ORNANS
(Histoire des communes du canton d')
par ALBERT METIN

Rien d'étonnant à ce qu'Albert Métin, ancien
député du Doubs, « membre du corps enseignant
» et auteur d'ouvrages d'histoire générale, se
soit intéressé à Ornans et aux autres communes
du canton, au point de leur consacrer un ouvrage, retraçant
leur passé depuis les origines jusqu'à l'époque
contemporaine, tant les lieux en question, furent, de tout temps,
riches en événements. Certes, la Franche-Comté
apparaît elle-même comme une province au passé
souvent troublé, depuis le traité de Verdun (843) qui
l'intégrait à la Lotharingie, jusqu'à la paix
de Nimègue (1678) qui la réunissait à la Couronne,
après sa conquête par Louis XIV (1674), mais à
l'intérieur de cette région, quel foisonnement de singularités
! Ornans tout d'abord, citée pour la première fois dans
une charte de 1151 et libérée de toute servitude en
1244, dont la châtellenie régnait sur nombre de villages
environnants, parmi lesquels figuraient la plupart des communes qui
constitueront le canton (Tarcenay, Trepot et bien d'autres...), avec
des habitants assez privilégiés pour posséder
le droit de chasse (1471) et des milices bourgeoises qui assuraient
la sécurité de tous ; Scey-en-Varais ensuite (nom issu
de saxum, rocher, Varais étant le pays des Varasques, une tribu
burgonde établie au Ve siècle), dont l'histoire comprend
trois parties, celle du château et de la famille de Scey, celle
de Scey-la-Ville et de sa paroisse et celle de l'ancien village (Scey-le-Châtel)
situé au pied du château.
Et que dire de Durnes, bourg jadis fortifié, qui obtint ses
franchises en 1333 et fut rasé en partie en 1674 par le gouverneur
espagnol, parce que son seigneur avait pris parti pour Louis XIV ;
de Lods où l'on a découvert des sépultures burgondes
des Ve et VIIe siècles, seule localité du canton où
l'on a fait ce genre de trouvailles ; de Montgesoye (plaisanterie
légendaire : « Attends qu'au mont je sois ! »),
dont une crue exceptionnelle de la Loue (1565) emporta le pont, «
grand chemin par lequel ordinairement passent plusieurs chariots et
marchands » ; de Mouthier... |