadis dangereuse, maintenant accueillante et saturée
», les ancêtres des Saint-Jeannois eurent une histoire
riche et turbulente à souhait. Georges Carrot, qui nous la
raconte, soucieux de ne laisser aucun fait dans l'ombre, s'emploie,
après une introduction consacrée au site de Saint-Jeannet
(histoire et description), puis au double climat (mer et altitude,
rôle protecteur du baou), à remonter très loin
dans le passé, jusqu'au paléolithique (point d'extraction
de silex entre Saint-Jeannet et La Gaude) pour en retrouver les origines.
Après les avoir établies, il nous propose un récit
qui a le mouvement et la densité d'une épopée
: nous passons en effet de l'âge de la pierre à la décadence
de l'Empire romain et aux invasions (fin du Ve siècle), après
avoir vu les Ligures face aux Phéniciens et aux Grecs, l'installation
des Celtes et la conquête romaine, ainsi que la construction
des premières voies de communication. Le Moyen Âge et
l'époque moderne nous font traverser, sur le même rythme,
la nuit médiévale et les razzias sarrasines, l'établissement
de la féodalité et l'émancipation des communes
aux XIVe et XVe siècles, les guerres de religion et les procès
des Saint-Jeannois avec le seigneur (Scipion de Villeneuve) au XVIIe
siècle, l'extension du village et la construction de l'église,
l'invasion autrichienne (1746-1747) et la prospérité
à la veille de la Révolution, malgré des aléas
climatiques... |