RÉQUISTA
(Histoire du canton et de la ville de)
par Marcel Massol
Longtemps on ne posséda sur Réquista, ville pittoresque
et haut perchée de l'Aveyron, si appréciée pour
son site et sa gastronomie (pour son friton, pâté fait
« des plus fins morceaux de chair de porc », sa truite
du Giffou ou de la Durenque, et ses tranches de jarret glacé...)
que des informations partielles et dispersées. C'est grâce
à un enfant du pays, devenu le premier magistrat de la localité,
Albert Fournier, et à un ancien industriel adonné à
l'histoire locale par passion, Marcel Massol, qu'on put enfin disposer
de l'ouvrage présenté ici. On y apprend qu'il y avait,
sur le terroir, des villas gallo-romaines au Ier siècle (à
Tayrac, Cussac, Rulhac et Brasc...), que les domaines de Lestrade,
Courviala et Peyrade, étaient desservis par des voies à
la même époque et que les trois moulins édifiés
au Moyen Age sur le Tarn, deux à Lincou et un à Lacroux,
possédaient des meules à farine et une installation
pour fabriquer de l'huile. Réquista, petit village à
l'origine, doté de privilèges en 1292, vit ses murailles
consolidées pendant la guerre de Cent Ans, porteuse de misère,
comme les affrontements religieux du XVIe siècle et ce n'est
qu'au XVIIe siècle que la ville connut une certaine prospérité
avec l'élevage chevalin (commerce avec l'Espagne), puis avec
la fabrication de la toile (qui se vendait même en Amérique),
avant de longues périodes de disette auxquelles les Réquistanais
et leurs voisins mirent fin grâce à la culture du châtaignier.
Au XIXe siècle, la cité aveyronnaise prend de plus en
plus d'importance : elle est prospère et commerçante
et sa population s'accroît. Elle organise 12 foires par an,
le 8 de chaque mois, et on y vend des porcs, des boeufs, des taureaux,
des vaches, des veaux, des moutons, des brebis, des chèvres,
des bêtes de somme et même des chevaux ; ajoutons les
volailles de toutes sortes, les légumes... |