SAINT-ÉTIENNE-DE-TINÉE (Histoire de)
par ETIENNE GALLEAN

On peut juger de la qualité d'un historien à sa capacité,
ou non, de traiter un sujet dans sa totalité. Le chanoine Galléan,
originaire de Saint-Étienne-de-Tinée, vient à
bout de ce difficile exercice dans cet ouvrage consacré à
sa ville natale. Explorant tout d'abord la « période
protohistorique » de Nice et de Saint-Étienne (occupation
hellénique, fondation de Nikaïa au VIe siècle avant
J.-C., occupation romaine), puis celle qui va du VIe au XIVe siècle,
avec l'indépendance et la dédition de Nice et les premiers
indices sur Saint-Étienne (charte de 1066, relevé de
biens de 1297), il insiste ensuite sur la situation stratégique
de la cité et décrit avec beaucoup de précision
le régime féodal des coseigneurs stéphanois (âpre
et cupide), la gestion municipale (surtout liée aux affaires
commerciales) et les nombreux faits guerriers qui affectèrent
la ville : elle est en effet occupée par les huguenots et incendiée
par les catholiques, en 1593, prise par les troupes d'Henri IV en
1597, sous le joug des Français en 1694, dotée d'une
garnison par le duc de Berwick en 1706, investie par les Espagnols
en 1747, au coeur de la Révolution et de la guerre en 1793...
Il évoque aussi naturellement la vie religieuse, ancienne en
ces lieux (la charte de 1066, contenant l'appellation Sancti Stephani
Ecclesiam, indique qu'il existait alors une paroisse constituée),
l'église et les chapelles et « Saint-Étienne pépinière
de prêtres », ainsi que les ressources économiques
du terroir... |