| MUSSY-L'ÉVÊQUE
(Histoire de la ville de)
par C.-A.-J. LAMBERT

Toutes les grandes monographies d'histoire locale ont deux éléments
fondamentaux en commun : d'abord la densité d'informations
qu'elles proposent et ensuite l'attachement voué par leur
auteur à la localité dont il retrace le passé.
L'ouvrage de Charles-Auguste-Joseph Lambert sur Mussy-l'Évêque
correspond très précisément à ce cas
de figure. Passionné depuis toujours par le destin hors du
commun de cette ville dont il était natif, il passa une grande
partie de sa vie à écumer les services d'archives,
pour réaliser ce gigantesque travail qui allait faire date.
Car ici, rien n'est oublié dans cette grande fresque musséenne,
qui se développe (avec quel luxe de détails !) autour
de trois grands thèmes : la saga historique, coutumière
et institutionnelle, la partie statistique, topographique et administrative
et les développements biographiques qui contiennent des notices
sur les célébrités locales et les listes de
tous les fonctionnaires et ecclésiastiques qui ont travaillé
à Mussy. De l'origine celtique de la ville à la période
qui précède la guerre de 1870, tout est évoqué,
décrit, relaté. L'antiquité, bien sûr,
celle des Ambarres, des Lingons et des Senons, mais aussi celle
des Romains, des Germains et des Vandales (IIIe siècle),
la christianisation (question controversée du rôle
de saint Loup), ainsi que le gouvernement de la Bourgogne, du Ve
au Xe siècle, qui s'achève sur la crainte (partagée)
de la fin du monde en l'an 1000 et cette horrible famine de 1028
à 1032.
Le gouvernement de la Champagne par les comtes et les rois de France
couvrira ensuite la longue période qui va du XIe siècle
jusqu'en 1789 : dans cette chronique riche et minutieuse, apparaissent
les noms de saint Bernard, de Philippe Auguste (qui passe trois
jours à Mussy), de saint Louis qui est en guerre (1228) en
Champagne, de Jean sans Peur tué en 1419, de François
Ier (passage en 1521), de la Ligue qui tient la ville, de Louis
XIV qui traverse la cité (1650), tout cela au coeur d'un
foisonnement de violences, de fléaux divers (peste au XVe
siècle, dénuement en 1575, famine et peste en 1595...),
de rébellions des Musséens (1645), d'accidents (la
foudre sur le clocher en 1670), d'intempéries (1782 : orage
épouvantable)...
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