| TROYES
et ses environs - Guide historique et topographique
par JEAN DAUNAY

« Nous avons pris Troyes sur le vif, déclare l'auteur
; en l'étudiant de quartier à quartier, de rue en
rue. C'était le seul moyen d'atténuer la sécheresse
à laquelle certains détails eussent été
condamnés. » Autrement dit, le savoir est indispensable,
mais il y a mille manières de le distiller : M. Aufauvre
a choisi la plus vivante, celle qui permet de révéler
tous les secrets du passé sans forcer la note, au gré
d'une déambulation hasardée, d'un élan de plaisir
ou de curiosité. Les « débris de maçonnerie
gallo-romaine » nous rappellent que les empereurs romains
vinrent séjourner régulièrement dans ces lieux
(Julien et Antonin, mais aussi Marc Aurèle) et que le trop
fameux Attila, vaincu dans les Champs catalauniques (entre Troyes
et Châlons), avait envahi le pays au moment où le limes
cédait sous les poussées des barbares. Une excursion
à Villery, village voisin de Troyes nous apprend que Clovis
y reçut Clotilde, la fille du roi de Bourgogne et que ce
furent les troupes du fondateur de la dynastie franque qui ravagèrent
le pays bien avant les sarrazins et les Normands.
Mais la belle cité champenoise a été aussi,
de tout temps, active et industrieuse : pourvue d'un atelier monétaire
dès l'époque carolingienne, elle devient la capitale
du comté au Xe siècle, grâce aux largesses de
Charles le Chauve et à son importance comme évêché
et comme centre religieux. De plus, située au carrefour des
routes qui vont de Bruges à Venise et de Paris en Allemagne,
elle est le siège de deux des six foires de Champagne qui
assurent sa prospérité et favorisent le développement
de son industrie textile jusqu'au XIVe siècle. Cette option
commerciale et industrielle ne la quittera pas au fil du temps,
malgré l'opposition de Louis le Hutin, les destructions des
guerres (de Cent Ans et de religion), l'incendie de 1524 qui la
dévaste en grande partie et la révocation de l'Édit
de Nantes qui fait fuir industriels et artisans protestants...
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