ROYAN (et ses environs)
par Victor Billaud

Lieu d'élection pour les Romains qui en appréciaient
à la fois le site géographique exceptionnel (à
l'embouchure de l'un des plus grands fleuves d'Europe), la douceur
climatique et la fécondité du sol, Royan (sans doute
Novioregum) et son pays furent plusieurs fois dévastés
: par les Visigoths, par les assauts de l'océan et par les
invasions des Normands (IXe siècle). Toutefois, la Gironde
étant devenue une voie de communication privilégiée,
la cité à l'activité commerciale prospère
avait besoin d'être protégée : dès le XIe
siècle, les seigneurs de Didonne font construire un château
à l'entrée du port. Par la suite, la ville aura longtemps
une destinée guerrière : elle passe aux mains des Anglais,
au XIIe siècle, avec les domaines d'Aliénor d'Aquitaine,
est reprise par Philippe-Auguste en 1222, avant de se trouver au coeur
de luttes incessantes entre les deux peuples jusqu'au XVe siècle,
d'être « jetée de péripéties en catastrophes
», lors des guerres de religion, de soutenir un siège
contre Louis XIII (1622) et de voir la plus grande partie de sa population
émigrer après la révocation de l'Édit
de Nantes.
Érigée en chef-lieu de canton à la Révolution,
elle verra son port s'étendre et s'améliorer tout au
long du XIXe siècle : construction d'un quai, puis d'une chaussée
pour accéder au môle, d'un port d'échouage et
d'une jetée-débarcadère en eau profonde. La ville,
elle aussi, s'est transformée et dès lors, il y a loin
du Royan ancien (place guerrière) au Royan nouveau, «
qui s'ouvre en éventail dans la courbe féerique du Casino
municipal et du Parc, avec des villas superbes piquant de leurs toits
bleus ou rouges les ondulations des pins... |